Lors de la huitième session du procès de l'« Opération Kitchen », l'ancien trésorier du Parti populaire (PP), Luis Bárcenas, a témoigné devant l'Audiencia Nacional de Madrid ce 21 avril 2026. Ses déclarations incriminent directement l'ancien président du gouvernement Mariano Rajoy, qu'il accuse d'avoir détruit des documents compromettants.

Témoignage de Luis Bárcenas

L'ex-trésorier affirme que Mariano Rajoy a personnellement détruit des preuves comptables devant lui.

Espionnage d'État

Le chauffeur Sergio Ríos aurait perçu 53 000 euros de fonds publics pour espionner la famille Bárcenas.

Action parapolicière confirmée

L'inspecteur Gonzalo Fraga confirme des manœuvres illégales du ministère de l'Intérieur pour protéger M. Rajoy.

Comparutions à venir

Mariano Rajoy et María Dolores de Cospedal sont attendus comme témoins le 23 avril.

Le procès de l'Opération Kitchen a connu un tournant lors de sa huitième audience, le 21 avril 2026, avec les témoignages de l'ancien trésorier du Parti Populaire, Luis Bárcenas, et de son épouse Rosalía Iglesias, devant l'Audiencia Nacional à Madrid. M. Bárcenas a affirmé devant la cour qu'il avait possédé trois enregistrements : le premier où il décrivait lui-même la comptabilité occulte du parti, un deuxième relatant une conversation avec l'ancien responsable du PP Javier Arenas, et un troisième captant un entretien avec l'ancien président du gouvernement Mariano Rajoy. Il a raconté que, lors de cet entretien avec M. Rajoy, il s'était rendu dans le bureau du dirigeant du parti pour lui remettre une enveloppe contenant les derniers mouvements des comptes opaques. Selon son récit, M. Rajoy aurait alors pivoté sur sa chaise pour introduire le document dans une déchiqueteuse à papier. M. Bárcenas a ajouté avoir ultérieurement chargé son épouse de demander à leur chauffeur, Sergio Ríos, de payer un codétenu afin de supprimer l'enregistrement concernant M. Rajoy d'un compte de stockage en ligne (cloud). Ces trois enregistrements ont, selon ses dires, disparu depuis lors.

Un chauffeur rémunéré plus de 53 000 euros par des fonds d'État Le témoignage de Rosalía Iglesias s'est particulièrement concentré sur Sergio Ríos, recruté comme chauffeur par le couple au début de l'année 2013 et figurant aujourd'hui parmi les prévenus de l'affaire.

„Nous parlions devant lui comme s'il était un membre de la famille à part entière” — Rosalía Iglesias via EL PAÍS

Mme Iglesias a expliqué avoir remarqué un changement notable dans le comportement de M. Ríos : il serait devenu nerveux, conduisait de manière brusque et manifestait un intérêt inhabituel pour l'identité des personnes qu'elle rencontrait. Selon le dossier d'instruction, le commissaire José Manuel Villarejo aurait recruté M. Ríos comme informateur confidentiel dans le but d'obtenir des documents sensibles que M. Bárcenas détenait sur des cadres du PP. Les investigations ont établi que M. Ríos a perçu plus de 53 000 euros, issus des fonds réservés de l'État, pour sa participation à ce stratagème. Le couple a également précisé que le chauffeur gérait des missions délicates, comme le transport de cartons de matériel que M. Bárcenas avait retirés du siège du PP, rue Génova, ou la remise de documents à son avocat de l'époque, Javier Gómez de Liaño. Ce dernier a confirmé que M. Ríos « apportait occasionnellement quelques papiers au cabinet ». Le parquet anti-corruption réclame une peine de près de 12 ans et demi de prison à l'encontre du chauffeur.

