Le vice-président américain JD Vance est arrivé à Islamabad samedi pour engager les discussions directes les plus importantes entre Washington et Téhéran depuis la révolution islamique de 1979. Cette rencontre, qui se tient sous l'égide du Pakistan, vise à consolider un cessez-le-feu précaire après des semaines d'affrontements armés déclenchés le 28 février dernier.

Rencontre historique à Islamabad

JD Vance et une délégation iranienne de haut niveau se trouvent au Pakistan pour les premiers pourparlers majeurs depuis 1979.

Négociations indirectes

En raison d'une méfiance profonde, les deux délégations discutent via des médiateurs pakistanais sans rencontre face à face immédiate.

Tensions régionales persistantes

Le conflit au Liban et la fermeture du détroit d'Ormuz, où les prix du pétrole atteignent 97 dollars le baril, pèsent sur l'issue du sommet.

Le vice-président des États-Unis, JD Vance, est arrivé à Islamabad ce samedi pour les pourparlers directs au plus haut niveau entre Washington et Téhéran depuis la révolution islamique de 1979. Les deux délégations se sont réunies à l'hôtel Serena dans la capitale pakistanaise afin de consolider un cessez-le-feu fragile et de tracer la voie vers une paix durable. La délégation américaine, qui a atterri à la base aérienne de Nur Khan à bord de deux appareils de l'US Air Force, comprend l'envoyé spécial Steve Witkoff ainsi que Jared Kushner, conseiller principal et gendre du président Donald Trump. Arrivée plus tôt, la délégation iranienne de 71 personnes, composée de responsables, de diplomates, de personnel de sécurité et de journalistes, est dirigée par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Le chef de l'armée pakistanaise, le Field Marshal Asim Munir, a personnellement accueilli les deux délégations sur le tarmac, escortant M. Vance sur un tapis rouge après avoir accueilli l'équipe iranienne à son arrivée. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le gouvernement a négocié le cessez-le-feu, a qualifié ce moment de tournant décisif pour mettre fin aux combats débutés par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Des négociations par intermédiaires interposés, sans face-à-face Le format des discussions reflète l'ampleur de la méfiance entre les deux parties : les délégations occupent des salles distinctes au sein du complexe de l'hôtel Serena, les médiateurs pakistanais faisant la navette pour transmettre les propositions et les conditions. Les médias officiels iraniens ont confirmé que la délégation de Téhéran a rencontré le Premier ministre Shehbaz Sharif vers midi, heure locale, pour définir les modalités de ce qu'elle qualifie de « négociations possibles ». Dès son arrivée, M. Ghalibaf a exposé les conditions préalables de l'Iran sur le réseau social X, affirmant que les discussions ne progresseraient que si Israël déclarait un cessez-le-feu au Liban et si les avoirs iraniens gelés étaient libérés. L'Irish Independent rapporte qu'il s'agit des échanges les plus importants entre les deux pays depuis la Révolution islamique. Si les parties devaient s'entretenir directement, il s'agirait du premier contact de ce type depuis l'accord sur le nucléaire de 2015. Selon El Mundo, la position iranienne inclut également des réparations pour les dommages de guerre, la levée totale des sanctions et la préservation de son programme nucléaire, bien que Téhéran s'engage à ne pas développer d'armes atomiques. Des sources régionales ont indiqué à Al Jazeera que les équipes préparatoires avaient terminé les travaux préliminaires dans l'espoir d'une signature d'accord.

„Notre expérience des négociations avec les Américains s'est toujours soldée par des échecs et des promesses non tenues.” — Mohammad Bagher Ghalibaf via France 24

„S'ils tentent de se jouer de nous, ils s'apercevront que l'équipe de négociation n'est pas très réceptive.” — JD Vance via The Irish Times

Une délégation iranienne porteuse d'une protestation symbolique Une image marquante a été diffusée par les médias iraniens : dans l'avion transportant la délégation vers Islamabad, plusieurs rangées de sièges ont été laissées vides et recouvertes de photographies d'enfants tués lors d'une frappe aérienne américaine contre l'école primaire de Minab. Des sacs à dos portant encore des traces de sang ont été déposés à côté des portraits en guise de protestation. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré samedi par téléphone à son homologue allemand que „l'Iran entame ces négociations avec une méfiance totale en raison des violations répétées des engagements et des trahisons des États-Unis.” — Abbas Araghchi via France 24 M. Ghalibaf a souligné que l'Iran avait été attaqué à deux reprises alors qu'il était engagé dans des processus de dialogue. „En moins d'un an et en pleines négociations, malgré la bonne volonté de la partie iranienne, nous avons été attaqués et de multiples crimes de guerre ont été commis.” — Mohammad Bagher Ghalibaf via eldiario.es Malgré ce climat tendu, M. Ghalibaf a résumé la position de Téhéran par une déclaration marquante.

„Nous avons de la bonne volonté, mais pas de confiance.” — Mohammad Bagher Ghalibaf via El Mundo

Le conflit a débuté le 28 février 2026 par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran, dans le cadre de l'opération « Epic Fury ». Ali Khamenei, alors Guide suprême de l'Iran, a été tué lors de ces frappes initiales. Son fils, Mojtaba Khamenei, a été nommé pour lui succéder le 9 mars 2026. Le dernier accord diplomatique direct entre les États-Unis et l'Iran remonte à 2015 sur le programme nucléaire. Cet accord avait été dénoncé par le président Donald Trump en 2018 lors de son premier mandat, et Ali Khamenei avait par la suite interdit tout nouveau dialogue direct.

Le conflit au Liban et la clôture d'Ormuz pèsent sur les discussions Le cessez-le-feu est mis à rude épreuve par la poursuite de l'offensive israélienne au Liban, où le Hezbollah et les forces israéliennes continuent d'échanger des tirs. Le jour de l'annonce de la trêve, Israël a mené des frappes sur Beyrouth, tuant plus de 300 personnes selon le ministère libanais de la Santé. Vendredi, des raids près de Nabatieh ont tué 13 officiers de la sécurité d'État, tandis qu'Israël affirmait avoir détruit une dizaine de lance-roquettes. L'agence nationale d'information libanaise a rapporté au moins trois autres décès samedi matin à Maifadoun. Israël et les États-Unis soutiennent que les opérations au Liban n'entrent pas dans le cadre de l'accord américano-iranien, une interprétation rejetée par Téhéran et Islamabad. Par ailleurs, la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz a provoqué une envolée des prix du pétrole. Le baril de Brent s'échangeait à environ 97 dollars vendredi, soit une hausse de plus de 30 % depuis le début de la guerre, tandis que le trafic maritime est passé de 100 navires par jour à seulement 12.

97 (USD le baril) — Prix du baril de Brent vendredi, en hausse de plus de 30 % depuis le début du conflit

2026-02-27: 74, 2026-04-11: 97

Mentioned People

  • JD Vance — 50. wiceprezydent Stanów Zjednoczonych
  • Mohammad Bagher Ghalibaf — przewodniczący Parlamentu Iranu od 2020 roku
  • Asim Munir — pierwszy Szef Sił Obrony Pakistanu i 11. Szef Sztabu Armii
  • Abbas Araghchi — minister spraw zagranicznych Iranu od sierpnia 2024 roku
  • Shehbaz Sharif — premier Pakistanu od 2024 roku
  • Steve Witkoff — specjalny wysłannik USA
  • Jared Kushner — doradca i zięć Donalda Trumpa

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