La coalition gouvernementale allemande traverse une zone de fortes turbulences suite aux critiques publiques de la ministre de l'Économie Katherina Reiche contre ses partenaires sociaux-démocrates. Ce différend porte sur la mise en place d'une taxe sur les superprofits des compagnies pétrolières pour faire face à la flambée du prix des carburants.
Rupture ouverte au sein du gouvernement Merz
Katherina Reiche (CDU) rejette catégoriquement le projet de taxe sur les superprofits porté par Lars Klingbeil (SPD).
Blocage des mesures de soulagement
Le rapport sur les mesures d'aide aux consommateurs a été reporté à la semaine prochaine malgré l'urgence sociale.
Fronde des Länder
Les ministres-présidents sociaux-démocrates exigent une action immédiate du chancelier face à la hausse du coût de la vie.
La coalition au pouvoir en Allemagne a été le théâtre d'une rupture interne musclée ce vendredi, la ministre fédérale de l'Économie, Katherina Reiche, ayant publiquement attaqué le ministre des Finances, Lars Klingbeil, ainsi que le Parti social-démocrate (SPD). Elle a critiqué les propositions visant à atténuer la crise environnementale des prix du carburant, affirmant que le désaccord sur la taxe sur les superprofits pétroliers concernait « l'ensemble du gouvernement fédéral » et non pas uniquement les deux ministres. Mme Reiche, femme politique de la CDU nommée au cabinet du chancelier Friedrich Merz en mai 2025, s'est exprimée devant la presse à Berlin pour rejeter cet instrument fiscal défendu par M. Klingbeil comme mécanisme de financement pour soulager les consommateurs. Ces déclarations surviennent un jour après que le chancelier Merz a lui-même appelé les deux ministres à présenter des propositions communes, une exigence qui souligne l'ampleur des dysfonctionnements de la coalition avant un week-end décisif. Mme Reiche juge les propositions du SPD coûteuses, inefficaces et inconstitutionnellesLa ministre de l'Économie a formulé son attaque contre le SPD en des termes particulièrement directs, déclarant que le partenaire de coalition s'était « illustré ces dernières semaines en soumettant des propositions coûteuses, inefficaces et constitutionnellement discutables ». Elle a argué qu'accepter de « s'engager en toute connaissance de cause dans une situation juridique complexe ne saurait recevoir son approbation », évoquant le grand nombre de contentieux en cours liés à un mécanisme similaire activé par le gouvernement précédent suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Cet instrument était alors officiellement désigné sous le nom de contribution de l'UE à la crise énergétique. Mme Reiche a prévenu qu'une nouvelle taxe affaiblirait les raffineries et nuirait à l'attractivité industrielle de l'Allemagne dans ce secteur. Elle préconise au contraire des mesures ciblées et plus économes pour le budget : une augmentation temporaire de l'indemnité de déplacement, des versements directs aux travailleurs habitant loin de leur lieu de travail et une réduction de la taxe sur le diesel pour le secteur du fret et de la logistique. Elle a également noté qu'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran avait permis une première détente sur les prix, tout en avertissant que la situation demeurait fragile. L'examen des mesures de secours par un groupe de travail de haut niveau, initialement prévu vendredi par son ministère, a été reporté à la semaine suivante en raison de la volatilité entourant le conflit iranien malgré la trêve.L'Allemagne a instauré un prélèvement temporaire sur les bénéfices excédentaires des entreprises énergétiques en 2022 après le début de la guerre en Ukraine. Ce mécanisme, la contribution de l'UE à la crise énergétique, a été appliqué pendant une période limitée et fait aujourd'hui l'objet de plusieurs recours en justice selon Mme Reiche. Les pressions actuelles sur les prix sont liées au conflit en Iran, débuté fin février 2026. La coalition « noire-rouge » (CDU/CSU et SPD) dirige le pays depuis mai 2025 sous l'autorité du chancelier Friedrich Merz, Lars Klingbeil occupant simultanément les fonctions de vice-chancelier, ministre des Finances et coprésident du SPD. Lars Klingbeil prône un plafonnement des prix et une indemnité de mobilitéLars Klingbeil, qui occupe la double fonction de ministre fédéral des Finances et de dirigeant du SPD, soutient que de nouvelles mesures de soutien sont indispensables