Le président Donald Trump a fixé une échéance à mardi 20 h 00 (heure de l'Est des États-Unis) pour la réouverture du détroit d'Ormuz. Si Téhéran ne s'y conforme pas, Washington menace de détruire l'intégralité des infrastructures énergétiques et de transport du pays. Lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche lundi, le président américain a affirmé qu'une offensive de quatre heures pourrait entraîner la « destruction totale » de l'Iran.

Ultimatum américain

Donald Trump menace l'Iran de détruire ses infrastructures civiles et énergétiques si le détroit d'Ormuz n'est pas rouvert d'ici mardi soir.

Mobilisation iranienne

Téhéran rejette le cessez-le-feu et mobilise 14 millions de citoyens pour protéger les installations électriques par des boucliers humains.

Pressions politiques internes

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth fait face à une menace de destitution suite à l'intensification des frappes aériennes.

Mises en garde internationales

L'ONU et la France alertent sur le risque de crimes de guerre et les conséquences désastreuses pour l'économie mondiale.

Donald Trump a adressé une mise en demeure à l'Iran pour que soit rétablie la circulation dans le détroit d'Ormuz d'ici mardi soir. En cas de refus, il menace de viser l'ensemble des ponts, centrales électriques, puits de pétrole et usines de dessalement iraniens. Affirmant que les États-Unis pourraient provoquer une « destruction totale » en l'espace de quatre heures, Donald Trump a déclaré lors d'une conférence de presse lundi : « Le pays entier peut être rayé de la carte en une nuit, et cette nuit pourrait être demain. » Interrogé sur la conformité de telles frappes contre des installations énergétiques avec le droit de la guerre, le président a balayé l'objection. Relancé sur le sujet, il a qualifié les dirigeants iraniens d'« animaux », estimant que le véritable crime de guerre consistait à laisser l'Iran détenir l'arme nucléaire. Ces menaces ont suscité des condamnations immédiates de la part des Nations unies, d'experts juridiques et d'élus des deux bords politiques américains.

„« Vous savez ce qui est un crime de guerre ? Le crime de guerre, c'est de permettre à l'Iran de posséder une arme nucléaire. »” — Donald Trump via The Independent

Le conflit actuel opposant les États-Unis et Israël à l'Iran a débuté le 28 février 2026. Les forces américaines et israéliennes ont alors lancé des frappes coordonnées, marquant le début de l'opération « Epic Fury ». En représailles, l'Iran a bloqué le transit maritime dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitent habituellement 20 % du pétrole mondial, provoquant une envolée des prix et une déstabilisation des marchés financiers. Alors que le conflit entre dans son deuxième mois, Donald Trump accroît la pression sur Téhéran, menaçant notamment l'île de Kharg, centre névralgique des exportations pétrolières iraniennes.

L'Iran mobilise sa population face aux menaces sur ses infrastructures Téhéran a rejeté une proposition de cessez-le-feu médiatisée par le Pakistan, l'Égypte et la Turquie, soumettant une contre-proposition en 10 points exigeant une fin définitive des hostilités. Si Donald Trump a pris acte de ce document, il l'a jugé « insuffisant ». De son côté, le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé sur le réseau social X que plus de 14 millions d'Iraniens s'étaient déclarés prêts au sacrifice pour défendre la nation. Les autorités ont appelé les jeunes, les sportifs, les artistes et les étudiants à former des chaînes humaines autour des centrales électriques. Alireza Rahimi, secrétaire du Conseil supérieur de la jeunesse et des adolescents, a diffusé un appel vidéo présentant ces installations comme un patrimoine national appartenant à la jeunesse. En parallèle, l'armée israélienne a publié une mise en garde en persan sur les réseaux sociaux, conseillant aux civils d'éviter les voyages en train dans tout le pays jusqu'à mardi 21 h 00 (heure locale), précisant que la présence sur les voies ferrées mettrait leur vie en péril.

„« Les centrales électriques, qui constituent nos actifs et notre capital national, appartiennent au futur de l'Iran et à sa jeunesse, par-delà les sensibilités ou les opinions politiques. »” — Alireza Rahimi via The Independent

Des experts et des responsables internationaux ont averti que les frappes annoncées constitueraient vraisemblablement des violations du droit international humanitaire. Par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a rappelé que même si une infrastructure civile peut dans certains cas être classée comme objectif militaire, une attaque est interdite si elle entraîne des dommages collatéraux excessifs sur les civils. Sur France Info, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que cibler des infrastructures civiles et énergétiques « est interdit par les lois de la guerre ». Il a prévenu que cela entraînerait un cycle d'escalade préjudiciable à l'économie mondiale. Rachel VanLandingham, professeure de droit et ancienne conseillère juridique de l'armée de l'air américaine, a souligné les risques de décès civils massifs en cas de rupture de l'alimentation électrique des hôpitaux et des usines de traitement des eaux. À titre d'exemple, la centrale à gaz de Damavand alimente une zone urbaine de 15 millions de personnes, selon les données publiées par Die Welt et Zeit Online. Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon a également exhorté Donald Trump à la retenue, qualifiant d'« inacceptables » les bombardements visant des ponts ou des réservoirs.

„« Cela déclencherait sans nul doute une nouvelle phase d'escalade et de représailles, entraînant la région et l'économie mondiale dans un cercle vicieux inquiétant et, surtout, très dommageable pour nos intérêts. »” — Jean-Noël Barrot via The Independent

Pete Hegseth visé par une procédure de destitution Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, présent aux côtés de Donald Trump lors de la conférence de presse, a annoncé que la journée de lundi connaîtrait le plus grand volume de frappes jamais enregistré sur l'Iran. La représentante démocrate Yassamin Ansari a annoncé son intention de déposer une motion de destitution (articles of impeachment) contre M. Hegseth, l'accusant de complicité dans une guerre qu'elle juge illégale. Elle a également appelé à invoquer le 25e amendement. À droite, la représentante républicaine Marjorie Taylor Greene a aussi critiqué ces menaces sur X, estimant que frapper des infrastructures « nuit au peuple iranien » et qualifiant ces avertissements d'« odieux ». Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat, a accusé Donald Trump de menacer de commettre des crimes de guerre tout en s'aliénant ses alliés. Sur le terrain, les forces israéliennes ont mené des raids nocturnes sur Téhéran et bombardé une usine pétrochimique à Chiraz, identifiée comme un site de production d'acide nitrique pour explosifs. Selon le quotidien The Guardian, une frappe américano-israélienne sur un immeuble résidentiel au sud de Téhéran aurait fait au moins 13 morts lundi.

„« Trump engage une escalade dans une guerre illégale et dévastatrice, menaçant de crimes de guerre massifs contre des infrastructures civiles. Ces dernières 48 heures, sa rhétorique a franchi toutes les limites. Pete Hegseth est complice. »” — Yassamin Ansari via The Independent

20 (%) — Proportion de l'approvisionnement pétrolier mondial transitant par le détroit d'Ormuz

Mentioned People

  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
  • Stéphane Dujarric — Rzecznik Sekretarza Generalnego Organizacji Narodów Zjednoczonych
  • Jean-Noël Barrot — Francuski minister spraw zagranicznych
  • Yassamin Ansari — Przedstawicielka USA z 3. okręgu wyborczego Arizony od 2025 roku
  • Pete Hegseth — 29. sekretarz obrony Stanów Zjednoczonych sprawujący urząd od 2025 roku
  • Alireza Rahimi — Sekretarz irańskiej Najwyższej Rady ds. Młodzieży i Nastolatków
  • Masoud Pezeshkian — Dziewiąty prezydent Iranu urzędujący od 2024 roku

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