Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mercredi Tariq Ramadan à 18 ans de prison pour le viol de trois femmes. Le jugement a été rendu par défaut, à huis clos, à l’issue d’un procès de trois semaines auquel l’islamologue suisse n’a pas assisté. La cour a aussi prononcé une interdiction définitive d’entrer en France après sa peine.

Condamnation à 18 ans

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Tariq Ramadan à 18 ans de prison pour le viol de trois femmes, pour des faits commis entre 2009 et 2016.

Peine assortie d’interdictions

La cour a prononcé une interdiction définitive d’entrer en France après la peine, huit ans de suivi judiciaire et des interdictions de contact et de publication.

Débats tenus sans l’accusé

Le procès s’est déroulé à huis clos et en l’absence de Ramadan, dont la défense invoquait son état de santé tandis que deux experts le jugeaient apte.

Une exécution encore incertaine

Un mandat d’arrêt international a été émis, mais l’exécution de la peine dépend de l’arrestation de Ramadan en France, la Suisse n’extradant pas ses ressortissants.

Un dossier déjà jugé en Suisse

Ramadan avait déjà été condamné en août 2024 à Genève, puis sa condamnation avait été confirmée par le Tribunal fédéral suisse à l’été 2025.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mercredi Tariq Ramadan, islamologue suisse, à 18 ans de prison pour le viol de trois femmes, en rendant sa décision par défaut et à huis clos après un procès de trois semaines auquel Ramadan n’a pas assisté. La présidente, Corinne Goetzmann, a déclaré le prévenu, âgé de 63 ans, coupable de viol et de viol sur personne vulnérable pour des faits commis entre 2009 et 2016. La cour a également prononcé une interdiction définitive d’entrer sur le territoire français une fois sa peine purgée, l’a placé sous suivi judiciaire pendant huit ans et lui a interdit tout contact avec les victimes ainsi que la diffusion d’ouvrages ou de prises de parole publiques en lien avec les infractions. Un mandat d’arrêt international a été délivré, la peine ne pouvant être exécutée qu’après l’arrestation de Ramadan sur le sol français.

Les avocats quittent l’audience et dénoncent une « parodie de justice »Les quatre avocats de Ramadan ont quitté la salle d’audience pendant la procédure, dénonçant ce qu’ils ont présenté comme un déni de justice. La défense soutenait que Ramadan ne pouvait pas comparaître parce qu’il était hospitalisé à Genève en raison d’une aggravation de sa sclérose en plaques. Deux experts médicaux désignés par le tribunal ont toutefois certifié que son état de santé était stable et qu’il était apte à être jugé, ce qui a conduit la juge Goetzmann à ordonner la poursuite des débats sans lui. Ramadan ne s’était par ailleurs pas conformé à l’obligation de rester dans l’agglomération parisienne et se trouverait en Suisse. L’un de ses avocats, Ouadie Elhamamouchi, a vivement réagi à l’issue du procès.„Le procès se termine comme il a commencé : une farce. Les faits étant extrêmement contestés, la sévérité de la peine, assortie d’une interdiction définitive du territoire français, traduit une traque implacable de Tariq Ramadan.” (Le procès se termine comme il a commencé : une farce. Les faits étant extrêmement contestés, la sévérité de la peine, assortie d’une interdiction définitive du territoire français, traduit une traque implacable de Tariq Ramadan.) — Ouadie Elhamamouchi via AFPLa Suisse n’extradant pas ses propres ressortissants vers d’autres pays, la manière dont la peine sera exécutée demeure incertaine, selon Deutsche Welle.

