L'ancien trésorier du Parti populaire, Luis Bárcenas, a témoigné durant plus de cinq heures lundi devant l'Audience nationale. Il a formellement identifié l'ancien président du gouvernement Mariano Rajoy comme étant le destinataire de fonds occultes mentionnés sous les initiales « M.R. » dans la comptabilité parallèle de la formation de centre droit.

Identification de Mariano Rajoy

Bárcenas confirme que les initiales « M.R. » dans la comptabilité occulte désignent bien l'ancien président du gouvernement.

Enregistrements présumés

L'ex-trésorier affirme détenir des preuves audio de Rajoy détruisant des documents à la déchiqueteuse.

Témoignage de Rosalía Iglesias

L'épouse de Bárcenas a détaillé la surveillance suspecte opérée par leur chauffeur, payé par des fonds réservés de l'État.

Réaction du Parti populaire

La direction actuelle se distancie des faits, invoquant l'ancienneté des événements et son respect pour l'indépendance judiciaire.

Luis Bárcenas, ancien trésorier du Parti populaire, a déposé lundi un témoignage de plus de cinq heures devant l'Audience nationale à San Fernando de Henares. Il a confirmé que les initiales « M.R. » figurant dans les documents de la comptabilité occulte du parti correspondent bien à l'ancien président du gouvernement Mariano Rajoy. M. Bárcenas a également révélé qu'il aurait enregistré M. Rajoy alors que ce dernier utilisait une déchiqueteuse pour détruire des documents confidentiels liés au fonds d'origine illicite du parti, surnommé la « comptabilité B ». Ce témoignage intervient lors de la troisième semaine du procès de l'opération Kitchen, qui examine si de hauts responsables du ministère de l'Intérieur sous le mandat de M. Rajoy ont dirigé une opération illégale de surveillance et de vol de documents visant M. Bárcenas et sa famille. L'ancien trésorier a déclaré posséder trois enregistrements spécifiques : l'un où il explique lui-même la comptabilité occulte, un court passage impliquant Mariano Rajoy, et un troisième concernant Javier Arenas, qu'il a décrit comme « un bon ami ».

M. Bárcenas admet avoir ordonné la destruction d'audio depuis la prison M. Bárcenas a déclaré à la cour qu'en 2013, alors qu'il était en détention provisoire dans le cadre de l'affaire Gürtel, il avait chargé un codétenu de supprimer des enregistrements audio « liés » à « M.R. ». Les avocats de la défense ont souligné ce qu'ils considèrent comme des contradictions dans son témoignage, notant que M. Bárcenas avait nié l'existence de tout enregistrement lors de précédentes déclarations judiciaires. L'intéressé a reconnu qu'à une période où ses relations avec le PP traversaient une phase de conciliation, il avait choisi de ne pas divulguer ces éléments. Il a expliqué que la rupture totale de ses liens avec le parti, cumulée à l'incarcération ultérieure de son épouse, l'avait poussé à changer de stratégie. Esteban Urreiztieta, directeur adjoint d'El Mundo, a affirmé sur LaSexta qu'il existerait des indices probants suggérant que des tiers détiennent encore l'audio de M. Rajoy recevant des fonds occultes, citant des références lors de conversations interceptées entre des commandants de police. Selon M. Urreiztieta, M. Bárcenas a lui-même mis au défi les responsables policiers qu'il accuse d'avoir saisi ce matériel de le produire publiquement.

