Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a officiellement sollicité un report de deux semaines de l'ultimatum imposé par Donald Trump à Téhéran pour la réouverture du détroit d'Ormuz. Cette demande intervient alors que l'échéance fixée au 7 avril est dépassée, accentuant les craintes d'une escalade militaire majeure régionale.
Demande de délai
Le Pakistan sollicite un report de deux semaines de l'ultimatum de Donald Trump contre l'Iran.
Blocage d'Ormuz
Le détroit reste fermé depuis cinq semaines, perturbant 20 % du commerce mondial de pétrole.
Choc économique
Le Brent a bondi de plus de 50 % pour atteindre 109 dollars, menaçant de porter l'inflation américaine au-dessus de 4 %.
Médiation fragile
L'accord de défense entre Islamabad et Riyad pourrait impliquer le Pakistan si l'Arabie Saoudite riposte aux frappes iraniennes.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a demandé ce mercredi au président américain Donald Trump de prolonger de deux semaines le délai qu'il avait imposé à l'Iran pour mettre fin au blocage du détroit d'Ormuz. L'échéance initiale, fixée au mardi 7 avril à 20h00 EDT, est passée sans signe de conformité de la part de Téhéran. M. Sharif a publié cet appel sur X, exhortant M. Trump à laisser la diplomatie suivre son cours tout en appelant l'Iran à ouvrir le détroit pour une période équivalente de deux semaines en guise de geste de bonne volonté. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que M. Trump avait été informé de la proposition pakistanaise et qu'une réponse serait apportée, sans fournir plus de détails. M. Trump avait menacé qu'en cas de non-respect du délai, les États-Unis détruiraient chaque pont et chaque centrale électrique en Iran, avertissant qu'« une civilisation entière mourra ce soir ». Le conflit, qui a débuté le 28 février 2026 par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, est entré dans son deuxième mois sans perspective de cessez-le-feu et sous une pression diplomatique extrême. Le rôle médiateur du Pakistan mis à l'épreuve par les frappes iraniennes en Arabie SaouditeLe Pakistan a servi de principal intermédiaire entre Washington et Téhéran tout au long du conflit, transmettant des propositions entre les deux parties. Cependant, deux sources pakistanaises au fait des discussions ont déclaré à Reuters mardi qu'aucun compromis n'avait été trouvé. Un haut responsable pakistanais de la sécurité a indiqué que les frappes nocturnes de l'Iran sur des installations industrielles saoudiennes liées à des entreprises américaines menaçaient de faire dérailler totalement les pourparlers, ajoutant que si l'Arabie Saoudite venait à exercer des représailles, le dialogue serait rompu. Ce responsable a souligné qu'une riposte pourrait également entraîner Islamabad dans le conflit en vertu de son pacte de défense mutuelle avec Riyad. Une seconde source pakistanaise a estimé que l'Iran « marchait sur des œufs » et que les trois à quatre prochaines heures seraient critiques pour l'avenir du dialogue. Une source iranienne de haut rang a déclaré à Reuters que Téhéran avait rejeté une proposition de cessez-le-feu temporaire, insistant sur le fait que des pourparlers de paix durables ne pourraient commencer qu'après l'arrêt des frappes américaines et israéliennes, avec la garantie qu'elles ne reprendraient pas et le versement de réparations. M. Sharif a exhorté toutes les parties belligérantes à respecter un cessez-le-feu général de deux semaines, qualifiant les efforts diplomatiques de « progression constante, forte et puissante, susceptible de mener à des résultats substantiels prochainement ». „Afin de permettre à la diplomatie de suivre son cours, je demande instamment au Président Trump de prolonger le délai de deux semaines. Le Pakistan, en toute sincérité, demande aux frères iraniens d'ouvrir le détroit d'Ormuz pour une période correspondante de deux semaines en guise de geste de bonne volonté.” — Shehbaz Sharif via ReutersLa campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran, baptisée Opération Epic Fury, a commencé le 28 