La police népalaise a arrêté samedi 28 mars l’ancien Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli et l’ex-ministre de l’intérieur Ramesh Lekhak dans le cadre de l’enquête sur la mort de 76 personnes lors des manifestations antigouvernementales de septembre 2025. Les deux hommes ont été interpellés à leur domicile, dans la périphérie de Katmandou, au lendemain de l’entrée en fonction du nouveau Premier ministre, Balendra Shah.

Deux arrestations à Katmandou

La police népalaise a arrêté Khadga Prasad Sharma Oli et Ramesh Lekhak dans le cadre de l’enquête sur les morts liées aux manifestations de septembre 2025.

Un rapport d’enquête très sévère

Une commission gouvernementale a recommandé des poursuites contre Oli, Lekhak et l’ancien chef de la police, après avoir estimé qu’aucun effort n’avait été fait pour contrôler les tirs.

Shah consolide sa prise de fonctions

L’arrestation de ses prédécesseurs intervient au lendemain de l’arrivée au pouvoir de Balendra Shah, dont le parti a remporté 182 sièges sur 275.

La police népalaise a arrêté samedi 28 mars l’ancien Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli et l’ex-ministre de l’intérieur Ramesh Lekhak dans le cadre de l’enquête sur la mort de 76 personnes lors des manifestations antigouvernementales de septembre 2025. Des policiers en tenue antiémeute ont interpellé les deux hommes à leur domicile respectif, dans la périphérie de Katmandou, avant de les transférer au bureau de la police du district de Katmandou, selon AP News. Ces arrestations sont intervenues un jour après l’investiture du rappeur devenu homme politique Balendra Shah comme Premier ministre, à la suite de la victoire écrasante de son Rastriya Swatantra Party aux élections législatives du 5 mars 2026. Un porte-parole de la police a confirmé les interpellations à l’AFP, en précisant que « la procédure se poursuivra conformément à la loi ».

Le rapport de la commission, long de 900 pages, a déclenché les arrestations Les arrestations ont suivi la publication d’un volumineux rapport de 900 pages rédigé par une commission d’enquête mandatée par le gouvernement, qui recommandait des poursuites pénales contre Oli, Lekhak et le chef de la police de l’époque. La commission a estimé qu’aucun ordre direct d’ouvrir le feu sur les manifestants n’avait pu être établi, mais que « aucun effort n’a été fait pour empêcher ou contrôler les tirs », selon des informations rapportées par l’AFP et reprises par plusieurs médias. Le panel a conclu qu’Oli portait la responsabilité de ne pas avoir mis fin à ce qu’il a décrit comme plusieurs heures d’utilisation d’armes à feu le 8 septembre 2025, quand au moins 19 manifestants ont été tués par balles à Katmandou seulement. La commission a recommandé une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison pour les personnes jugées responsables. Oli a nié avoir ordonné à la police de tirer sur les manifestants. Son avocat a qualifié son arrestation d’illégale et d’inappropriée auprès de Reuters, estimant qu’il n’existait aucun risque que l’ancien dirigeant de 74 ans prenne la fuite ou échappe à une audition. Lekhak n’a pas réagi publiquement dans l’immédiat après sa détention.

Les manifestations de septembre 2025 ont commencé le 8 septembre, lorsque des milliers de jeunes sont descendus dans les rues de Katmandou et d’autres villes népalaises pour dénoncer l’interdiction gouvernementale de plateformes de réseaux sociaux dont Facebook, Instagram et X, ainsi que la corruption généralisée et la mauvaise gouvernance. Les troubles, largement portés par des militants de la génération Z, se sont fortement aggravés lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants. En deux jours, 76 personnes ont été tuées et plus de 2 300 blessées, selon le bilan de la commission. Des foules en colère ont incendié les bureaux du Premier ministre et du président, pillé le Parlement et détruit des commissariats, contraignant de hauts responsables politiques à fuir à bord d’hélicoptères de l’armée. La crise a conduit à la démission d’Oli et à la nomination de Sushila Karki, une juge à la retraite de la Cour suprême, comme première femme Premier ministre du Népal, à titre intérimaire, dans l’attente de nouvelles élections.

Oli hospitalisé peu après son arrestation, en raison de problèmes cardiaques et rénaux Peu après son arrestation, Oli, vêtu de blanc, a été conduit sous forte escorte policière à l’hôpital, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Un porte-parole de la police de Katmandou, Pawan Kumar Bhattarai, a confirmé que cette hospitalisation avait été décidée sur recommandation d’un médecin, en raison de problèmes cardiaques et rénaux du dirigeant de 74 ans. Les deux responsables interpellés devaient être présentés à un tribunal dimanche, selon Zeit Online. Le nouveau ministre de l’intérieur, Sudan Gurung, qui a annoncé les arrestations sur les réseaux sociaux, avait lui-même été une figure de premier plan pendant les manifestations de 2025. „Personne n’est au-dessus de la loi. Nous avons placé sous contrôle l’ancien Premier ministre KP Sharma Oli et l’ancien ministre de l’intérieur Ramesh Lekhak. Il ne s’agit pas d’une vengeance contre qui que ce soit, mais simplement du début de la justice.” — Sudan Gurung via AP News

La victoire écrasante de Shah reconfigure le paysage politique népalais Le contexte politique de ces arrestations est celui d’un réalignement spectaculaire de la vie politique népalaise. Balendra Shah, ingénieur civil de 35 ans devenu une figure connue sur la scène hip-hop underground népalaise avant d’être élu maire de Katmandou en 2022, a prêté serment comme Premier ministre vendredi 27 mars devant le président Ram Chandra Poudel. Son RSP a remporté 182 (sièges) — 182 sièges du Parlement sur 275 à la Chambre des représentants, donnant au parti la majorité absolue. Le Communist Party of Nepal (Unified Marxist-Leninist) d’Oli est arrivé loin derrière, en troisième position, avec 25 sièges, selon des informations de newsORF.at. Shah avait fait campagne en promettant explicitement de retirer du pouvoir les « élites traditionnelles » et de lutter contre la corruption, se présentant comme le porte-parole des revendications du mouvement de la génération Z. Les arrestations de son prédécesseur et de l’ancien ministre de l’intérieur dès son deuxième jour au pouvoir marquent un premier geste rapide du nouvel exécutif.

Rastriya Swatantra Party (RSP): 182, CPN-UML (parti d’Oli): 25

Crise politique au Népal — Faits marquants: — ; — ; — ; — ; — ; —

Mentioned People

  • Khadga Prasad Sharma Oli — Nepalski polityk, który pełnił funkcję premiera Nepalu przez trzy kadencje: w latach 2015–2016, 2018–2021 oraz 2024–2025
  • Balendra Shah — Nepalski polityk i raper, premier Nepalu od 2026 roku
  • Ramesh Lekhak — Były minister spraw wewnętrznych Nepalu, oskarżany o wydanie polecenia otwarcia ognia do demonstrantów
  • Sudan Gurung — Obecny minister spraw wewnętrznych Nepalu i ważna postać protestów w 2025 roku

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