Le parti Droit et justice (PiS) a suspendu le sénateur Jacek Włosowicz le 18 mars 2026 et a engagé une procédure visant à l'exclure du groupe parlementaire ainsi que du parti. En cause, son soutien public au programme SAFE et ses critiques à l'égard du président Karol Nawrocki, sur fond de débat interne au sein de la droite polonaise.

Le ministère rejette l’accusation sur SAFE

Le ministère polonais de la Défense nationale a qualifié d’« absurdité » l’affirmation de Tomasz Sakiewicz selon laquelle 3 milliards de zlotys auraient été versés à des journalistes pour promouvoir le programme SAFE.

Les experts ne voient pas de base juridique

Des spécialistes du droit constitutionnel ont indiqué le 18 mars 2026 qu’il n’existait, à ce stade, aucun fondement juridique pour des accusations formelles contre le gouvernement au sujet de SAFE.

Sikorski répond à Macierewicz

Radosław Sikorski a réagi à une mise en garde d’Antoni Macierewicz en déclarant publiquement : « Antek, j’attends le procès. »

Rosomak signe un accord de 57 millions

Rosomak SA a conclu avec la zone économique spéciale de Katowice un accord de 57 millions de zlotys destiné à accroître la production et à lancer de nouveaux véhicules en Silésie.

Une journée marquée par la défense et les tensions politiques

Les accusations autour de SAFE, l’échange entre Sikorski et Macierewicz et l’annonce industrielle de Rosomak ont alimenté un débat public déjà tendu à Varsovie.

Droit et justice (PiS) a suspendu le sénateur Jacek Włosowicz du parti le 18 mars 2026 et a lancé une procédure pour l'écarter à la fois du groupe parlementaire et de la formation elle-même. Cette décision est intervenue après le soutien public affiché par M. Włosowicz au programme SAFE et après ses critiques visant le président Karol Nawrocki. La mesure a suscité des réactions immédiates parmi les représentants du PiS, qui ont accusé le sénateur d'avoir franchi une ligne politique. Le média Do Rzeczy a indiqué que M. Włosowicz avait déjà été exclu de manière pure et simple, tandis que des sources comme naTemat et wPolityce ont présenté la décision comme une suspension accompagnée de l'ouverture d'une procédure d'exclusion. Cet écart entre les récits rend compte de la rapidité et de l'intensité de la réaction interne du parti dans la soirée du 18 mars.

Des responsables du PiS estiment que le sénateur est « du côté de Tusk dans sa tête » Les responsables du PiS ont rapidement présenté le comportement de Jacek Włosowicz comme une atteinte de fond à la loyauté partisane. Selon RMF24, des membres du parti ont affirmé que le sénateur était „« du côté de Tusk dans sa tête »” — PiS representatives via rmf24.pl, une accusation lourde de sens dans le contexte de la vie politique polonaise, où le premier ministre Donald Tusk dirige la coalition au pouvoir à laquelle le PiS s'oppose. Le programme SAFE, soutenu par M. Włosowicz, est un instrument européen de financement de la défense que le gouvernement polonais promeut activement. Le PiS a adopté une position critique à l'égard de ce programme, si bien que le soutien public du sénateur a été interprété comme une remise en cause directe de la ligne du parti. Ses critiques supplémentaires contre le président Nawrocki, politiquement proche du PiS, ont encore aggravé la rupture. La combinaison de ces deux prises de position semble avoir accéléré la décision du parti.

La Pologne ne perdra pas un seul euro de SAFE, affirme l'émissaire du gouvernement Par ailleurs, Magdalena Sobkowiak-Czarnecka, la plénipotentiaire du gouvernement pour l'instrument de renforcement de la sécurité de l'Europe, a annoncé, après des discussions avec la Commission européenne, que la Pologne ne perdrait aucun financement du programme SAFE, selon Gazeta.pl. Cette déclaration est intervenue le même soir que la suspension de Jacek Włosowicz, soulignant la place prise par la question de SAFE dans le débat politique intérieur polonais. L'annonce visait à répondre aux inquiétudes concernant l'accès de la Pologne aux ressources financières prévues par ce programme. Ancienne journaliste de Polsat et de la Télévision polonaise, nommée plénipotentiaire en 2025, Magdalena Sobkowiak-Czarnecka est devenue l'interlocutrice principale du gouvernement à Bruxelles sur l'instrument SAFE. La confirmation du maintien de la position financière de la Pologne a ajouté une dimension concrète de politique publique à ce qui était devenu un point de tension au sein du PiS.

La longue carrière politique de Włosowicz à un moment décisif Jacek Włosowicz est sénateur de la 11e législature et son parcours s'étend sur plusieurs cycles parlementaires. Selon sa fiche au registre public, il a déjà siégé au Sénat lors des 6e, 9e et 10e législatures et a également été député européen au cours de la 7e législature. Sa suspension ouvre une rupture marquée dans une carrière construite au sein de la droite polonaise. La procédure interne au PiS désormais engagée pourrait aboutir à son retrait formel du groupe parlementaire, ce qui aurait des conséquences sur sa position au Sénat. Le PiS a gouverné la Pologne de 2015 à 2023 et demeure la principale force d'opposition prise isolément au Parlement polonais après sa défaite électorale d'octobre 2023. Le parti a historiquement maintenu une discipline interne stricte, et les écarts publics à la ligne partisane de la part de parlementaires en exercice ont été rares et ont généralement entraîné des conséquences institutionnelles rapides. Cet épisode reflète des tensions plus larges au sein du PiS sur la politique européenne de défense, à un moment où l'instrument SAFE est devenu un sujet de confrontation entre l'opposition et le gouvernement Tusk. Dans la soirée du 18 mars, il n'était pas encore clair si Jacek Włosowicz contesterait la procédure d'exclusion ou chercherait à se rapprocher d'une autre formation politique.

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