Les délégations américaine et iranienne sont arrivées à Islamabad ce vendredi 10 avril pour des rencontres préliminaires. Ces discussions précèdent les négociations de haut niveau prévues le samedi 11 avril, marquant le premier dialogue direct depuis le déclenchement du conflit le 28 février 2026. Ce sommet intervient alors qu'un cessez-le-feu précaire est entré dans son troisième jour.
Premiers pourparlers directs
Première rencontre officielle entre les États-Unis et l'Iran depuis le début du conflit en février 2026.
Tensions au Liban
Téhéran conditionne la suite des discussions à l'arrêt des frappes israéliennes au Liban, qui ont fait 300 morts mercredi.
Blocage du détroit d'Ormuz
Le contrôle iranien sur cette voie maritime stratégique reste un point de crispation majeur pour l'approvisionnement énergétique mondial.
Désaccord sur les plans de paix
Les propositions iraniennes (réparations, nucléaire) sont jugées inacceptables par Washington.
Les délégations américaine et iranienne sont arrivées à Islamabad ce vendredi 10 avril pour des entretiens préliminaires avant l'ouverture officielle, prévue samedi 11 avril, de négociations de paix de haut niveau. Il s'agit du premier face-à-face direct entre les deux parties depuis le début des hostilités le 20 février 2026. Ces discussions font suite à une trêve fragile de deux semaines, entrée vendredi dans son troisième jour. La délégation des États-Unis est conduite par le vice-président JD Vance, accompagné des émissaires présidentiels Steve Witkoff et Jared Kushner. Côté iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi ont fait le déplacement. Le Pakistan, qui a négocié le cessez-le-feu et maintient des relations diplomatiques avec Washington et Téhéran, assure le rôle d'hôte et de médiateur. Le quotidien pakistanais The Nation a qualifié ce moment d'« historique », affirmant que « l'issue de ces négociations pourrait façonner le Moyen-Orient et l'Asie de l'Ouest pour les décennies à venir ».
Le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran a débuté le 28 février 2026, lors du lancement par la coalition américano-israélienne de l'opération « Epic Fury ». Ces frappes ont causé la mort du Guide suprême Ali Khamenei, remplacé le 9 mars 2026 par son fils, Mojtaba Khamenei. Le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour l'énergie mondiale, est depuis passé sous contrôle iranien, Téhéran y imposant des frais de transit et provoquant une crise énergétique mondiale. Le Pakistan, puissance nucléaire, a mis à profit ses liens avec l'Iran, les États-Unis, ainsi qu'avec la Turquie, l'Arabie saoudite et la Chine, pour amener les belligérants à la table des négociations.
Islamabad sous haute sécurité avec 10 000 policiers déployés Les autorités pakistanaises ont placé Islamabad en état d'« alerte rouge » avant l'ouverture des discussions, déployant des troupes à travers la capitale. Plusieurs axes routiers majeurs ont été fermés, tout comme les sentiers de randonnée des collines de Margalla dominant le nord de la ville. Les services de secours et les hôpitaux ont été mobilisés au niveau d'alerte maximum. Le gouvernement a décrété deux jours fériés — les jeudi 9 et vendredi 10 avril — à Islamabad et dans la ville voisine de Rawalpindi. Le lieu exact des négociations est tenu secret, décrit par The Express Tribune comme se déroulant « loin des projecteurs ». Un haut responsable pakistanais, cité par le même journal, a déclaré : „« Ce n'est pas un spectacle médiatique. L'objectif n'est pas l'image, mais les résultats. »” — Senior Pakistani official via The Express Tribune De son côté, Pakistan Today a décrit le rôle du pays comme un « cadeau empoisonné », compte tenu des enjeux colossaux liés à l'organisation de ces pourparlers.
