Un pétrolier russe transportant environ 730 000 barils de brut est arrivé dans les eaux cubaines le 30 mars 2026, après que les garde-côtes américains ont laissé le navire passer sans interception. Cette arrivée met fin à des mois de blocage effectif des livraisons de pétrole vers l’île. Donald Trump a confirmé avoir autorisé les pays qui le souhaitent à envoyer du pétrole à Cuba.
Un premier cargo depuis janvier 2026
L’Anatoly Kolodkin, chargé d’environ 730 000 barils de brut, est le premier pétrolier à atteindre Cuba depuis janvier 2026.
Washington laisse passer le navire
Les garde-côtes américains avaient des moyens d’interception, mais n’ont pas reçu l’ordre d’intervenir.
La crise énergétique reste aiguë
Les pénuries de carburant continuent de fragiliser les hôpitaux, les transports et l’ensemble de l’économie cubaine.
Moscou parle d’aide humanitaire
La Russie présente l’envoi comme une aide à Cuba, tandis que Donald Trump en minimise la portée politique.
Une incertitude sur la politique américaine
Reste à savoir si cette livraison constitue une exception ou un changement durable de la position de Washington.
A Russian oil tanker carrying approximately 730,000 barrels of crude oil arrived in Cuban waters on March 30, 2026, after the United States Coast Guard allowed the vessel to pass without interception, ending a months-long effective oil blockade of the island. The tanker Anatoly Kolodkin, owned by the Russian state corporation Sovkomflot and sailing under Russian flag, departed from the Russian port of Primorsk on March 9 and was directed to the port of Matanzas, roughly 100 kilometers from Havana. U.S. President Donald Trump confirmed the decision on Sunday night aboard Air Force One, saying he had told countries they were free to send oil to Cuba. The shipment marks the first oil cargo to reach the island since January 2026, according to reporting by the Russian news agency Interfax and confirmed by multiple sources.
„Nous nous en moquons si quelqu’un obtient une cargaison, parce qu’ils en ont besoin... ils doivent survivre. Je leur ai dit que, si un pays veut envoyer du pétrole à Cuba en ce moment, cela ne me pose aucun problème. Que ce soit la Russie ou non.” — Donald Trump via The New York Times
La crise énergétique de Cuba s’est fortement aggravée après le 3 janvier 2026, lorsque les forces américaines ont capturé le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro, interrompant l’approvisionnement pétrolier préférentiel que Caracas fournissait depuis longtemps à La Havane. L’administration Trump a ensuite mis en place ce qui s’apparentait à un blocus pétrolier autour de Cuba, en menaçant de droits de douane tout pays qui enverrait du carburant vers l’île et, dans au moins un cas documenté, en escortant au large un tanker à destination de Cuba. Un peu plus d’une semaine avant l’arrivée de l’Anatoly Kolodkin, un autre navire transportant jusqu’à 200 000 barils de diesel a été dérouté vers Puerto Cabello, au Venezuela, après que les États-Unis ont exclu Cuba d’un assouplissement temporaire des sanctions sur les expéditions russes de carburant. L’OFAC avait inscrit l’Anatoly Kolodkin sur son registre des sanctions et cette disposition interdisait la livraison à Cuba, à l’Iran, à la Corée du Nord, à la Crimée et aux territoires ukrainiens contrôlés par la Russie de brut d’origine russe.
Les garde-côtes sont restés à distance à l’entrée du tanker dans les eaux cubaines La Garde côtière américaine disposait dans la zone de deux patrouilleurs capables d’intercepter le tanker, mais l’administration Trump n’a pas donné l’ordre à ces navires d’intervenir, selon un responsable américain qui s’est confié au New York Times sous couvert d’anonymat. Le navire de 250 mètres de long naviguait à 12 nœuds et est entré dimanche après-midi dans les eaux territoriales cubaines, selon le service de suivi maritime MarineTraffic. Jorge Piñón, chercheur à l’University of Texas Energy Institute, qui suit depuis des mois les mouvements des tankers autour de Cuba, a déclaré à El País avoir été surpris que les autorités américaines laissent le navire entrer sans réaction de la Marine ou sans signal alors que le bâtiment se trouvait encore dans l’Atlantique. Le tanker doit décharger à la Base de Supertanqueros, une installation de stockage et de transfert d’hydrocarbures à Matanzas adaptée à des navires de cette taille, avant que le brut ne soit transféré à La Havane pour y être traité à la raffinerie Ñico López, dont la capacité de traitement est d’environ 36 400 barils par jour. On ignore toujours si les propos de Trump traduisent un revirement durable de la politique de blocus ou une exception ponctuelle, la Maison Blanche n’ayant publié aucune déclaration formelle pour clarifier sa position.
