Après sa victoire aux élections législatives du 12 avril, le futur Premier ministre hongrois Péter Magyar a officiellement demandé le départ du chef de l'État. Lors d'un entretien au palais Sándor mercredi, le chef du parti TISZA a estimé que Tamás Sulyok n'était plus apte à représenter l'unité nationale. Ce face-à-face marque le début d'une transition politique majeure après seize années de gouvernance de Viktor Orbán.
Demande de démission présidentielle
Péter Magyar exige le départ immédiat du président Tamás Sulyok, estimant qu'il n'est plus une autorité morale légitime.
Réforme des médias d'État
Le futur Premier ministre prévoit de suspendre les journaux télévisés de la chaîne publique M1, qu'il qualifie d'« usine à mensonges ».
Urgence budgétaire européenne
Le nouveau gouvernement doit engager des réformes anticorruption avant août pour débloquer 10 milliards d'euros de fonds de l'UE.
Péter Magyar, futur Premier ministre de Hongrie dont le parti TISZA a remporté plus de 52 % des suffrages lors du scrutin du 12 avril, a rencontré mercredi le président Tamás Sulyok au palais Sándor à Budapest. Il a exigé sa démission immédiate, le qualifiant d'« indigne de représenter l'unité de la nation hongroise » et d'« inapte à garantir la légalité ». M. Magyar, 45 ans, a diffusé une photographie de la rencontre sur les réseaux sociaux, s'adressant directement à M. Sulyok en affirmant que le président n'était pas qualifié pour être une « autorité morale ou un modèle ». Selon le compte rendu de M. Magyar, M. Sulyok — ancien allié du Premier ministre sortant Viktor Orbán — a indiqué qu'il « réfléchirait » à cette demande lors d'un échange par ailleurs décrit comme cordial. M. Magyar a prévenu que si M. Sulyok ne démissionnait pas volontairement après la formation du nouveau gouvernement, il utiliserait sa majorité parlementaire pour réviser la Constitution et démettre le président, ainsi que d'autres responsables qualifiés de « marionnettes » nommées par l'administration Orbán. Cette victoire électorale met fin à seize ans de pouvoir de Viktor Orbán, dont le mandat est devenu une référence en matière de gouvernance conservatrice illibérale en Europe.
Magyar s'engage à fermer l'« usine à mensonges » des médias d'État M. Magyar s'est exprimé mercredi matin sur la chaîne de télévision publique M1 et sur Radio Kossuth. Il s'agissait de sa première intervention dans les médias publics hongrois depuis environ un an et demi, sa dernière apparition remontant au 26 septembre 2024 selon ses dires. Il a profité de cette tribune pour annoncer que l'un des premiers actes de son gouvernement serait la suspension des journaux télévisés des médias d'État, qu'il a décrits comme un « canal de propagande » et une « usine à mensonges » ayant causé des « dommages absolument incroyables au peuple hongrois ». M. Magyar a précisé que cette suspension serait temporaire, dans l'attente de l'adoption d'une nouvelle loi sur les médias, de la création d'une autorité de régulation indépendante et de l'établissement de conditions professionnelles garantissant l'indépendance du service public. „Chaque Hongrois mérite un média de service public qui diffuse la vérité.” — Péter Magyar via The Independent Il a ajouté être conscient qu'une presse parfaite n'existe pas, mais que la situation actuelle ne pouvait perdurer. Le présentateur de M1 a contesté les affirmations de M. Magyar sur son absence d'invitations, affirmant que la chaîne l'avait contacté le 26 janvier et lui avait envoyé des invitations durant sept jours consécutifs auparavant. M. Magyar a répondu qu'il n'éprouvait aucune rancœur personnelle, tout en maintenant sa description de la ligne éditoriale de la chaîne, rappelant que M1 avait diffusé de fausses informations prétendant que ses enfants ne lui parlaient plus.
Entretien avec Benyamin Netanyahou et invitation à Budapest Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'est entretenu par téléphone avec M. Magyar mercredi. Les deux parties ont décrit ce premier contact comme cordial, exprimant un intérêt mutuel pour le renforcement des liens bilatéraux. Le bureau de M. Netanyahou a publié un communiqué indiquant que les deux dirigeants avaient discuté du maintien de la relation étroite établie entre Israël et la Hongrie sous l'ère Orbán. M. Magyar a invité M. Netanyahou aux célébrations du 70e anniversaire de la Révolution hongroise, invitation acceptée par le dirigeant israélien. M. Netanyahou a proposé, en retour, la tenue d'un séminaire intergouvernemental à Jérusalem. Lundi, M. Netanyahou avait déjà félicité M. Magyar pour sa victoire, tout en remerciant son « cher ami » Orbán pour son soutien « ferme » envers Israël « face aux diffamations internationales injustes ». Cet appel intervient alors que la Hongrie d'Orbán était l'un des partenaires les plus fiables d'Israël au sein de l'UE, ayant notamment accueilli M. Netanyahou à Budapest en avril 2025 malgré un mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre présumés dans la bande de Gaza.