Les frappes au Liban et la fermeture d'Ormuz pèsent sur le sommet La principale pierre d'achoppement dès l'entame des négociations concerne l'extension du cessez-le-feu au Liban. Des frappes israéliennes y ont fait plus de 300 morts et 1 000 blessés le mercredi 8 avril, selon un bilan provisoire du ministère libanais de la Santé. Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré jeudi que les « négociations [n'avaient] aucun sens » après ces bombardements, et Téhéran conditionne sa pleine participation à l'arrêt des frappes israéliennes au Liban. Si le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé avoir ordonné à son cabinet d'engager des « négociations directes » avec Beyrouth, le gouvernement libanais a répondu qu'une trêve préalable était indispensable. Le détroit d'Ormuz demeure un second point de tension : l'Iran y bloque l'essentiel du trafic et perçoit des taxes de passage. Seuls quelques navires ont pu traverser depuis l'annonce du cessez-le-feu, tandis que des centaines d'autres restent à l'arrêt. Maneli Mirkhan, conseillère en politique étrangère, a estimé sur franceinfo que « l'Iran a pris l'avantage depuis que la question du détroit d'Ormuz a émergé dans cette guerre ». La trêve visait initialement la réouverture du détroit, mais Téhéran l'aurait refermé à la suite des frappes israéliennes au Liban.
Des plans de paix divergents éloignent les positions Les deux parties abordent les discussions avec des cadres de règlement permanent radicalement opposés. L'Iran a publié un plan en 10 points incluant des propositions jugées inacceptables par Washington, comme des réparations de guerre, la levée totale des sanctions, la reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit d'Ormuz et le droit à l'enrichissement d'uranium. Les États-Unis s'appuient de leur côté sur un document en 15 points resté confidentiel. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a dû préciser que lorsque le président Donald Trump a qualifié les dix points iraniens de « base de négociation viable », il faisait référence à un tout autre document. La question du programme nucléaire iranien figure également en bonne place à l'ordre du jour, aux côtés des dossiers d'Ormuz et du Liban. Au moment de quitter Washington vendredi, JD Vance a mis l'Iran en garde contre toute tentative de « jouer » avec les États-Unis, tout en espérant des échanges productifs. „« Comme l'a dit le président des États-Unis, si... »” — JD Vance via Mediapart Des analystes cités par RFI soulignent que la présence de M. Vance — décrit comme un isolationniste convaincu ayant exprimé des doutes sur l'intervention militaire — envoie un signal délibéré de la Maison-Blanche, tant à Téhéran qu'à l'opinion publique américaine.
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Mentioned People
- JD Vance — 50. wiceprezydent Stanów Zjednoczonych
- Mohammad Bagher Ghalibaf — przewodniczący parlamentu Iranu od 2020 roku
- Abbas Araghchi — minister spraw zagranicznych Iranu od sierpnia 2024 roku
- Steve Witkoff — wysłannik Donalda Trumpa
- Jared Kushner — wysłannik Donalda Trumpa
- Benjamin Netanyahu — premier Izraela
Sources: 22 articles
- Cessez-le-feu en Iran - La délégation iranienne est arrivée au Pakistan avant les négociations avec les Etats-Unis (La Libre.be)
- Donald Trump menace de nouveaux bombardements en Iran si les négociations échouent (France 24)
- La délégation iranienne est arrivée au Pakistan avant les négociations avec les Etats-Unis (Courrier international)
- Guerre au Moyen-Orient: la délégation iranienne est arrivée au Pakistan en vue des pourparlers entre Washington et Téhéran (BFMTV)
- Guerre au Moyen-Orient - Le Pakistan affirme que l'Iran sera bien présent aux négociations (La Libre.be)
- Iran - États-Unis : des discussions fragilisées avant même leur ouverture (Franceinfo)
- Début des négociations irano-américaines sur fond de revendications divergentes, sinon inconciliables (La Libre.be)
- "Nous sommes certainement prêts à tendre la main" : à Islamabad, la fragile ouverture des négociations de paix (Le Figaro.fr)
- Pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran: le mirage d'Islamabad (Le Temps)
- Moyen-Orient: la Bourse de Paris attend les négociations au Pakistan (France 24)