Le Tribunal suprême espagnol a entendu cette semaine les premiers témoignages dans le procès pour corruption de José Luis Ábalos, ancien ministre des Transports. Les deux premières audiences ont mis en lumière l'attribution d'emplois dans des entreprises publiques à deux proches de l'ex-ministre, pour des fonctions quasi inexistantes.
Emplois fictifs présumés
Le procès révèle que des proches de l'ancien ministre Ábalos auraient perçu des salaires publics sans tâches réelles assignées.
Intervention directe du ministre
Un témoin a confirmé qu'Ábalos était intervenu personnellement pour résoudre un litige concernant les tickets-restaurant d'une proche employée par une entreprise publique.
Impact sur le gouvernement Sánchez
L'exécutif espagnol reconnaît que le procès paralyse son agenda politique, éclipsant des réformes sociales majeures.
La Cour suprême espagnole a recueilli cette semaine les premiers témoignages dans le cadre du procès pour corruption de José Luis Ábalos, ancien ministre des Transports. Les deux premières sessions ont révélé comment deux femmes ayant des liens personnels avec l'ex-ministre ont été placées au sein d'entreprises publiques où elles n'occupaient que peu ou pas de fonctions réelles. Cette affaire, connue sous le nom de « dossier Koldo » ou d'« affaire des masques », porte sur des allégations de trafic d'influence, de clientélisme et de trucage de marchés publics de fournitures médicales durant la pandémie. Ábalos, ministre des Transports de 2018 à 2021 et ancien numéro deux du PSOE, est en détention provisoire aux côtés de son ancien assistant Koldo García depuis le 27 novembre 2025, en raison d'un risque de fuite. Miss Asturies lisait des livres sur les trains, une autre employée était absenteLa deuxième audience, tenue mercredi, a été marquée par le témoignage de Claudia Montes, élue Miss Asturies 2017, ainsi que par de nouvelles dépositions concernant Jésica Rodríguez, présentée devant la cour comme une ancienne compagne d'Ábalos. Montes a déclaré qu'après avoir fait part à Ábalos de sa situation de chômage en tant que mère célibataire, elle avait été orientée vers un poste chez Logirail, une filiale de la Renfe, où elle a finalement été recrutée. Elle a précisé à la cour qu'elle ne disposait ni de bureau, ni d'ordinateur, ni de tâches assignées pendant une certaine période, passant son temps de travail à lire des « livres sur les trains » empruntés à une bibliothèque d'Oviedo. Rodríguez, entendue le premier jour, a reconnu avoir perçu un salaire mensuel d'un peu plus de 1 100 euros de la part des entreprises publiques Ineco et Tragsatec, tout en restant en attente d'instructions de la part de Koldo García et de son frère Joseba. Montes n'a pas exclu que son recrutement soit lié à ses relations, affirmant à la barre : „Au regard des éléments de la procédure, Jose et Koldo ont fait quelque chose.” — Claudia Montes via El Mundo Elle a toutefois ajouté qu'Ábalos ne lui avait jamais dit directement qu'il lui avait obtenu ce poste. L'ancien directeur général de Logirail, José Ángel Méndez, a témoigné que Montes s'était absentée plus de huit jours sans justification, mais que le dossier disciplinaire qu'il comptait ouvrir contre elle avait disparu après son propre licenciement inexpliqué, son successeur ayant par la suite promu la jeune femme. Un ancien responsable d'Adif confirme l'intervention du ministreTémoin clé du mercredi, Ignacio Zaldívar, ancien directeur adjoint de la gestion administrative d' Adif, a rapporté que la présidente d'Adif de l'époque, Isabel Pardo de Vera, l'avait prévenu qu'Ábalos s'était plaint personnellement du fait qu'Ineco « harcelait » Rodríguez au sujet de tickets-restaurant. Zaldívar a déclaré qu'à partir de ce moment, il avait compris que le contrat de Rodríguez était « spécial » et qu'il avait ensuite organisé son embauche chez Tragsatec à la fin de son contrat chez Ineco, présentant cela devant la cour comme une procédure habituelle. Des témoins ont également décrit comment les rapports d'activité de Rodríguez se bornaient à mentionner qu'elle effectuait des « tâches administratives