Rajoy, Cospedal et Zoido attendus à la barre jeudi L'audience a également été marquée par la déposition de l'inspecteur chef Gonzalo Fraga, de l'unité des affaires internes, qui a mené l'enquête sur l'opération Kitchen. Il a confirmé l'existence de journaux intimes, d'agendas, de fichiers audio et de messages documentant ce qu'il a qualifié d'actions parapolicières menées par la direction du ministère de l'Intérieur pour saisir des documents qui « compromettaient le président Mariano Rajoy ». M. Fraga a souligné que les carnets de l'ancien commissaire Villarejo décrivaient l'opération « en détail et avec une grande précision », notant que M. Rajoy y était désigné par les pseudonymes « l'Asturien » ou « le barbu ». L'officier de police José Manuel Benavides, secrétaire général de la Direction opérationnelle adjointe entre 2006 et septembre 2013, devait également témoigner le même après-midi. L'ancien président du gouvernement Mariano Rajoy, l'ancienne secrétaire générale du PP María Dolores de Cospedal, et l'ancien ministre de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido sont attendus comme témoins le jeudi 23 avril 2026. Leurs auditions feront suite aux allégations de M. Bárcenas affirmant que M. Rajoy avait directement connaissance du système de comptabilité parallèle du parti.

L'opération Kitchen désigne une mission clandestine présumée, menée en 2013 sous l'égide du ministère de l'Intérieur dirigé par Jorge Fernández Díaz, durant le mandat de Mariano Rajoy (président du gouvernement espagnol de 2011 à 2018). Cette opération aurait mobilisé des moyens policiers et des fonds secrets pour espionner Luis Bárcenas, trésorier du PP jusqu'en 2009, afin de récupérer des documents compromettants liés à l'affaire de corruption Gürtel. Ce vaste réseau de financement illégal lié au PP a conduit à la condamnation de nombreux responsables du parti. L'instruction du volet Kitchen a été clôturée par le juge Manuel García-Castellón, qui a choisi d'écarter María Dolores de Cospedal des poursuites, une décision qui a suscité des critiques.

Un notaire blanchi après l'abandon des poursuites à Minorque Cette huitième séance a vu comparaître le notaire Alberto Vela Rubio-Navarro. Il était initialement soupçonné d'avoir alerté l'ancien secrétaire d'État à la Sécurité, Francisco Martínez, qu'il faisait l'objet d'une enquête liée à l'affaire Kitchen. Le juge de Mahón à Minorque, Daniel García del Mar, a prononcé un non-lieu à son égard — une décision ayant autorité de chose jugée — après que le magistrat local et le parquet ont rejeté le raisonnement du juge de l'Audiencia Nacional, Manuel García Castellón. Ce dernier avait renvoyé le dossier aux tribunaux des Baléares, estimant qu'il existait des indices suffisants de violation de secret. La présence du notaire en tant que simple témoin découle donc de cette procédure antérieure. Cette session a illustré l'ampleur de l'affaire Kitchen, mêlant hauts fonctionnaires de l'Intérieur, commandants de police, informateurs et figures de proue du Parti Populaire sous l'ère Rajoy.

Mentioned People

  • Mariano Rajoy — Registrator nieruchomości i były premier Hiszpanii w latach 2011–2018
  • Luis Bárcenas — Przedsiębiorca i były polityk, który pełnił funkcję zarządcy i skarbnika Partii Ludowej
  • Rosalía Iglesias — Żona Luisa Bárcenasa i świadek w procesie dotyczącym Operacji Kitchen
  • Sergio Ríos — Były kierowca Luisa Bárcenasa i domniemany informator policyjny
  • Jorge Fernández Díaz — Były hiszpański polityk Partii Ludowej i minister spraw wewnętrznych
  • José Manuel Villarejo — Były komisarz policji, rzekomo odpowiedzialny za zrekrutowanie informatora
  • María Dolores de Cospedal — Prokurator państwowa i była polityk, pełniąca funkcję ministra obrony oraz sekretarz generalnej PP
  • Juan Ignacio Zoido — Sędzia i polityk, który piastował urząd ministra spraw wewnętrznych do czerwca 2018 roku
  • Francisco Martínez Vázquez — Były sekretarz stanu ds. bezpieczeństwa
  • Alberto Vela Rubio-Navarro — Notariusz zeznający w charakterze świadka w sprawie potencjalnego przecieku informacji

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