février 2026 par des frappes ayant coûté la vie au Guide suprême de l'époque, Ali Khamenei. Mojtaba Khamenei, son fils, a été nommé Guide suprême le 9 mars 2026. L'Iran a répondu en bloquant le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du commerce mondial de pétrole. Le blocage est effectif depuis cinq semaines en ce début d'avril 2026. Le cours du baril de Brent s'élevait à environ 70 dollars juste avant le conflit et a grimpé à environ 109 dollars, soit une hausse de plus de 50 %.Le choc pétrolier se propage des pompes à essence aux usines mondialesLes conséquences économiques des cinq semaines de blocage du détroit d'Ormuz s'étendent bien au-delà des marchés financiers. Des entreprises, de la Californie à l'Inde, signalent de graves perturbations. Aux États-Unis, les prix de l'essence au détail ont atteint une 4.14 (USD par gallon) — moyenne nationale du prix de l'essence, au plus haut depuis août 2022 ce mardi, selon les données de GasBuddy. L'administration américaine d'information sur l'énergie (EIA) prévoit que les prix pourraient culminer à une moyenne mensuelle de 4,30 dollars le gallon en avril. Patrick De Haan, analyste chez GasBuddy, a averti Reuters que les prix pourraient dépasser les 5 dollars et battre des records d'ici quelques semaines sans plan de réouverture du détroit. Les prix du diesel ont augmenté encore plus brutalement, l'EIA prévoyant un pic à 5,80 dollars en avril. En Inde, les pénuries de gaz ont forcé la fermeture de dizaines d'usines d'aluminium, tandis qu'en Grande-Bretagne, certains agriculteurs rationnent leurs stocks d'engrais. Un fabricant de sacs plastiques en Californie a déclaré qu'il invoquerait la force majeure sur ses commandes après que le coût de la résine plastique est passé de 0,45 à 0,85 dollar la livre. Goldman Sachs a relevé le risque de récession aux États-Unis à 30 %, le Brent se maintenant autour de 109 dollars le baril.2026-02-27: 70, 2026-03-17: 100, 2026-04-07: 109La Fed de Dallas redoute une inflation à 4 % si le blocage persisteUne étude de la Réserve fédérale de Dallas publiée mardi avertit qu'une perturbation prolongée du commerce pétrolier pourrait porter l'inflation globale aux États-Unis bien au-dessus de 4 % d'ici la fin de l'année. Un document de travail prévoit qu'une fermeture du détroit pendant neuf mois porterait le prix du pétrole de 115 à 167 dollars le baril. L'inflation sur un an s'élevait à 2,8 % en janvier, pour un objectif de 2 %. Les chercheurs notent cependant peu de signes de transmission des prix de l'essence vers l'inflation sous-jacente pour le moment. Sur les marchés du crédit à court terme, l'écart de taux (spread) sur le papier commercial non financier noté AA s'est élargi à 6 points de base. L'EIA a averti qu'un rétablissement complet des flux prendrait des mois après la fin du conflit, contredisant les promesses de Donald Trump d'un soulagement immédiat à la pompe dès la fin des hostilités car l'incertitude maintiendra les prix élevés sur tout le reste de l'année 2026.
Mentioned People
- Shehbaz Sharif — Premier Pakistanu od 2024 roku
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
- Karoline Leavitt — 36. rzeczniczka prasowa Białego Domu od 2025 roku
Sources: 73 articles
- Oil prices plummet and stocks surge after Trump suspends attacks on Iran (The Independent)
- Investor reactions to Trump agreeing to two-week ceasefire with Iran (Reuters)
- Oil prices slide after Trump agrees to conditional two-week Iran ceasefire (BBC)
- Oil Slumps After Pakistan Seeks Last-Minute Iran Extension (Bloomberg Business)
- US short-term credit market shows early signs of stress as Iran war persists (Reuters)
- Oil Prices Surge Amid Escalating Middle East Tensions | in.gr (in.gr)
- Brent Oil Slides as Pakistan Urges Iran to Open Strait of Hormuz (Bloomberg Business)
- Iran War may boost inflation, but not expectations, per Dallas Fed research (Reuters)
- MidEast Crude Output Seen Dropping by 9 Million Barrels a Day (Bloomberg Business)
- Fuel prices could keep rising for months after Hormuz reopens, US EIA says (Reuters)