Viktor Orbán a accédé au pouvoir une première fois en 1998 jusqu'en 2002, avant de revenir à la tête du pays en 2010. Son parti, le Fidesz, a gouverné la Hongrie sans interruption de 2010 jusqu'aux élections d'avril 2026. Durant ces seize années, les institutions européennes ont régulièrement exprimé leurs inquiétudes concernant le recul de la démocratie, l'indépendance de la justice et la liberté de la presse. Cette situation a provoqué des tensions durables avec Bruxelles, qui a gelé des milliards d'euros de fonds en raison de préoccupations liées à l'État de droit. Péter Magyar n'a émergé sur la scène politique qu'environ deux ans avant le scrutin de 2026 ; sa victoire écrasante est décrite comme un événement sans précédent dans l'histoire de la démocratie hongroise moderne.
Investiture du gouvernement en mai et enjeux financiers européens M. Magyar a indiqué que son cabinet pourrait être investi d'ici la mi-mai 2026. Il a manifesté sa volonté d'agir rapidement pour mettre en œuvre des réformes afin d'éviter la perte d'environ 10 milliards d'euros issus du fonds de relance post-pandémie de l'UE avant la date limite d'août. Parmi les mesures anticorruption prévues figurent l'adhésion au Parquet européen, le rétablissement de l'indépendance de la justice et des autorités d'enquête, ainsi que le retour des libertés académiques et médiatiques. La victoire de M. Magyar a suscité des réactions en Europe centrale. Des analystes en République tchèque et en Slovaquie ont souligné que ce résultat prouvait que des dirigeants populistes pouvaient être défaits par les urnes. Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš, qui avait soutenu la réélection d'Orbán, s'est dit prêt à collaborer avec M. Magyar. En revanche, le leader de l'opposition slovaque Michal Šimečka a averti que si Robert Fico persistait dans la confrontation avec Bruxelles, Prague et Bratislava risqueraient l'isolement régional face au nouveau cap pro-européen de Budapest. Une scène insolite a également marqué la journée de mercredi au palais Sándor : M. Magyar a aperçu Viktor Orbán seul sur un balcon voisin, consultant un document. Il a filmé la scène et l'a publiée sur les réseaux sociaux avec la mention « cinéma absolu », sur un fond musical du groupe Linkin Park.
Fonds de relance de l'UE en jeu avant la date limite d'août
Transition politique en Hongrie, avril 2026: — ; — ; — ; — ; —
Mentioned People
- Péter Magyar — Węgierski polityk i prawnik, lider partii Tisza, spodziewany przyszły premier Węgier.
- Tamás Sulyok — Węgierski polityk i prawnik, pełniący funkcję prezydenta Węgier od 2024 roku.
- Viktor Orbán — Węgierski prawnik i polityk, premier Węgier sprawujący urząd nieprzerwanie od 2010 roku.
- Benjamin Netanyahu — Premier Izraela.
Sources: 89 articles
- Ungarn: Wahlsieger Magyar fordert Orban-nahen Präsidenten zum Rücktritt auf (stern.de)
- De modèle à vilain petit canard : comment l'effondrement de l'économie hongroise a coûté sa place à Viktor Orbán (Le Figaro.fr)
- 'Is that the prime minister?' Hungary's Magyar spots Orban on balcony (Reuters)
- En Hongrie, Péter Magyar s'attaque aux médias inféodés à Viktor Orban (LesEchos.fr)
- Défaite d'Orbán : un bol d'air pour l'Europe (L'Opinion)
- Trump and Putin back Hungary's new prime minister (Financial Times News)
- "C'est un homme bien": Donald Trump estime que le futur Premier ministre hongrois Péter Magyar "va faire du bon travail" (BFMTV)
- EN DIRECT, guerre en Ukraine : la Hongrie de Péter Magyar ne s'opposera pas au prêt européen de 90 milliards d'euros à l'Kiev, mais n'y participera pas (Le Monde.fr)
- Selon Donald Trump, Péter Magyar, le nouveau premier ministre hongrois, fera du " bon travail " (Le Monde.fr)
- Hongrie: Magyar " va faire du bon travail " estime Trump (Mediapart)