Amazon a annoncé mardi l'acquisition du fournisseur de services par satellite Globalstar pour un montant de 11,57 milliards de dollars. Cette opération marque l'offensive la plus importante du géant de l'e-commerce pour défier la domination de Starlink, le service d'Elon Musk, sur le marché de l'internet spatial.
Acquisition majeure de 11,57 milliards de dollars
Amazon rachète Globalstar pour renforcer sa stratégie d'interconnexion par satellite et concurrencer Starlink.
Maintien du partenariat stratégique avec Apple
Amazon et Apple continueront d'assurer les services de sécurité par satellite pour les utilisateurs d'iPhone et d'Apple Watch.
Retard de déploiement persistant
Avec seulement 243 satellites en orbite sur un objectif de 3 236, Amazon accuse un retard structurel massif par rapport aux 10 000 satellites de SpaceX.
Amazon a annoncé mardi son intention d'acquérir Globalstar dans le cadre d'une transaction de 11,57 milliards de dollars, marquant l'initiative la plus audacieuse de l'entreprise à ce jour pour concurrencer le service dominant de SpaceX, Starlink. Selon les termes de l'accord, les actionnaires de Globalstar pourront choisir de recevoir soit 90 dollars en numéraire, soit 0,3210 action ordinaire d'Amazon pour chaque action détenue. Cette acquisition permet à Amazon d'accéder au réseau de Globalstar, composé d'environ deux douzaines de satellites actuellement en orbite terrestre basse, ainsi qu'au spectre radioélectrique sous licence de l'entreprise — une ressource que les analystes jugent stratégiquement plus précieuse que les satellites eux-mêmes. L'accord est soumis à l'approbation des autorités de régulation et devrait être conclu en 2027, sous réserve également que Globalstar atteigne des étapes spécifiques en matière de déploiement de satellites. À la suite de cette annonce, l'action Globalstar a progressé de plus de 9 % lors des échanges avant-Bourse, tandis que le titre Amazon a gagné environ 1 %.
11.57 (milliards USD) — Prix d'acquisition de Globalstar par Amazon
Fondée en 1991, Globalstar est une entreprise de télécommunications basée en Louisiane qui exploite des réseaux de satellites en orbite basse. Amazon a lancé son projet d'internet par satellite en 2019 sous le nom de code Project Kuiper, rebaptisé Amazon Leo en novembre 2025. Apple a investi environ 1,5 milliard de dollars dans Globalstar, acquérant environ 20 % de la société, et s'appuie sur son réseau pour alimenter la fonction SOS d'urgence sur les iPhone et Apple Watch.
Le partenariat avec Apple maintenu après le rachat de Globalstar Dans une démarche parallèle annoncée conjointement à l'acquisition, Amazon et Apple ont signé un accord pour continuer à assurer les fonctions de sécurité par satellite — incluant « SOS d'urgence » et « Localiser » — pour les utilisateurs d'iPhone et d'Apple Watch. Globalstar constituait déjà le pilier technologique de la capacité satellitaire d'Apple, faisant de cette relation un élément central de la valeur stratégique de l'opération. Amazon n'a pas souhaité divulguer les conditions financières de son partenariat avec Apple. Panos Panay, vice-président senior des terminaux et services chez Amazon, a déclaré dans un communiqué que cet accord permettrait aux clients de bénéficier d'un service plus rapide et plus fiable dans un plus grand nombre de zones géographiques. „En rejoignant Amazon, les deux entreprises feront progresser l'innovation en matière de connectivité numérique” — Paul Jacobs via The New York Times Amazon a précisé qu'elle prévoyait d'utiliser son infrastructure satellitaire élargie pour proposer des services de voix, de données et de messagerie à partir de 2028.