Les victimes décrivent un consentement devenu violent, un nom publié malgré l’interdictionEn exposant les motifs de sa décision, la juge Goetzmann a relevé que, lors des investigations et des audiences, les victimes avaient décrit des relations sexuelles initialement consenties puis devenues violentes. La première affaire concernait un viol avec violence sur personne vulnérable commis à Lyon en octobre 2009, lorsqu’une femme avait rencontré Ramadan dans le bar d’un hôtel après l’une de ses conférences et avait été attirée dans sa chambre. La deuxième affaire concernait un viol en 2012 à Paris contre une ancienne salafiste devenue militante laïque, Henda Ayari, qui a déposé plainte en octobre 2017 et qui, selon la Frankfurter Allgemeine, a déclenché un moment de type MeToo parmi de jeunes femmes musulmanes. Une troisième affaire concernait une autre femme et des faits remontant à 2016. Dans une autre procédure, Ramadan a été condamné à une amende après que son livre « Duty to Truth » a révélé le vrai nom de Christelle à 84 reprises malgré une interdiction judiciaire. Le procès s’est tenu à huis clos en partie parce qu’une victime, apparue sous le pseudonyme de Christelle, craignait des menaces et des attaques de la part des soutiens de Ramadan.„Le consentement à des actes sexuels ne signifie pas que l’on consent à tout acte sexuel, quelle qu’en soit la nature.” — Corinne Goetzmann via SWI swissinfo.ch

Une condamnation suisse est déjà inscrite au dossier, l’extradition bloquée par la nationalitéLe verdict parisien n’est pas la première condamnation pénale de Ramadan. Une cour cantonale de Genève l’a déclaré coupable en août 2024 du viol et de la contrainte sexuelle d’une femme qu’il avait rencontrée en octobre 2008 dans un hôtel genevois, et l’a condamné à trois ans de prison, dont un an avec sursis. À l’été 2025, le Tribunal fédéral suisse a rejeté son recours contre cette décision. Ramadan était en congé de son poste de professeur de sciences islamiques contemporaines à l’université d’Oxford depuis la fin de 2017, lorsque les accusations d’agression sexuelle avaient été rendues publiques pour la première fois. Il est le petit-fils, né à Genève, de Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans en Égypte. Ramadan a constamment nié l’ensemble des accusations et s’est présenté, selon ses propres termes, comme le « Dreyfus » de son époque, accusant les autorités françaises d’islamophobie.Dates clés dans les affaires Tariq Ramadan: — ; — ; — ; — ; — ; — ; — ; — 18 (years) — Peine de prison prononcée par le tribunal correctionnel de ParisL’affaire Ramadan est devenue l’une des procédures pénales les plus médiatisées issues de la vague mondiale d’accusations d’agressions sexuelles qui a pris de l’ampleur après 2017. La plainte déposée par Henda Ayari en octobre 2017 a été parmi les premières à viser une figure musulmane de premier plan en France et a poussé d’autres femmes à parler. Ramadan a pendant des années été un conférencier apprécié dans les communautés musulmanes issues de l’immigration en France, en particulier parmi les jeunes des banlieues, et a occupé des postes universitaires à l’université d’Oxford ainsi que des fonctions de passage dans des universités du Qatar et du Maroc. Son grand-père, Hassan al-Banna, a fondé les Frères musulmans en Égypte dans les années 1920, une organisation devenue l’un des mouvements islamistes les plus influents dans le monde. Ramadan a passé dix mois en détention provisoire en France avant d’être remis en liberté.

Mentioned People

  • Tariq Ramadan — Szwajcarski muzułmański wykładowca, filozof i pisarz, profesor współczesnych studiów nad islamem na Uniwersytecie Oksfordzkim
  • Corinne Goetzmann — Przewodnicząca składu sędziowskiego sądu karnego w Paryżu
  • Henda Ayari — Była salafitka i świecka aktywistka, która złożyła pierwsze zawiadomienie o przestępstwie w 2017 roku
  • Hassan al-Banna — Egipski nauczyciel i imam, najbardziej znany jako założyciel Bractwa Muzułmańskiego
  • Ouadie Elhamamouchi — Adwokat reprezentujący Tariqa Ramadana

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