Réunis les 19 et 20 mars 2026, les dirigeants de l'Union européenne n'ont pas obtenu le soutien de Viktor Orbán à un prêt de plusieurs milliards d'euros destiné à l'Ukraine. Selon des diplomates, le premier ministre hongrois a maintenu son veto malgré de fortes pressions. L'absence d'unanimité empêche à ce stade l'adoption du mécanisme financier envisagé par les Vingt-Sept.
Sommet d'urgence à Bruxelles
Le 19 mars 2026, les dirigeants de l'UE et António Guterres ont examiné les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l'énergie, les migrations et la stabilité régionale.
Appel sur Ormuz et la guerre
António Guterres a demandé aux États-Unis et à Israël d'arrêter la guerre et à l'Iran de rouvrir le détroit d'Ormuz.
Mandat onusien exigé
Les dirigeants européens ont estimé qu'une éventuelle opération navale dans la région d'Ormuz devrait impérativement être menée sous mandat de l'ONU, une position appuyée par Giorgia Meloni.
Renforcement d'Aspides
L'UE a décidé de renforcer la mission navale Aspides en mer Rouge, tout en restant dans le cadre de son mandat actuel.
Préoccupation migratoire et soutien à Chypre
Les Vingt-Sept veulent éviter un nouveau choc migratoire comparable à celui de 2015 et se disent prêts à aider Chypre dans son dialogue avec Londres sur les bases britanniques.
Un sommet de l'Union européenne, réuni les 19 et 20 mars 2026, s'est achevé sans obtenir le soutien du premier ministre hongrois, Viktor Orbán, à un paquet de prêts de plusieurs milliards d'euros en faveur de l'Ukraine. Selon des diplomates, M. Orbán a maintenu son veto malgré d'intenses pressions de la part des autres dirigeants. Cet échec a empêché l'Union d'avancer sur ce mécanisme d'aide financière par accord unanime, ce qui constitue un revers pour les efforts européens visant à soutenir l'économie de guerre ukrainienne. Des diplomates présents au sommet ont indiqué aux journalistes que la séance s'était tendue et que les critiques contre la position de la Hongrie avaient dominé les échanges à huis clos. Dans les heures ayant suivi la fin du sommet, plusieurs dirigeants européens ont exprimé publiquement de vives réactions. Des inquiétudes concernant l'Iran figuraient également à l'ordre du jour, selon tagesschau.de.
Kallas estime que l'UE a des outils juridiques, mais pas la volonté politique Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Kaja Kallas a déclaré après le sommet que l'Union européenne disposait d'outils juridiques pour contourner le veto hongrois sur le prêt à l'Ukraine, mais que le bloc devait avoir la volonté de les utiliser, selon Reuters. Mme Kallas, responsable politique estonienne qui avait auparavant été première ministre d'Estonie avant d'occuper sa fonction actuelle au sein de l'UE, a présenté l'impasse comme une question de volonté politique plutôt que de contrainte juridique. Ses propos laissent entendre que les États membres pourraient, le cas échéant, chercher des mécanismes alternatifs pour débloquer le paquet financier sans l'accord de Budapest. Cette déclaration illustre la frustration croissante de responsables européens face aux blocages répétés de la Hongrie sur les mesures liées à l'Ukraine. Mme Kallas n'a pas précisé publiquement quels instruments juridiques elle visait.
Tusk juge la position d'Orbán « très préoccupante » Le premier ministre polonais Donald Tusk a décrit Viktor Orbán comme « déterminé » et a qualifié la situation de « quelque chose de très mauvais », selon TVN24. M. Tusk, qui est premier ministre de la Pologne depuis 2023 et qui avait auparavant présidé le Conseil européen de 2014 à 2019, figure parmi les responsables les plus engagés en faveur d'un soutien européen durable à l'Ukraine. Ses déclarations interviennent alors que la Pologne occupe une position particulièrement exposée sur le flanc oriental de l'Union, en partageant une frontière à la fois avec l'Ukraine et avec la Biélorussie. Le chancelier allemand Friedrich Merz aurait lui aussi adressé des menaces à Viktor Orbán pendant le sommet ou en marge de celui-ci, mais le dirigeant hongrois ne semblait pas en avoir été impressionné, selon Die Welt. Le quotidien allemand a cité une source selon laquelle la situation juridique était « totalement claire », dans ce qui apparaissait comme une référence aux arguments avancés contre la position de blocage de la Hongrie. La couverture de la presse germanophone a décrit l'attitude de M. Orbán en des termes appuyés, un média évoquant un « chantage fondé sur un fait » et un autre estimant qu'« il est allé trop loin », d'après le résumé des réactions de la presse allemande publié par Deutsche Welle.
Selon des diplomates, presque tous les dirigeants présents se sont opposés à Orbán Des diplomates ont indiqué à des journalistes que « presque tous ceux qui se trouvaient dans la salle s'en sont vivement pris à Orbán » pendant la séance du sommet, selon Die Welt. Cette quasi-unanimité des critiques souligne l'ampleur du fossé entre la Hongrie et le reste de la Union européenne sur la question du soutien à l'Ukraine. Viktor Orbán présente de longue date la Hongrie comme une voix dissidente au sein du bloc sur les sujets liés à la guerre entre la Russie et l'Ukraine, plaidant pour un règlement négocié plutôt que pour la poursuite du soutien militaire et financier à Kyiv. L'absence d'accord à l'issue du sommet laisse l'avenir du paquet de prêts incertain, sans calendrier confirmé à ce stade pour une issue. Le sommet a également abordé les préoccupations liées à l'Iran, mais les sources disponibles ne faisaient pas état de résultats détaillés sur ce sujet. La Hongrie de Viktor Orbán s'oppose à plusieurs reprises aux institutions de l'Union européenne et à d'autres États membres sur la politique à suivre envers l'Ukraine depuis l'invasion russe à grande échelle de février 2022. M. Orbán a conservé des liens plus étroits avec Moscou que tout autre dirigeant de l'UE et a utilisé à plusieurs reprises le pouvoir de veto de la Hongrie pour retarder ou bloquer des mesures européennes de soutien à l'Ukraine. L'exigence d'unanimité de l'Union sur les grandes décisions financières et de politique étrangère permet à n'importe quel État membre de bloquer une action à l'échelle du bloc, une caractéristique institutionnelle qui, selon ses détracteurs, a été exploitée par Budapest.
Mentioned People
- António Guterres — dziewiąty sekretarz generalny Organizacji Narodów Zjednoczonych
- Giorgia Meloni — premier Włoch od października 2022 r.