Le mardi 7 avril 2026, Nicolas Sarkozy a entamé son premier interrogatoire devant la cour d'appel de Paris dans l'affaire du financement libyen supposé de sa campagne de 2007. L'ancien chef de l'État a réfuté l'existence du moindre centime libyen tout en pointant la responsabilité de ses anciens collaborateurs Claude Guéant et Brice Hortefeux.

Dénégation totale

Nicolas Sarkozy a affirmé qu'aucun fonds libyen n'avait financé sa campagne présidentielle de 2007.

Mise en cause de l'entourage

L'ancien président a pointé les erreurs de discernement de Claude Guéant et Brice Hortefeux concernant l'intermédiaire Ziad Takieddine.

Contestation du pacte de corruption

La défense qualifie d'invraisemblable l'idée d'un accord conclu avec Mouammar Kadhafi pour obtenir des fonds illicites.

Enjeu de l'appel

Après vingt jours de détention fin 2025, M. Sarkozy conteste sa condamnation pour association de malfaiteurs.

Lors de son premier jour d'interrogatoire devant la cour d'appel de Paris, le mardi 7 avril 2026, Nicolas Sarkozy a nié l'ensemble des accusations portant sur le financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007. L'ancien président français, en fonction de 2007 à 2012, a affirmé à la barre qu'il n'y avait « pas un seul centime d'argent libyen dans [sa] campagne ». Vêtu d'un costume sombre et d'une chemise blanche, il s'est exprimé pendant plus de huit heures devant le président de la cour, Olivier Géron. Son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, a assisté pour la première fois à une audience de ce procès en appel. En préambule, M. Sarkozy s'est adressé aux familles des victimes de l'attentat du DC-10 d'UTA, témoignant la semaine précédente, affirmant qu'à leur place il aurait ressenti « la même colère, la même douleur ». M. Sarkozy reporte la responsabilité sur deux anciens prochesL'axe central de la défense de M. Sarkozy a consisté à attribuer la responsabilité des rencontres suspectes à deux de ses anciens alliés : Claude Guéant, alors son directeur de cabinet au ministère de l'Intérieur, et Brice Hortefeux, qui était ministre délégué aux Collectivités territoriales. M. Sarkozy a soutenu qu'en laissant l'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine s'immiscer dans l'organisation d'un voyage préparatoire en Libye en octobre 2005, M. Guéant avait franchi une limite. „Mon analyse est que M. Guéant a surestimé la connaissance et les relations de M. Takieddine — il a dû lui dire qu'il connaissait tout le monde en Libye” — Nicolas Sarkozy via BFMTV. L'ancien président a déclaré ne pas comprendre pourquoi M. Guéant avait accepté de dîner avec Abdallah Senoussi, condamné pour l'attentat d'UTA, lors de cette visite. Concernant Brice Hortefeux, présent dans la salle et accusé d'avoir rencontré Senoussi en décembre 2005, M. Sarkozy s'est montré tout aussi direct : „C'est une erreur, il n'aurait pas dû faire cela” — Nicolas Sarkozy via 7sur7. Les deux hommes ont toujours affirmé avoir été « piégés » par Takieddine, une version que M. Sarkozy semble accepter partiellement tout en critiquant leur manque de discernement. M. Guéant était absent pour des raisons de santé. Un pacte de corruption jugé improbable et fauxL'accusation soutient que ces rencontres ont servi à sceller un pacte de corruption : la Libye aurait financé illégalement la campagne de 2007 en échange de faveurs diplomatiques et judiciaires, incluant une possible levée du mandat d'arrêt contre Senoussi. M. Sarkozy a rejeté cette thèse. „Comment peut-on penser que j'ai choisi un homme aussi imprévisible que Kadhafi pour obtenir un financement sulfureux, après un entretien d'une demi-heure ? Cela n'a aucun sens. Je ne connaissais pas la Libye ni les Libyens” — Nicolas Sarkozy via ABC. Il a qualifié les preuves documentaires de « fausses » et les intermédiaires de « menteurs », rappelant les condamnations de Takieddine. L'enquête a identifié des flux financiers de fonds libyens présumés versés à l'intermédiaire Takieddine. Cependant, les juges de première instance n'avaient trouvé aucune preuve directe que ces fonds aient atteint la campagne, relaxant M. Sarkozy pour corruption passive et détournement de fonds, tout en le condamnant pour association de malfaiteurs, la simple préparation suffisant à constituer l'infraction. Vingt jours de prison déjà effectués, un enjeu crucial en appelCe procès en appel, ouvert le 16 maladroitement 2026 et prévu jusqu'à fin mai 2026, est décisif. En septembre 2025, M. Sarkozy avait été condamné à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé, devenant le premier ancien président de la Ve République incarcéré. Il a passé environ 20 jours en prison fin 2025 avant d'être libéré sous contrôle judiciaire. Me Vincent Brengarth, avocat des parties civiles, a réagi vivement aux propos de l'ancien président, notant que le jugement de première instance était « extrêmement convaincant » et qu'aucune explication crédible n'avait été fournie aux familles des victimes. „On sent, même s'il est peut-être trop tôt pour le dire, une forme de fébrilité” — Vincent Brengarth via BFMTV.L'affaire remonte aux dernières années du régime de Mouammar Kadhafi. Abdallah Senoussi avait été condamné en 1999 pour l'attentat du DC-10 d'UTA. Les rencontres entre l'entourage de M. Sarkozy et Senoussi ont eu lieu en 2005, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur. Des carnets de l'ancien ministre libyen Choukri Ghanem, décédé en 2012, mentionnent des sommes compatibles avec les flux financiers suspectés à la date du 29 avril 2007.[{"dateISO":"2005-10-06","date":"6 octobre 2005","title":"Visite de Sarkozy à Tripoli","description":"Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, effectue une visite officielle en Libye."},{"dateISO":"2025-09-01","date":"Septembre 2025","title":"Condamnation en première instance","description":"Le tribunal correctionnel de Paris condamne Sarkozy à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs."},{"dateISO":"2025-09-01","date":"Septembre 2025","title":"Décès de Takieddine","description":"L'intermédiaire clé Ziad Takieddine est retrouvé mort au Liban deux jours avant le jugement."},{"dateISO":"2026-03-16","date":"16 mars 2026","title":"Ouverture du procès en appel","description":"Le procès en appel débute à la cour d'appel de Paris avec dix prévenus."},{"dateISO":"2026-04-07","date":"7 avril 2026","title":"Interrogatoire de Sarkozy","description":"M. Sarkozy nie tout bloc de financement et accuse Guéant et Hortefeux d'erreurs de jugement."}]

Mentioned People

  • Nicolas Sarkozy — Były Prezydent Republiki Francuskiej (2007–2012)
  • Claude Guéant — Były sekretarz generalny Pałacu Elizejskiego i były minister spraw wewnętrznych
  • Brice Hortefeux — Były francuski minister spraw wewnętrznych i minister ds. imigracji
  • Muammar Gaddafi — Były przywódca Libii
  • Abdallah Senoussi — Były szef libijskiego wywiadu skazany za zamach na lot UTA 772 w 1989 roku
  • Ziad Takieddine — Francusko-libański biznesmen i pośrednik zmarły w 2025 roku

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