Moscou présente l’envoi comme une aide humanitaire, Trump minimise l’avenir de Cuba Le ministre russe de l’Énergie, Sergei Tsivilev, a présenté l’expédition comme une aide humanitaire, invoquant la « situation difficile » créée par la pression des sanctions sur l’île. L’ambassade de Russie au Mexique a publié un communiqué exprimant sa pleine solidarité avec Cuba et qualifiant le blocus d’illégitime, selon El País. Des analystes cités par The New York Times ont estimé que cette cargaison pourrait donner à Cuba quelques semaines de répit avant l’épuisement de ses réserves de carburant, même si El País a rapporté que l’approvisionnement ne couvrirait qu’environ deux semaines de besoins énergétiques. Donald Trump a simultanément minimisé la portée de l’envoi, qualifiant le gouvernement cubain de « fini » et ses dirigeants de « mauvais et corrompus », tout en affirmant que cette livraison de pétrole n’aurait aucun effet réel sur la trajectoire de l’île. Le gouvernement cubain de Miguel Díaz-Canel discute avec l’administration Trump d’une sortie de crise, mais les deux parties ont publiquement maintenu des positions politiques et économiques qui, selon les analystes, laissent peu de place à un terrain d’entente. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré vendredi que l’objectif de la Maison Blanche restait l’installation d’une nouvelle direction à Cuba, signalant que le geste humanitaire ne traduisait aucun assouplissement des objectifs politiques plus larges de l’administration à l’égard de La Havane.
Les coupures d’électricité ont poussé les hôpitaux au bord de la rupture Cuba a connu une série de coupures d’électricité à l’échelle nationale depuis que les États-Unis ont intensifié la pression économique sur l’île après la capture de Nicolás Maduro en janvier 2026. L’Organisation mondiale de la santé a averti la semaine dernière que la grave pénurie de carburant obligeait les hôpitaux cubains à lutter pour maintenir les services d’urgence et de soins intensifs. Les pénuries de carburant ont aussi paralysé les transports publics et touché un large éventail d’industries et de services dans tout le pays. L’Organisation des Nations unies a présenté mercredi dernier un Plan d’action élargi pour aider Cuba à faire face à la pénurie d’énergie, aggravée par les dégâts causés par l’ouragan Melissa, une tempête qui a frappé l’île en octobre dernier et a laissé d’importantes destructions, en particulier dans ses régions orientales, selon El Confidencial. La raffinerie Ñico López à La Havane, qui a reçu son dernier chargement de brut en provenance du Mexique en janvier, a la capacité technique de traiter le mélange de brut Urals, principale qualité exportée par la Russie, une fois celui-ci transféré depuis Matanzas. Reste à savoir si l’arrivée de l’Anatoly Kolodkin marque un changement durable de la politique américaine ou une exception temporaire liée à l’argument humanitaire avancé par Donald Trump, une question qui demeure au cœur des interrogations des analystes et des responsables cubains.
Crise pétrolière à Cuba — faits marquants: — ; — ; — ; — ; —
Mentioned People
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
- Nicolás Maduro — Wenezuelski polityk i były związkowiec, który od 2013 roku jest de iure prezydentem Wenezueli
- Sergei Tsivilev — rosyjski minister energii
- Marco Rubio — senator Stanów Zjednoczonych
- Miguel Díaz-Canel — 17. prezydent Kuby i 8. pierwszy sekretarz Komunistycznej Partii Kuby
Sources: 14 articles
- Un petrolero de Rusia llega a Cuba, con el permiso de Trump, en medio del bloqueo de EE.UU. a la isla - BBC News Mundo (BBC)
- Rusia celebra llegada de petrolero ruso a Cuba (Deutsche Welle)
- Cuba: el Kremlin se felicita por la llegada de un petrolero ruso a la isla (RFI)
- EUA permetrà l'arribada d'un petrolier rus a Cuba (europa press)
- El petrolero ruso con 100.000 toneladas de crudo llega a Cuba, según las autoridades rusas (eldiario.es)
- Trump hace una excepción con Putin y permite la llegada de un petrolero ruso a Cuba (La Razón)
- EEUU permitirá que un petrolero ruso "o de cualquier otro país" llegue a Cuba (EL MUNDO)
- EEUU permitirá la llegada de un petrolero ruso a Cuba: "Tienen que sobrevivir" (El Confidencial)
- El barco que nadie esperaba: Estados Unidos deja pasar el crudo ruso hacia Cuba (EL PAÍS)
- EE. UU. permitirá que un petrolero ruso llegue a Cuba y rompa el bloqueo (The New York Times)