Le retard de déploiement face à Starlink reste un problème structurel Malgré cette acquisition, les analystes préviennent que le défi fondamental d'Amazon — la vitesse à laquelle l'entreprise peut déployer ses satellites — demeure entier. Amazon a déployé 243 (satellites) — satellites Amazon Leo actuellement en orbite sur les 3 236 prévus par rapport à l'objectif initial de 3 236 satellites fixé lors du lancement du projet en 2019. En comparaison, Starlink de SpaceX exploite un réseau d'environ 10 000 satellites et sert plus de 9 millions d'utilisateurs dans le monde. Amazon a déjà sollicité auprès de la Federal Communications Commission une extension de deux ans pour l'échéance de juillet 2026, date à laquelle elle doit avoir déployé environ la moitié de sa constellation prévue ; la FCC ne s'est pas encore prononcée sur cette demande. Le président de la FCC, Brendan Carr, a critiqué le rythme de déploiement d'Amazon le mois dernier, bien qu'il ait déclaré à CNBC mardi que l'agence abordait l'acquisition de Globalstar avec « beaucoup d'ouverture d'esprit ». La pénurie de lancements de fusées disponibles a même contraint Amazon à utiliser les fusées Falcon 9 de son rival SpaceX pour certains de ses propres déploiements vers l'orbite.
Le New Glenn de Blue Origin n'a pas encore atteint le rythme nécessaire La réponse à long terme d'Amazon face aux difficultés de lancement pourrait reposer sur Blue Origin, la société spatiale fondée par Jeff Bezos, fondateur et président exécutif d'Amazon, qui développe la fusée lourde New Glenn. Celle-ci a effectué son vol inaugural en janvier 2025 et poursuit ses essais, mais elle n'a pas encore atteint la cadence de lancement nécessaire pour soutenir le déploiement des satellites d'Amazon à grande échelle. Cette dépendance vis-à-vis de prestataires externes, y compris SpaceX, limite la rapidité avec laquelle Amazon peut combler son retard sur Starlink. L'intérêt de Globalstar pour Amazon réside moins dans sa modeste flotte que dans son spectre de fréquences sous licence. Il s'agit d'une plage spécifique de fréquences radio attribuée exclusivement à Globalstar, réduisant les interférences et offrant à Amazon un point d'entrée dans la connectivité directe vers les smartphones, un domaine que Starlink tente de développer via des partenariats télécoms. „Tant qu'Amazon ne résoudra pas la question de la vitesse de déploiement et de l'accès aux lancements, l'écart restera structurel et non seulement numérique” — Gregory Radisic via Reuters Amazon prévoit de déployer environ 3 200 satellites en orbite basse d'ici 2029, la constellation complète de 3 236 unités restant l’objectif fixé lors de l’annonce du projet.
Mentioned People
- Panos Panay — Starszy wiceprezes Amazon ds. urządzeń i usług, kierujący działem elektroniki użytkowej, w tym markami Alexa i Kindle.
- Jeff Bezos — Założyciel i prezes wykonawczy Amazon.
Sources: 38 articles
- Amazon met la main sur Globalstar pour rattraper Starlink dans les communications Internet par satellite (Le Monde.fr)
- Opinion | The Wireless Space Wars Get Interesting (The Wall Street Journal)
- Amazon's $11.6 Billion Globalstar Deal Amps Up Rivalry With Musk (Bloomberg Business)
- Amazon to spend $11bn on satellite firm in growing Starlink rivalry (BBC)
- Amazon to merge with Globalstar, become iPhone's primary satellite provider (Ars Technica)
- Amazon quiere dar caza a Starlink donde más le duele: comprando el "caramelito" de Globalstar por 9.000 millones de dólares (Xataka)
- Amazon Enters Starlink's Orbit With $11.6 Billion Satellite Deal (Bloomberg Business)
- En rachetant Globalstar, Amazon se relance face à SpaceX dans l'internet spatial (Le Figaro.fr)
- Amazon's $11.6 billion Globalstar deal will not fix rocket launch bottleneck, analysts say (Reuters)
- Amazon Buys Globalstar for $10.8 Billion, Movingto Expand Its Satellite Internet Service (The New York Times)