pour Joseba », sans qu'aucun contrôle de la véracité de ces rapports ne soit effectué. Une employée, María Dolores Tapia, a affirmé que la décision de placer Rodríguez sous la supervision de Joseba García — le frère de Koldo García — émanait de Zaldívar lui-même, ce que ce dernier a nié. Koldo García, également jugé, siégeait au conseil d'administration de Renfe Mercancías depuis sa nomination en novembre 2019, selon des informations d'El País. Isabel Pardo de Vera est attendue pour témoigner devant la deuxième chambre de la Cour suprême le 15 avril 2026.Dates clés du procès Ábalos: — ; — ; — ; — ; — ; — Le gouvernement reconnaît que le procès paralyse son agenda politiqueLa procédure inflige un préjudice politique important au gouvernement de Pedro Sánchez. Selon El País, des membres de l'exécutif qualifient en privé ce procès de « répugnant » ou de « douloureux ». Des sources gouvernementales admettent que la semaine a été totalement éclipsée par la couverture médiatique de l'affaire, malgré un contexte politique jugé favorable, marqué notamment par le record de 22 millions d'actifs que Sánchez avait mis en avant. Une réforme constitutionnelle garantissant l'accès à l'IVG dans les centres publics, présentée au Conseil des ministres la même semaine, a été reléguée au second plan par les questions sur l'affaire Ábalos. Un membre du gouvernement a confié à El País que cette situation risquait de perdurer : „C'est une semaine perdue, il est impossible de parler de quoi que ce soit de positif.” — Membre du gouvernement via El País Le procès devrait durer environ deux semaines. Les volets plus substantiels — concernant les trucages présumés de contrats de matériel médical — n'ont pas encore été abordés en détail, les premières audiences s'étant concentrées sur les accusations de clientélisme.L'affaire Koldo tire son nom de Koldo García Izaguirre, l'ancien bras droit d'Ábalos. Elle repose sur des soupçons selon lesquels le ministère des Transports aurait servi à orienter des contrats de fournitures médicales vers des fournisseurs privilégiés pendant la pandémie. L'enquête porte aussi sur du trafic d'influence lié au placement de proches d'Ábalos dans des entreprises publiques. Ábalos a été ministre lors des deux premiers gouvernements de Pedro Sánchez (2018-2021) et secrétaire à l'organisation du PSOE, ce qui en faisait l'une des figures les plus puissantes de l'époque. Le dossier est traité par la deuxième chambre de la Cour suprême, compétente pour juger les hauts responsables.
Mentioned People
- José Luis Ábalos — Hiszpański polityk, minister rozwoju w latach 2018–2021 i poseł z Walencji do 2026 roku
- Isabel Pardo de Vera — Inżynier, była sekretarz stanu ds. transportu (2021–2023) i była prezes Adif
- Koldo García Izaguirre — Były asystent José Luisa Ábalosa i były dyrektor w Renfe Mercancías zamieszany w sprawę Koldo
- Pedro Sánchez — Premier Hiszpanii
- Jésica Rodríguez — Znajoma Ábalosa zatrudniona w publicznych spółkach Ineco i Tragsatec
- Claudia Montes — Miss Asturii 2017 i znajoma Ábalosa zatrudniona w Logirail
Sources: 45 articles
- Sánchez también reza el rosario con Ábalos, Aldama y Leonor en el Supremo (EL MUNDO)
- Semana decisiva del juicio a Ábalos: comisiones, obra pública y Pardo de Vera, testigo clave (El Confidencial)
- Juicio al exministro José Luis Ábalos: aquí nadie sabe nada (LaVanguardia)
- Tres días de juicio que refuerzan los indicios contra Ábalos: enchufes, casas y trasiego de dinero (EL PAÍS)
- La sonrisa entre el estupor y el dolor de José Luis Ábalos | Análisis (EL PAÍS)
- Sobres, silencio y depresión: el PSOE se queda sin defensa (La Razón)
- La primera semana del juicio corrobora que Ábalos usó el ministerio para colocar a sus amantes y afianza el cohecho y el tráfico de influencias (ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL)
- Jésica Rodríguez, el pecado con peluca del falso socialismo (EL MUNDO)
- ¿Cómo pudo pasar lo de Ábalos? Asesores, funcionarios, altos cargos...: el fallo fue multiorgánico (EL MUNDO)
- A este socialismo, las mujeres que hablan no le sientan nada bien (EL MUNDO)