Les tirs de missiles iraniens contre Ras Laffan Industrial City ont endommagé une installation centrale pour les exportations qatariennes de GNL. Doha a confirmé, le 20 mars, une baisse de capacité de 17 % pouvant durer jusqu’à cinq ans. Cette dégradation, sur fond de conflit entre Israël, les Etats-Unis et l’Iran, a ravivé les inquiétudes sur l’approvisionnement gazier mondial.

Ras Laffan lourdement touché

L’attaque contre Ras Laffan a mis hors service environ 17 % de la capacité d’exportation de GNL du Qatar, selon des informations confirmées.

Réparations estimées entre trois et cinq ans

Saad Sherida al-Kaabi a indiqué que la remise en état du complexe endommagé pourrait prendre entre trois et cinq ans.

Risque de force majeure sur les contrats

QatarEnergy pourrait invoquer la force majeure sur des contrats de long terme avec des acheteurs en Belgique, en Chine, en Italie et en Corée du Sud.

Hausse rapide des prix de l’énergie

Le Brent a gagné plus de 5 %, jusqu’à 112 à 119 dollars le baril, tandis que le gaz naturel européen a atteint 70 euros par mégawattheure.

Répercussions pour l’Europe

La possible baisse des exportations qataries de GNL accroît les inquiétudes sur la sécurité énergétique européenne, déjà fragilisée depuis 2022.

Téhéran aurait averti avant les frappes

Selon Reuters, l’Iran avait demandé à certains sites énergétiques du Golfe d’évacuer avant les attaques, ce qui suggère une démonstration de force assumée.

Les frappes de missiles menées par l’Iran en représailles contre le Ras Laffan Industrial City, au Qatar, ont provoqué des dommages qui réduiront de 17 % la capacité d’exportation de GNL du pays pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans, a confirmé le gouvernement qatari le 20 mars, selon Reuters et ANSA. Ces frappes ont été présentées comme une riposte à une attaque israélienne contre le champ gazier iranien de South Pars, dans une nouvelle aggravation de la campagne militaire menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. Les dégâts subis par Ras Laffan constituent l’une des perturbations les plus importantes ayant touché récemment les infrastructures gazières mondiales et ont provoqué de fortes tensions sur les marchés de l’énergie à l’échelle internationale. Donald Trump est intervenu directement en avertissant Israël de ne pas répéter ses frappes contre les installations énergétiques iraniennes et en menaçant l’Iran de représailles massives si le Qatar était à nouveau visé. Le ciblage réciproque d’infrastructures énergétiques civiles a suscité des condamnations dans plusieurs capitales européennes et entraîné des évaluations en urgence dans des pays dépendants des approvisionnements énergétiques en Asie comme en Europe.

17 (%) — baisse de la capacité d’exportation de GNL du Qatar pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans

Le Qatar figure parmi les plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié et Ras Laffan Industrial City constitue le centre névralgique de cette capacité d’exportation. La campagne militaire des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran, baptisée Operation Epic Fury, a commencé le 28 février 2026, à la suite de quoi Ali Khamenei a été tué dans les premières frappes. Son fils, Mojtaba Khamenei, a été nommé Guide suprême le 9 mars 2026. Le conflit s’est progressivement étendu des cibles militaires et nucléaires vers les infrastructures énergétiques, alimentant les inquiétudes des pays importateurs quant à la sécurité d’approvisionnement à long terme.

Trump met en garde Israël et menace l’Iran après les frappes sur le Qatar Donald Trump a averti Israël de ne pas répéter ses frappes contre les installations énergétiques iraniennes alors que la crise s’approfondissait, selon Reuters. Il a également adressé un avertissement à Téhéran, en menaçant de « faire exploser massivement » des champs gaziers iraniens si le Qatar était de nouveau attaqué, d’après des résultats de recherche en ligne citant Reuters. Cette intervention a marqué un moment notable de tension publique entre Washington et Jérusalem, alors même que les deux gouvernements restent alignés dans la campagne militaire plus large menée contre l’Iran. Ce double message de Donald Trump — contenir Israël tout en menaçant l’Iran — a illustré l’extrême sensibilité des infrastructures énergétiques du Golfe et leur rôle dans les marchés mondiaux. Les frappes sur Ras Laffan ont placé le Qatar, partenaire central des Etats-Unis sur le plan sécuritaire et hôte d’une importante base militaire américaine, au centre d’un conflit qu’il n’avait pas initié.

Le ministre italien de la défense critique les deux camps pour le ciblage des sites énergétiques Le ministre de la défense italien Guido Crosetto a condamné le ciblage des installations énergétiques par Israël comme par l’Iran, qualifiant ces frappes d’« erreur des deux côtés » et de « dommage pour toute une vie », selon ANSA. Guido Crosetto, qui occupe le poste de ministre italien de la défense depuis octobre 2022 dans le gouvernement Meloni, a présenté ces frappes comme une faute dont les conséquences dépasseraient la durée même du conflit. Ses propos ont reflété une inquiétude européenne plus large face à la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement énergétiques du Golfe. L’Union européenne importe des volumes significatifs de gaz en provenance du Qatar et la réduction de 17 % de la capacité d’exportation de GNL a des implications directes pour la sécurité énergétique européenne, en particulier alors que le continent s’efforce de diversifier ses approvisionnements en s’éloignant du gaz russe depuis 2022. Une analyse publiée par Reuters le 19 mars a examiné en détail la manière dont le conflit avec l’Iran affecte l’approvisionnement gazier de l’Union européenne et les mécanismes par lesquels cette perturbation pourrait s’aggraver.

Les groupes américains du GNL progressent en Bourse sur fond de risque durable Les actions des producteurs américains de GNL Cheniere et Venture Global ont fortement progressé après les attaques iraniennes contre les infrastructures gazières qatariennes, a rapporté Reuters le 19 mars. Les marchés ont interprété les dégâts subis par Ras Laffan comme un changement structurel susceptible de réorienter à long terme la demande de GNL vers les fournisseurs américains. La Corée du Sud, l’un des plus grands importateurs mondiaux de GNL, a indiqué ne pas anticiper de perturbations immédiates de l’approvisionnement en raison des dommages causés à l’installation qatarienne, selon Reuters. Un responsable iranien a affirmé séparément que le gaz naturel continuait de circuler en Iran malgré la frappe israélienne sur South Pars, a rapporté le Wall Street Journal le 20 mars. L’écart entre l’inquiétude des marchés et les assurances officielles en provenance à la fois de Téhéran et de Séoul illustre l’incertitude entourant l’ampleur réelle des dommages et le calendrier de remise en service des installations touchées.

Qatar LNG export capacity — Ras Laffan damage impact: LNG export capacity (before: Full capacity, after: Reduced by 17% for up to five years)

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