L'Espagne a fermé son espace aérien, le 30 mars 2026, à tous les avions militaires américains engagés dans Operation Epic Fury. Cette décision, confirmée par la ministre de la Défense Margarita Robles, aggrave un différend avec Washington déjà tendu par les menaces de Donald Trump sur les échanges commerciaux. Elle élargit aussi l'interdiction préalable d'utiliser les bases aériennes exploitées conjointement par les deux pays.

Fermeture de l'espace aérien

L'Espagne interdit désormais le survol de son territoire à tous les avions militaires américains engagés dans Operation Epic Fury, y compris ceux venant du Royaume-Uni ou de la France.

Conséquences opérationnelles

Des bombardiers B-52 et B-1 ont été redéployés vers le Royaume-Uni et plusieurs ravitailleurs vers la France et l'Allemagne.

Tensions politiques et commerciales

Pedro Sánchez et Margarita Robles défendent la ligne du gouvernement tandis que Donald Trump menace de bloquer les échanges commerciaux avec Madrid.

Fracture plus ancienne

Le différend s'ajoute aux critiques américaines sur les dépenses de défense espagnoles au sein de l'Otan et aux refus d'utiliser les bases de Rota et Morón.

L'Espagne a fermé son espace aérien, le 30 mars 2026, à tous les avions militaires américains engagés dans Operation Epic Fury, aggravant un différend avec Washington qui a déjà pesé sur les relations bilatérales et suscité des menaces d'embargo commercial de la part du président Donald Trump. L'interdiction, rapportée par le journal espagnol El País, qui cite des sources militaires, et confirmée par la ministre de la Défense Margarita Robles, va plus loin qu'une précédente interdiction d'utiliser les bases aériennes exploitées conjointement et interdit désormais totalement aux appareils américains de survoler l'espace aérien espagnol, y compris lorsqu'ils décollent de pays tiers comme le Royaume-Uni ou la France. Le ministère espagnol de la Défense n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire de Reuters. Les situations d'urgence constituent la seule exception à cette fermeture. L'interdiction ne concerne que les opérations militaires et n'affecte pas les vols commerciaux, selon des sources du gestionnaire espagnol de la navigation aérienne Enaire citées par l'agence EFE.

Des bombardiers redéployés vers le Royaume-Uni après le refus espagnol La fermeture de l'espace aérien a des conséquences opérationnelles concrètes pour la planification militaire américaine. Selon El País, l'Espagne avait déjà rejeté des demandes visant à stationner des bombardiers américains B-52 et B-1 sur les bases de Rota et de Morón de la Frontera, ce qui a contraint ces appareils à se redéployer au Royaume-Uni. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a ensuite autorisé l'utilisation de bases britanniques pour ce qu'il a décrit comme des attaques « défensives » contre des positions de missiles iraniens. Plusieurs avions ravitailleurs ont aussi été transférés en France et en Allemagne, selon El País. L'interdiction s'applique également aux avions américains opérant depuis ces bases de pays tiers, ce qui les oblige à contourner entièrement la péninsule Ibérique sur les trajets vers le Moyen-Orient et allonge les distances de vol. En mer, en revanche, l'Espagne poursuit sa coopération avec les États-Unis pour des opérations défensives : cinq destroyers américains de classe Arleigh Burke restent stationnés à la base de Rota et, selon El País, ces bâtiments ont participé à l'interception de trois missiles balistiques ayant violé l'espace aérien turc ces dernières semaines.

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Sánchez qualifie la guerre d'illégale, Trump menace d'interrompre les échanges commerciaux Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, compte parmi les critiques les plus fermes de la campagne américano-israélienne, qu'il a qualifiée d'« illégale », d'« imprudente » et de « grave erreur ». Devant le Parlement espagnol, il a indiqué que tous les plans de vol liés aux opérations en Iran avaient été rejetés, y compris ceux des avions ravitailleurs. Le premier vice-président et ministre de l'Économie, Carlos Cuerpo, entré en fonctions à ce poste le 27 mars 2026, a évoqué directement les répercussions diplomatiques dans un entretien à la radio Cadena Ser.

„Cette décision s'inscrit dans la décision déjà prise par le gouvernement espagnol de ne pas participer à une guerre ni d'y contribuer, une guerre qui a été déclenchée unilatéralement et en violation du droit international.” — Carlos Cuerpo via Reuters

Carlos Cuerpo a ajouté que les entreprises espagnoles opèrent actuellement dans les mêmes conditions que les autres sociétés européennes aux États-Unis et que l'objectif du gouvernement est d'améliorer les relations bilatérales. Il a annoncé l'ouverture de deux nouveaux bureaux économiques espagnols à Boston et à Houston pour aider les entreprises espagnoles à s'implanter sur le marché américain. Donald Trump a réagi aux restrictions espagnoles en menaçant de « stopper » les échanges commerciaux avec Madrid, une menace à laquelle les propos de Carlos Cuerpo semblaient répondre sans céder sur la question militaire.

Le différend sur les dépenses de l'Otan ajoute de nouvelles tensions La fermeture de l'espace aérien approfondit une fracture plus large entre Madrid et Washington qui précède le conflit en Iran. Les États-Unis ont critiqué l'Espagne pour ne pas avoir atteint l'objectif de dépenses de défense de 5 % du PIB fixé au sein de l'Otan, ajoutant une dimension économique au désaccord politique sur la guerre en Iran. Le refus de l'Espagne d'autoriser l'utilisation des bases de Rota et de Morón — exploitées conjointement dans le cadre d'un accord bilatéral entre les États-Unis et l'Espagne — a déjà provoqué de nouvelles attaques de Donald Trump contre les autorités espagnoles. La ministre de la Défense Margarita Robles a confirmé sans ambiguïté la position du gouvernement.

„L'utilisation des bases [américaines en Espagne] n'est pas autorisée et, bien entendu, l'utilisation de l'espace aérien espagnol pour des actions liées à la guerre en Iran ne l'est pas non plus.” — Margarita Robles via Franceinfo

Operation Epic Fury, la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran, a commencé le 28 février 2026. Les frappes initiales ont tué le Guide suprême iranien Ali Khamenei, après quoi Mojtaba Khamenei a été nommé Guide suprême le 9 mars 2026. Les restrictions imposées par l'Espagne à l'utilisation de ses bases par les forces américaines représentent l'un des actes d'opposition les plus importants à cette campagne de la part d'un État membre de l'Otan. Les bases de Rota et de Morón de la Frontera sont exploitées conjointement dans le cadre d'un accord bilatéral de défense entre les États-Unis et l'Espagne.

L'accord bilatéral de défense qui régit les bases de Rota et de Morón reste formellement en vigueur pour des missions extérieures au conflit en Iran et l'Espagne n'a pas engagé de démarche pour le suspendre totalement. L'enchaînement des refus d'accès aux bases, de la fermeture de l'espace aérien et des menaces commerciales de Donald Trump a mis la relation entre les États-Unis et l'Espagne sous une tension que l'on n'avait pas observée depuis des décennies, sans qu'aucun des deux gouvernements n'indique qu'une issue soit proche.

Mentioned People

  • Pedro Sánchez — prezes rządu Hiszpanii od 2018 roku
  • Carlos Cuerpo — pierwszy wicepremier rządu Hiszpanii i minister gospodarki
  • Margarita Robles — minister obrony Hiszpanii od 2018 roku
  • Keir Starmer — premier Wielkiej Brytanii od 2024 roku
  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych

Sources: 36 articles