Rosalía Iglesias décrit le comportement suspect de son chauffeur Rosalía Iglesias, l'épouse de Luis Bárcenas, a témoigné à la suite de son mari pour décrire le sentiment de surveillance constante ressenti dès l'incarcération de ce dernier le 27 juin 2013. Elle a affirmé que le chauffeur de la famille à l'époque, Sergio Ríos — accusé d'avoir espionné les Bárcenas en échange de fonds réservés de l'État —, avait radicalement changé d'attitude après l'emprisonnement de son époux. Mme Iglesias a précisé à la cour que M. Ríos, autrefois considéré comme « un membre de la famille », s'était montré nerveux et avait adopté une conduite erratique. À plusieurs reprises, lors de visites à la prison de Soto del Real, elle a constaté que le chauffeur n'était pas au rendez-vous, sans fournir d'explication cohérente. Elle a également noté son intérêt inhabituel pour ses rencontres personnelles. Mme Iglesias a déclaré que son mari l'avait informée de l'existence des enregistrements de MM. Rajoy et Arenas, tout en précisant ne jamais les avoir écoutés. „Je ne les ai ni entendus ni connus personnellement. Mon mari, dans son souci de me protéger — bien que j'ignore s'il m'a réellement protégée —, ne me l'aurait jamais dit, et je ne suis pas non plus du genre à poser beaucoup de questions.” — Rosalía Iglesias via RTVE.es

La direction du PP invoque des événements datant de « quatre législatures » Miguel Tellado, actuel secrétaire général du Parti populaire, a rapidement cherché à distancer la direction actuelle des faits examinés par la justice, affirmant à la presse qu'il n'avait pas connaissance des agissements du gouvernement Rajoy, l'équipe actuelle n'étant pas « présente » à l'époque. M. Tellado a souligné que le PP d'Alberto Núñez Feijóo respecte le travail des magistrats. Il a refusé de commenter le fond du témoignage de M. Bárcenas, réitérant une formule déjà employée par le passé : „Sánchez n'est pas Filesa, et Feijóo n'est pas Kitchen.” — Miguel Tellado via LaSexta M. Tellado a assuré qu'aucun représentant du PP ne serait surpris à « insulter, diffamer ou remettre en question » le travail des juges. Les commentaires des médias espagnols ont souligné la portée politique de l'affaire : l'éditorialiste de l'ABC Juan Soto Ivars, lors de l'émission Espejo Público, a décrit le dossier comme une illustration du « degré de patrimonialisation de l'État par les partis politiques », ajoutant que les faits étaient si surprenants que « si on lisait cela dans un roman, on n'y croirait pas ».

Le procès de l'opération Kitchen porte sur des faits survenus principalement entre 2013 et 2015, période durant laquelle Luis Bárcenas était en détention provisoire pour l'affaire de corruption Gürtel. Selon les registres publics, M. Bárcenas a été gérant du Parti populaire entre 1990 et 2008, puis trésorier jusqu'en 2009. L'affaire Gürtel, menée parallèlement à l'enquête Kitchen, portait sur un réseau d'entreprises soupçonnées d'avoir obtenu des contrats publics en échange de versements illégaux au PP. L'enquête Kitchen se concentre sur les soupçons pesant sur de hauts responsables du ministère de l'Intérieur qui auraient mobilisé des ressources policières pour soustraire à M. Bárcenas des documents et des enregistrements pouvant compromettre les dirigeants du parti.

Mentioned People

  • Luis Bárcenas — Przedsiębiorca i były polityk, który pełnił funkcję zarządcy i skarbnika Partii Ludowej
  • Mariano Rajoy — Rejestrator nieruchomości i były polityk, który pełnił funkcję premiera Hiszpanii w latach 2011–2018
  • Miguel Tellado — Hiszpański polityk i obecny sekretarz generalny Partii Ludowej
  • Javier Arenas — Były wysoki urzędnik Partii Ludowej i były wicepremier Hiszpanii
  • Rosalía Iglesias — Żona Luisa Bárcenasa i świadek w procesie dotyczącym operacji Kitchen
  • Sergio Ríos — Były kierowca rodziny Bárcenas oskarżony o szpiegowanie na rzecz Ministerstwa Spraw Wewnętrznych
  • Alberto Núñez Feijóo — Obecny lider Partii Ludowej i były prezydent wspólnoty autonomicznej Galicja

Sources: 40 articles