Le président français Emmanuel Macron s'est rendu à Gdańsk ce lundi pour le premier sommet intergouvernemental franco-polonais. Organisé à l'occasion de la première Journée de l'amitié polono-française, ce déplacement marque une étape clé dans la coopération bilatérale au sommet de l'État après la signature du Traité de Nancy en 2025.

Sommet historique à Gdańsk

Premier sommet intergouvernemental depuis le Traité de Nancy de 2025, axé sur la défense et l'énergie.

Tensions au palais présidentiel

L'entourage de Karol Nawrocki accuse Donald Tusk d'avoir délibérément écarté le président polonais de la visite.

Enjeux économiques et nucléaires

La France appuie l'offre d'EDF pour la seconde centrale nucléaire polonaise au milieu des discussions militaires.

Le président français Emmanuel Macron est arrivé à Gdańsk ce lundi pour le premier sommet intergouvernemental franco-polonais, organisé dans le cadre de la toute première Journée de l'amitié polono-française. Les discussions avec le Premier ministre Donald Tusk portent essentiellement sur la sécurité, la coopération en matière de défense et l'énergie. Arrivé aux alentours de 11 h 30, le chef de l'État a été accueilli par M. Tusk à la Porte d'Or avant de se rendre à la Maison d'Uphagen pour un entretien en tête-à-tête. Ce sommet constitue la première rencontre bilatérale de ce niveau depuis la signature, le 9 mai 2025, du Traité de Nancy. Cet accord encadre les relations militaires, économiques, sociales et culturelles, et impose la tenue de sommets bilatéraux annuels alternant entre les deux pays. Selon le Centre d'information gouvernemental, l'ordre du jour comprend les relations bilatérales, les défis sécuritaires en Europe ainsi que les relations alliées et transatlantiques. Il s'agit de la troisième visite de M. Macron en Pologne, après ses déplacements de février 2020 et décembre 2024, mais de sa première escale à Gdańsk. Nawrocki écarté du sommet : la présidence accuse TuskLe président polonais Karol Nawrocki ne rencontrera pas son homologue français lors de cette visite, une situation vivement critiquée par le palais présidentiel. Le porte-parole de la présidence, Rafał Leśkiewicz, a affirmé que le ministère des Affaires étrangères n'avait pas envoyé d'invitation à M. Nawrocki, imputant cette omission directement au Premier ministre Tusk. „Le cabinet du président avait fait part du souhait de Karol Nawrocki de s'entretenir avec Emmanuel Macron. Le gouvernement est l'organisateur de la visite. Le Premier ministre Tusk tenait beaucoup à ce que la rencontre entre les deux présidents n'ait pas lieu. C'est pourquoi il a insisté pour que la visite se déroule à Gdańsk et non à Varsovie.” — Rafał Leśkiewicz via Onet Wojciech Kolarski, secrétaire d'État à la Chancellerie présidentielle, a confirmé qu'aucune proposition de rencontre n'émanait des services du Premier ministre, soulignant que le choix de Gdańsk au détriment de Varsovie était délibéré. M. Kolarski a également observé que les services du Premier ministre exercent un rôle prédominant dans les affaires européennes, tandis que le domaine de compétence du palais présidentiel concerne les relations transatlantiques. M. Leśkiewicz a qualifié cette exclusion d'« acte contraire aux intérêts de la Pologne » et a accusé le gouvernement d'instrumentaliser la visite d'un chef d'État étranger à des fins de politique intérieure. L'expert : le veto de Nawrocki sur l'UE le rendrait indésirableAgnieszka Cianciara, analyste politique à l'Institut d'études politiques de l'Académie polonaise des sciences, propose une autre lecture de l'absence de rencontre, privilégiant des facteurs de fond. Selon elle, M. Nawrocki ne représenterait pas un partenaire constructif pour la France, notamment après son veto récent à l'encontre de l'instrument SAFE de l'UE. Ce mécanisme est jugé crucial pour le financement du développement de l'armement, y compris pour la coopération franco-polonaise. „Les relations entre la partie française et le camp politique de Karol Nawrocki, à savoir la Droite unie, ont eu, entre 2015 et 2023, la température de la Baltique en avril.” — Agnieszka Cianciara via TOK FM Mme Cianciara note par ailleurs que la Pologne et la France feront face à des élections en 2027, incitant les deux parties à faire progresser la coopération au maximum avant d'éventuels changements politiques. De son côté, M. Leśkiewicz a rappelé que MM. Nawrocki et Macron s'étaient rencontrés récemment à Paris et partageaient des vues similaires sur la sécurité et la politique européenne. Dossier nucléaire d'EDF et contrats de défense au cœur du programmeAu-delà des tensions diplomatiques, le sommet comporte des enjeux économiques majeurs. La France espère faire avancer l'offre formulée par EDF pour la construction de la deuxième centrale nucléaire polonaise. La coopération en matière de sécurité et de défense sera au cœur de la session plénière, prévue à 14 h 45 à la Cour d'Arthus, suivie d'une déclaration commune à la presse à 16 h 15. Le général Roman Polko, ancien commandant de l'unité des forces spéciales GROM, a déclaré au quotidien Fakt que le sommet devait aboutir à des résultats concrets compte tenu de la gravité du contexte sécuritaire européen. „Aujourd'hui, l'heure n'est plus aux simples gestes symboliques. Nous avons besoin d'un renforcement réaliste de notre potentiel et de celui de l'Union européenne. Les mots doivent être suivis d'actes : des précisions sur la présence des troupes, sur la coopération de l'industrie de défense et une position commune face aux menaces les plus importantes.” — Roman Polko via Fakt Le programme inclut également une cérémonie au cimetière militaire français de Siedlce à Gdańsk, où reposent environ 1 500 soldats des guerres napoléoniennes et des deux guerres mondiales. MM. Tusk et Macron doivent aussi déposer des fleurs devant le monument aux ouvriers du chantier naval tombés en 1970 et assister à la remise du prix Bronisław Geremek, au Centre européen de solidarité, qui récompense les contributions aux relations franco-polonaises.Les relations entre la Pologne et la France ont historiquement été marquées par des expériences communes de guerre, de partitions et de l'intégration européenne, mais il manquait un cadre formel de coopération renforcée jusqu'à la signature du Traité de Nancy le 9 mai 2025. Ce traité a instauré le 20 avril comme Journée de l'amitié polono-française et imposé des sommets intergouvernementaux annuels. Les précédentes visites de M. Macron en Pologne remontent à février 2020 et décembre 2024. Le sommet se tient dans un contexte d'efforts européens accrus pour renforcer la coopération de défense indépendamment des États-Unis, la Pologne occupant une position stratégique sur le flanc est de l'OTAN.1er sommet intergouvernemental franco-polonais — 20 avril 2026: — ; — ; — ; — ; — ; —

Mentioned People

  • Emmanuel Macron — Prezydent Francji
  • Donald Tusk — Premier RP
  • Karol Nawrocki — Prezydent RP od 6 sierpnia 2025 roku
  • Rafał Leśkiewicz — Podsekretarz Stanu w Kancelarii Prezydenta RP i rzecznik prasowy
  • Roman Polko — Były dowódca jednostki specjalnej GROM

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