Le 12 avril 2026, le parti Tisza, dirigé par Péter Magyar, a remporté une victoire électorale sans précédent en Hongrie, obtenant une majorité des deux tiers. Les résultats provisoires, fondés sur plus de 98 % des suffrages, accordent 138 sièges à cette formation de centre-droit pro-européenne, mettant ainsi fin à seize années de pouvoir ininterrompu pour Fidesz.

Majorité historique pour Tisza

Le parti de Péter Magyar obtient 138 sièges sur 199, assurant une majorité des deux tiers au Parlement.

Fin de l'ère Orbán

Après seize ans au pouvoir, Viktor Orbán a reconnu sa défaite face à une participation record de 79 %.

Pivot européen

Le nouveau gouvernement prévoit de rejoindre le Parquet européen et de rétablir des liens étroits avec Bruxelles.

Le parti de centre-droit pro-européen Tisza, dirigé par Péter Magyar, a remporté une large victoire lors des élections législatives hongroises du 12 avril 2026. Ce scrutin met fin à seize ans de mandat pour Viktor Orbán, le parti Tisza obtenant une majorité des deux tiers au parlement. Selon les résultats préliminaires portant sur plus de 98 % des bulletins dépouillés, Tisza est en mesure d'obtenir 138 sièges au sein de l' Assemblée nationale, qui compte 199 sièges. Le parti Fidesz de M. Orbán en obtient 55, tandis que la formation d'extrême droite Notre Patrie en recueille six. La participation a atteint un niveau record dans l'histoire démocratique de la Hongrie. M. Magyar a souligné que jamais auparavant autant de Hongrois n'avaient voté lors d'un même scrutin. Viktor Orbán, âgé de 62 ans, a reconnu sa défaite devant ses collaborateurs du Fidesz dans un centre de conférence de Budapest. „Le résultat de cette élection est clair et douloureux. Les jours qui s'ouvrent à nous seront consacrés à panser nos plaies.” — Viktor Orbán via BBC

Tisza : 138, Fidesz : 55, Notre Patrie : 6

Viktor Orbán a accédé au poste de Premier ministre de la Hongrie pour la première fois en 1998, avant de revenir au pouvoir en 2010. Depuis lors, le Fidesz a remporté quatre supermajorités parlementaires consécutives (2010, 2014, 2018 et 2022), faisant de M. Orbán le dirigeant le plus pérenne de l'Union européenne. Durant cette période, il a instauré ce qu'il a qualifié de « démocratie illibérale », remplaçant des éléments de la Constitution par une Loi fondamentale intégrant des principes d'identité nationale et de tradition chrétienne. L'Union européenne avait suspendu des milliards d'euros de fonds destinés à la Hongrie en raison de préoccupations sur l'État de droit, tandis que M. Orbán entretenait des liens étroits avec Vladimir Poutine malgré des tensions récurrentes avec Bruxelles.

Un ancien cadre du Fidesz sorti de l'ombre Avocat de 45 ans né à Budapest, Péter Magyar a effectué l'essentiel de sa carrière au sein de l'appareil d'État du Fidesz. Il a notamment été diplomate à Bruxelles et a occupé des postes de direction dans des entités publiques, telles qu'une banque d'État et une agence de prêts étudiants. Son ascension politique a débuté en 2024, à la suite du scandale lié à la grâce présidentielle accordée à un homme condamné pour avoir couvert des abus sexuels sur mineurs. Cette affaire avait entraîné la démission de son ex-épouse, Judit Varga, alors ministre de la Justice et pressentie comme une possible héritière politique de Viktor Orbán. M. Magyar avait alors publiquement accusé le Fidesz d'utiliser Mme Varga comme bouc émissaire, publiant des enregistrements sonores censés prouver la corruption au sommet de l'État. Quatre mois seulement après sa première interview majeure sur une chaîne YouTube, son parti obtenait 30 % des voix lors des élections européennes de juin 2024. Au cours des deux années suivantes, il a parcouru la Hongrie, tenant jusqu'à sept rassemblements par jour, créant un mouvement d'une rapidité inédite dans la vie politique du pays. „Jamais dans l'histoire de la Hongrie démocratique autant de personnes n'ont voté — et aucun parti n'a jamais reçu un mandat aussi fort.” — Péter Magyar via BBC

Promesse de rapprochement avec l'UE et premier déplacement à Varsovie M. Magyar a fait campagne sur la restauration de l'orientation occidentale de la Hongrie, le déblocage des fonds européens gelés et la fin de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie d'ici 2035, tout en prônant des « relations pragmatiques » avec Moscou. Il s'est engagé à réformer les systèmes d'éducation et de santé, à rétablir l'indépendance judiciaire et à démanteler le système de patronage nommé NER. Le jour du scrutin, il a affirmé que ses priorités immédiates seraient l'adoption de mesures anti-corruption et l'adhésion au Parquet européen. Il a également annoncé que son premier voyage officiel se ferait à Varsovie pour réaffirmer l'amitié entre la Hongrie et la Pologne. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a été l'un des premiers à le féliciter pour cette « victoire glorieuse », concluant son message par l'expression hongroise « Ruszkik Haza » (Russes, rentrez chez vous). Ce slogan a également été scandé par les partisans de Tisza rassemblés sur la place Batthyány à Budapest. „Nous l'avons fait. Tisza et la Hongrie ont gagné ces élections. Pas de peu, mais avec une avance considérable. Ensemble, nous avons libéré la Hongrie.” — Péter Magyar via El Confidencial

Le Fidesz face à un avenir incertain alors qu'Orbán assure l'intérim Viktor Orbán n'a pas démissionné et assurera la gestion des affaires courantes en attendant la formation du nouveau gouvernement. L'ampleur de cette défaite plonge le Fidesz dans une profonde incertitude, le parti ayant été bâti autour de la figure centrale de son chef. Avec une majorité des deux tiers, Péter Magyar dispose désormais du pouvoir constitutionnel nécessaire pour modifier la Loi fondamentale. Cet événement est perçu comme un tournant majeur pour la politique européenne, au regard du rôle de M. Orbán comme figure de proue de la démocratie illibérale. M. Magyar, qui, enfant, affichait une photo du jeune Orbán dans sa chambre, a déclaré à ses partisans : „Aujourd'hui, nous écrivons l'histoire. Le cauchemar que nous avons vécu ces dernières années touche à sa fin. La Hongrie a envoyé un message : le régime de Viktor Orbán est terminé. Notre patrie fait partie de l'Occident, de la communauté européenne et de l'OTAN.” — Péter Magyar via France 24

Mentioned People

  • Péter Magyar — Węgierski polityk i prawnik, lider partii Cisa, oczekiwany przyszły premier Węgier
  • Viktor Orbán — Węgierski prawnik i polityk, premier Węgier sprawujący urząd nieprzerwanie od 2010 roku
  • Judit Varga — Węgierska prawniczka i była polityk, minister sprawiedliwości w latach 2019–2023
  • Donald Tusk — Polski polityk, premier Rzeczypospolitej Polskiej od 2023 roku
  • Vladimir Putin — Prezydent Rosji

Sources: 17 articles