Après la victoire écrasante du parti TISZA lors des élections législatives du 12 avril, Péter Magyar a sommé le président Tamás Sulyok de quitter ses fonctions dès mercredi. Le futur Premier ministre prévoit également de suspendre les journaux télévisés des médias publics, qu'il qualifie d'outils de propagande, dès la formation de son gouvernement.

Demande de démission présidentielle

Péter Magyar exige le départ du président Tamás Sulyok, le jugeant illégitime et lié à l'ancien système Orbán.

Réforme radicale des médias

Le futur Premier ministre prévoit de suspendre les JT d'État et de créer une nouvelle autorité de régulation pour garantir l'indépendance de l'audiovisuel public.

Alerte sur les réserves de pétrole

Les stocks stratégiques de la Hongrie sont tombés à 53 jours, bien en dessous du seuil européen de 90 jours, suite à des perturbations sur l'oléoduc Droujba.

Péter Magyar, futur Premier ministre de Hongrie dont le parti TISZA a remporté une victoire massive le 12 avril dernier, a exigé mercredi la démission du président Tamás Sulyok, le jugeant indigne de sa fonction. Il a également annoncé son intention de suspendre les programmes d'information des médias d'État dès l'entrée en fonction de son gouvernement. M. Magyar a rencontré M. Sulyok au palais Sándor de Budapest le 15 avril, entretien à l'issue duquel le président s'est engagé à lui confier le mandat de formation du gouvernement. Cette rencontre marque le début d'une transition politique historique, mettant fin à seize années de pouvoir de Viktor Orbán. M. Magyar a qualifié M. Sulyok de « marionnette » du système Orbán, affirmant qu'il ne disposait plus de l'autorité morale nécessaire pour garantir le respect des lois. Il a toutefois décrit leur échange de 40 minutes comme courtois, précisant avoir demandé au président de ne pas percevoir cette demande de démission comme une attaque personnelle. Viktor Orbán dirige la Hongrie depuis 2010, après un premier mandat entre 1998 et 2002. Ses gouvernements successifs ont profondément remanié l'architecture institutionnelle du pays, plaçant des fidèles à la Cour constitutionnelle, au parquet et à la tête des médias publics. Tamás Sulyok, ancien président de la Cour constitutionnelle, a accédé à la présidence en 2024 suite à la démission de Katalin Novák, impliquée dans un scandale de grâce présidentielle. C'est ce même dossier qui a propulsé Péter Magyar sur le devant de la scène politique. Avec une majorité des deux tiers au Parlement, le parti TISZA dispose désormais des leviers constitutionnels pour amender la législation et démettre les responsables nommés sous l'ère Orbán. „« Au vu des résultats clairs du scrutin, il proposerait la candidature de M. Magyar au poste de Premier ministre lors de la session constitutive du Parlement. »” — Péter Magyar via Reuters M. Magyar a prévenu que si M. Sulyok refusait de démissionner, sa majorité parlementaire modifierait la Constitution pour le destituer. Il a également cité le procureur général et le président de la Cour constitutionnelle comme des reliquats illégitimes du système Orbán. Bien que le mandat présidentiel coure encore sur trois ans, M. Magyar estime que le chef de l'État manque de légitimité démocratique. Selon le journal Neue Zürcher Zeitung, M. Sulyok envisagerait un retrait. Le président conserve toutefois le pouvoir de saisir la Cour constitutionnelle — composée de juristes proches de l'ancien pouvoir — ce qui pourrait freiner l'agenda législatif du nouveau gouvernement. Magyar qualifie les médias publics d'« usine à mensonges »Péter Magyar est intervenu sur la chaîne M1 et sur Radio Kossuth ce mercredi pour la première fois en un an et demi. Il en a profité pour annoncer la suspension des journaux d'information sur ces plateformes dès sa prise de fonction. Qualifiant ces médias d'« usine à mensonges » ayant diffusé la « propagande de guerre » du gouvernement sortant, il a promis l'adoption d'une nouvelle loi sur l'audiovisuel et la création d'une autorité de régulation indépendante. Face aux remarques d'une journaliste de M1 soulignant que cette suspension violerait la loi actuelle, M. Magyar a rétorqué que les médias publics bafouaient eux-mêmes les obligations de neutralité depuis des années. „« Chaque Hongrois mérite un média public qui retranscrit la réalité, c'est pourquoi une nouvelle loi sur les médias, une nouvelle autorité de régulation et la création de conditions professionnelles adéquates seront nécessaires pour que le service public remplisse sa mission. »” — Péter Magyar via Mediafax.ro M. Magyar a souligné que son dernier passage à l'antenne remontait au 26 septembre 2024, et qu'il avait fallu les voix de plus de Hongrois ayant soutenu TISZA le 12 avril pour qu'il soit de nouveau invité. Il a également réaffirmé ses engagements de campagne : maintien du plafonnement des prix de l'énergie, rapatriement des de fonds européens gelés pour des problèmes d'État de droit sous Orbán, et augmentation du budget de la défense. Stocks de carburant sous les normes de l'UE : discussions avec MOLLa sécurité énergétique figure parmi les priorités immédiates de la transition. M. Magyar doit s'entretenir prochainement avec la direction du groupe pétrolier MOL. Les réserves stratégiques de pétrole sont tombées à 44 jours d'importations nettes fin mars 2026, contre 91 jours en février. Bien qu'elles soient remontées à 53 jours à la mi-avril, elles restent bien en deçà du seuil de 90 jours requis par les règles de l'Union européenne. 2026-02: 91, 2026-03: 44, 2026-04: 53 Cette baisse s'explique par l'arrêt des livraisons via l'oléoduc Droujba traversant l'Ukraine. Le groupe MOL a affirmé que l'approvisionnement se poursuivait via l'oléoduc de l'Adriatique, grâce à des contrats avec la Libye, la Norvège et les États-Unis. M. Magyar espère une reprise de Droujba d'ici fin avril, tout en prévenant que la reconstitution des stocks prendrait du temps. „« Le plus important est de garantir la sécurité de l'approvisionnement dans les semaines à venir sous le gouvernement sortant, puis durant les premiers jours du gouvernement TISZA. »” — Péter Magyar via Reuters La session constitutive du nouveau Parlement devrait se tenir les 6 ou 7 mai 2026. Selon la Constitution, le nouveau président devra y proposer formellement un Premier ministre, qui sera ensuite élu par les députés.

Mentioned People

  • Péter Magyar — Przewodniczący partii TISZA i przyszły premier Węgier
  • Tamás Sulyok — Prezydent Węgier od 2024 roku
  • Viktor Orbán — Premier Węgier od 2010 roku
  • Vladimir Putin — Prezydent Rosji
  • László Toroczkai — Lider partii Mi Hazánk (Nasza Ojczyzna)

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