Le chancelier Friedrich Merz et le président syrien Ahmed al-Sharaa ont conclu un plan d'action bilatéral lors d'une rencontre à Berlin le lundi 30 mars 2026. Ce projet ambitionne le retour en Syrie de 80 % des ressortissants vivant actuellement en Allemagne, soit environ 740 000 personnes sur trois ans.

Objectif de rapatriement massif

Le président syrien al-Sharaa vise le retour de 80 % des 930 000 Syriens d'Allemagne en trois ans, un chiffre soutenu par le gouvernement Merz.

Plan d'action bilatéral

Berlin et Damas s'engagent à améliorer les procédures d'expulsion des délinquants et à favoriser les retours volontaires sans fixer de quotas contraignants par écrit.

Évolution diplomatique

Le ministre Johann Wadephul confirme ce changement de ligne, malgré ses réserves passées sur l'état de destruction de la Syrie.

Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président syrien Ahmed al-Sharaa se sont mis d'accord sur un plan d'action conjoint pour la coopération bilatérale lors d'une réunion à Berlin le lundi 30 mars 2026. M. Merz a relayé publiquement l'objectif affiché par M. al-Sharaa : qu'environ 80 % des plus de 900 000 Syriens résidant actuellement en Allemagne retournent dans leur pays d'origine d'ici trois ans. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a confirmé mardi que ce chiffre représentait la politique officielle du gouvernement, soutenant la position de M. Merz lors d'une visite à Kiev. Le plan d'action conjoint, publié mardi, ne contient aucun chiffre de retour spécifique, mais engage les deux gouvernements à renforcer les procédures de rapatriement et à promouvoir les retours volontaires. Selon les données du Registre central des étrangers, environ 930 000 ressortissants syriens vivent actuellement en Allemagne.

Depuis Kiev, Wadephul confirme l'objectif de 80 % de retours S'exprimant à Kiev mardi, lorsqu'il lui a été demandé directement si l'objectif du gouvernement fédéral était le retour de 80 % des Syriens, M. Wadephul n'a laissé planer aucune ambiguïté. „Ce que dit le chancelier est, bien entendu, l'objectif du gouvernement fédéral” — Johann Wadephul via N-tv. M. Wadephul a également souligné que le gouvernement est déterminé à expulser ceux qui ont, selon ses termes, perdu leur droit à l'hospitalité en Allemagne, décrivant cela comme le message central de la rencontre de lundi avec M. al-Sharaa. Il a ajouté que des efforts sont en cours pour faire de la Syrie un pays où l'on peut vivre en sécurité avec des perspectives économiques, ce qui devrait naturellement encourager les Syriens à rentrer pour participer à la reconstruction de leur pays. Cette déclaration marque un tournant par rapport à la position adoptée par le ministre en novembre 2025 ; après une visite en Syrie, il avait alors jugé difficile d'envisager des retours massifs compte tenu de l'ampleur des destructions. Ce commentaire initial avait suscité un débat au sein de l'union CDU/CSU à l'époque.

Merz précise : le chiffre de 80 % provient d'al-Sharaa Face aux critiques, Friedrich Merz a explicitement précisé mardi que le chiffre de 80 % émanait du président de la transition syrienne et non de Berlin. „Nous avons pris note de ce chiffre, mais nous sommes conscients de l'ampleur de la tâche” — Friedrich Merz via stern.de. Des cercles gouvernementaux allemands ont déclaré mardi que le retour des Syriens ayant fui la guerre civile pour reconstruire leur pays constituait « fondamentalement une bonne nouvelle », qualifiant la rencontre de lundi de « signal important ». Les autorités ont également établi une distinction entre deux volets : l'expulsion rapide et continue des criminels syriens, et la question plus large de la reconstruction et du retour volontaire. Le plan d'action engage les deux parties à renforcer des « procédures de rapatriement fiables et efficaces » pour les ressortissants syriens sans droit de séjour en Allemagne, tout en encourageant un « retour volontaire et progressif ». Le gouvernement syrien a, de son côté, profité de la rencontre pour appeler aux investissements dans la reconstruction du pays.

Un cadre de coopération sans objectifs contraignants Le plan d'action conjoint établi à Berlin fixe un cadre pour la coopération future mais évite délibérément de fixer des objectifs chiffrés contraignants en matière de retour. La guerre civile syrienne, débutée en 2011, a provoqué l'une des plus grandes crises de déplacement de l'histoire moderne. Le gouvernement de Bachar al-Assad a été renversé en décembre 2024, et Ahmed al-Sharaa — précédemment connu sous le nom de guerre d'Abou Mohammad al-Joulani — dirige le gouvernement de transition syrien depuis début 2025. L'Allemagne est devenue l'une des principales destinations des réfugiés syriens, et la question des retours demeure un sujet politiquement sensible en Allemagne. Le document se concentre sur deux piliers : le renforcement des procédures de renvoi pour les Syriens n'ayant aucun droit légal de rester, et l'incitation au retour progressif pour les volontaires. Aucun calendrier ni mécanisme d'application pour l'objectif des 80 % ne figure dans le texte officiel. Mardi, Berlin a veillé à présenter cet objectif comme une aspiration plutôt qu'une obligation. Le gouvernement de transition à Damas a un intérêt manifeste à attirer les rapatriés et les investissements étrangers, ce qui incite politiquement M. al-Sharaa à l'optimisme. L'écart entre les ambitions affichées lors de la conférence de presse et la prudence du plan d’action reflète la complexité de la gestion des attentes pour les deux pays.

Mentioned People

  • Friedrich Merz — 10. Kanclerz Republiki Federalnej Niemiec
  • Ahmed al-Szara — Prezydent Syrii od 2025 roku
  • Johann Wadephul — Federalny Minister Spraw Zagranicznych w gabinecie Merza

Sources: 3 articles