Très attendu en Grèce, le procès de la catastrophe ferroviaire de Tempi, survenue en 2023, s'est ouvert le 23 mars 2026 à Larissa avant d'être rapidement suspendu. La juridiction a renvoyé l'audience au 1er avril après une séance marquée par une surpopulation extrême et plusieurs interruptions provoquées par l'émotion des familles des victimes. Le choix d'une salle jugée trop exiguë concentre désormais les critiques.
Audience suspendue après 4,5 heures
Le tribunal de Larissa a renvoyé le procès au 1er avril après quatre interruptions dues à la surpopulation de la salle et aux réactions des familles des victimes.
Salle jugée inadaptée à l'ampleur du dossier
Le centre Gaiopolis, avec une salle de 283 mètres carrés, n'a pas pu accueillir 250 avocats, des centaines de témoins et les proches des 57 victimes.
Les familles dénoncent une humiliation
Faute de places, des parents de victimes ont dû s'asseoir sur les bancs des prévenus, tandis que l'entrée de plusieurs accusés a provoqué des cris dans la salle.
Les barreaux font pression sur le ministère
Des associations d'avocats menacent de boycotter totalement la procédure si un lieu plus adapté n'est pas trouvé avant la prochaine audience.
Un procès appelé à durer jusqu'à trois ans
Selon AP, environ 350 témoins doivent être entendus dans cette affaire, centrée sur des défaillances systémiques du réseau ferroviaire grec.
Le procès très attendu en Grèce de la catastrophe ferroviaire de Tempi de 2023 s'est ouvert le 23 mars 2026 avant de sombrer dans le désordre en l'espace de quelques heures. Le tribunal a renvoyé l'examen de l'affaire au 1er avril après qu'une forte surpopulation dans la salle et des réactions d'émotion des familles des victimes ont rendu l'audience impossible à poursuivre. La présidente, Georgia Stefanidou, a interrompu les débats après quatre interruptions distinctes au cours d'une séance d'ouverture chaotique de 4.5 (hours) — 4,5 heures. Le procès se tient au centre Gaiopolis, à Larissa, dont la salle de 283 mètres carrés s'est révélée incapable d'accueillir 250 avocats, des centaines de témoins et les proches des 57 personnes tuées dans la collision de février 2023. Les 36 prévenus sont poursuivis pour plusieurs chefs, dont le crime de mise en danger de la sécurité des transports, passible de la réclusion à perpétuité selon le droit grec.
Des familles contraintes de s'asseoir sur les bancs des prévenus Les conditions matérielles dans la salle d'audience ont immédiatement suscité l'indignation de ceux qui avaient fait le déplacement pour voir la justice suivre son cours. Des parents en colère, dont beaucoup ont perdu des enfants âgés d'un peu plus de 20 ans, ont dû prendre place sur les bancs réservés aux prévenus faute de sièges disponibles, une situation que des proches ont qualifiée de profondément humiliante. Lorsque les cinq premiers des 36 prévenus sont entrés dans la salle — parmi eux l'ancien dirigeant ferroviaire de l'OSE Spyros Pateras — des cris de « honte » et « vous avez piétiné leur mémoire » ont éclaté. Spyros Pateras a été contraint de se retirer dans le hall sous les huées d'une partie de l'assistance. Les avocats représentant les victimes ont annoncé qu'ils saisiront la Cour suprême afin d'obtenir le transfert du procès vers un site plus vaste à Athènes, invoquant des risques en matière de sécurité incendie ainsi que ce qu'ils présentent comme une atteinte à la dignité des familles dans le cadre actuel. „Cette salle d'audience constitue une « ligne rouge » pour les familles. Elles ne reviendront pas dans un lieu incapable d'accueillir leur douleur et l'ampleur de ce dossier.” — unnamed lawyer via iefimerida.gr
Les barreaux menacent de boycotter totalement les audiences La profession juridique a donné un poids institutionnel supplémentaire aux demandes des familles, plusieurs barreaux menaçant de boycotter totalement la procédure si le ministère de la Justice ne met pas à disposition un lieu adapté avant la prochaine audience prévue. Pavlos Aslanidis, président de l'association des proches des victimes, a estimé que ce procès intervenait avec un long retard et s'est interrogé sur l'absence de certaines personnalités parmi les accusés, selon ekathimerini.com. Des observateurs du monde judiciaire ont averti que de nouveaux retards pourraient compromettre la capacité de l'accusation à obtenir un verdict avant l'expiration des délais de prescription pour plusieurs chefs délictuels, alors que le calendrier judiciaire de 2026 se resserre. Selon AP, le procès devrait durer jusqu'à trois ans et quelque 350 témoins doivent être entendus. L'acte d'accusation ne porte pas uniquement sur d'éventuelles négligences individuelles, mais aussi sur des défaillances systémiques et l'absence de dispositifs de sécurité que les procureurs estiment avoir rendu la catastrophe inévitable.