pour éviter que la hausse de l'inflation ne s'installe. Ses propositions incluent une indemnité de mobilité pour les travailleurs, une baisse temporaire de la taxe sur l'énergie et un plafonnement flexible des prix de l'essence, du diesel et du fioul domestique. Ces mesures seraient financées par une taxe sur les superprofits perçue au niveau européen sur les groupes énergétiques bénéficiant de marges liées à la crise. M. Klingbeil a réuni vendredi un sommet sur les prix de l'énergie à son ministère avec des représentants patronaux et syndicaux, en présence de délégués du ministère de l'Économie. La riposte du groupe parlementaire SPD aux propos de Mme Reiche a été immédiate. Dirk Wiese, premier secrétaire parlementaire du SPD au Bundestag, a déclaré que ces propos « remettaient massivement en cause la coopération au sein de la coalition », suggérant que la ministre n'avait « malheureusement pas encore pris la mesure de sa fonction ». Selon lui, Mme Reiche ne s'est distinguée cette semaine que par son « refus de soulager les citoyens à la pompe », une position inacceptable pour les sociaux-démocrates. „Nous avons besoin de mesures de soutien maintenant, complétées par des réformes équitables pour le pays et nos concitoyens.” — Dirk Wiese via RP Online Les dirigeants régionaux du SPD accentuent la pression sur M. Merz avant le sommet de dimancheLa pression sur le chancelier Merz s'est intensifiée du côté des Länder dirigés par le SPD. Trois ministres-présidents ont publiquement critiqué la gestion fédérale de la crise. Olaf Lies (Basse-Saxe) a déclaré au Tagesspiegel que le gouvernement fédéral renvoyait « une image très regrettable » et que les usagers avaient besoin de « solutions, pas de débats idéologiques », réclamant un plafonnement rapide des prix. Andreas Bovenschulte, maire de Brême, a exigé la convocation d'une Conférence des ministres-présidents extraordinaire pour que l'État fédéral et les régions délibèrent sur des mesures de stabilisation, accusant les pétroliers de s'enrichir aux dépens des consommateurs. Manuela Schwesig (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale) a affirmé ne pas comprendre l'attentisme de M. Merz alors que « les citoyens et l'économie sont déjà à bout ». Elle réclame une baisse immédiate de la taxe sur l'énergie et le plafonnement des prix. Ces critiques font suite aux déclarations du chancelier jeudi, indiquant qu'il ne fallait pas « compter sur des décisions à court terme ». Dennis Radtke, président de l'aile sociale de la CDU, a également pressé le comité de coalition de dimanche d'envoyer un « signal de soulagement » face aux difficultés des ménages. „Les citoyens et l'économie sont déjà à bout. C'est particulièrement vrai dans un grand État territorial comme le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.” — Manuela Schwesig via Der Tagesspiegel
Mentioned People
- Lars Klingbeil — Wicekanclerz i federalny minister finansów w gabinecie Merza
- Katherina Reiche — Federalna minister gospodarki i energii w gabinecie Merza
- Friedrich Merz — Dziesiąty Kanclerz Federalny Republiki Federalnej Niemiec
- Andreas Bovenschulte — Burmistrz Bremy i przewodniczący Senatu Bremy
- Dennis Radtke — Poseł do Parlamentu Europejskiego i przewodniczący Chrześcijańsko-Demokratycznego Przymierza Pracowników
- Manuela Schwesig — Premier kraju związkowego Meklemburgia-Pomorze Przednie
- Dirk Wiese — Sekretarz frakcji parlamentarnej SPD
- Olaf Lies — Premier kraju związkowego Dolna Saksonia
Sources: 21 articles
- "Der Kanzler ist befremdet": Merz pfeift Reiche nach Attacken gegen SPD zurück (N-tv)
- Spritpreise sinken - Zoff in Koalition nimmt zu (stern.de)
- Katherina Reiche: Kanzler Merz ermahnt Ministerin Reiche in Debatte um Spritpreise (ZEIT ONLINE)
- Streit um Entlastungen: Reiche greift SPD hart an - Kanzler Merz verlangt intern Zurückhaltung - WELT (DIE WELT)
- Kritik an Wirtschaftsministerin wächst: Merz soll Reiche zur Zurückhaltung aufgerufen haben (RP Online)
- Energiepreise und Schwarzfahrer: Für wen will die SPD Politik machen? (Frankfurter Allgemeine)
- Bundesregierung: Streit zwischen Reiche und Klingbeil eskaliert (Handelsblatt)
- Reiche teilt gegen SPD-Vorschläge für Entlastungen aus (tagesschau.de)
- Koalitionsstreit um Entlastungen: Reiche attackiert SPD (Süddeutsche Zeitung)
- "Unsere Nachbarländer machen das sehr unbürokratisch": Lesermeinungen in der Spritpreis-Debatte (Focus)