Une collision qui a fait 57 morts dans le pire accident ferroviaire du pays Le 28 février 2023, une collision frontale s'est produite entre deux trains au sud de la vallée de Tempe, en Grèce, à peu près à mi-chemin entre les villages de Tempi et Evangelismos, dans la région de Thessalie. L'accident, qui impliquait le train de passagers InterCity 62, a été suivi d'un déraillement puis d'une boule de feu, faisant 57 morts et des dizaines de blessés. Cette catastrophe est considérée comme l'accident ferroviaire le plus meurtrier de l'histoire grecque. Une enquête judiciaire s'est achevée au début de 2026, débouchant sur des poursuites contre 36 personnes présentées comme non politiques, l'affaire portant sur l'absence de systèmes de sécurité qui auraient dû empêcher les deux trains d'occuper la même voie. Si l'accident avait d'abord été attribué à une erreur humaine, l'acte d'accusation issu de plusieurs années d'enquête judiciaire a déplacé l'attention vers des défaillances institutionnelles et systémiques au sein du réseau ferroviaire grec. Le dossier est devenu un point de cristallisation d'une colère plus large de l'opinion publique face au manque d'entretien des infrastructures et aux insuffisances de la régulation en Grèce. Georgia Stefanidou, mutée à Larissa depuis Thessalonique en septembre dernier précisément pour présider ce procès, fait désormais face à une difficulté logistique immédiate : obtenir avant le 1er avril un lieu capable d'accueillir une procédure de cette ampleur. Au matin du 24 mars 2026, il n'était pas établi que le ministère de la Justice répondrait d'ici là aux demandes des familles et des barreaux.
Mentioned People
- Georgia Stefanidou — Sędzia przewodnicząca prowadząca proces po katastrofie w Tempi
- Spyros Pateras — Były szef kolei OSE i jeden z 36 oskarżonych
Sources: 1 articles
- Chaos and Crowding Force Immediate Adjournment of Tempi Disaster Trial - iefimerida.gr (iefimerida.gr)
- "Honte à vous !" : en Grèce, indignation et vives tensions à l'ouverture du procès de la collision ferroviaire de Tempé (Le Figaro.fr)
- Greece: Tempi train disaster trial postponed amid courtroom chaos (Le Monde.fr)
- En Grèce, "l'heure de la justice a sonné", trois ans après l'accident ferroviaire de Tempi (Courrier international)
- El juicio por la tragedia ferroviaria de Tempe se aplaza tras una jornada de tensión (ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL)
- Grèce: le procès de la collision ferroviaire de Tempé ajourné en raison de vives tensions (La Libre.be)
- Grèce : le procès de la catastrophe ferroviaire de Tempé reporté en raison de vives tensions dans la salle d'audience (Le Monde.fr)
- Grecia: 36 acusados en el banquillo por la tragedia de los trenes de 2023 (RFI)
- Yunanistan'da 57 kişinin öldüğü tren kazası davası başladı (Deutsche Welle)
- Le procès de la catastrophe ferroviaire de Tempe s'ouvre en Grèce, où le traumatisme reste vif | RTS (rts.ch)