La police népalaise a arrêté samedi 28 mars 2026, à l’aube, l’ancien Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli à son domicile en périphérie de Katmandou. L’ancien ministre de l’intérieur Ramesh Lekhak a lui aussi été interpellé dans le cadre de l’enquête sur les 76 morts survenues lors des manifestations de septembre 2025, qui avaient entraîné la chute du gouvernement. Les autorités affirment que les deux hommes seront présentés devant un tribunal dimanche, jour ouvrable au Népal.

Deux arrestations à Katmandou

L’ex-Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli et l’ancien ministre de l’intérieur Ramesh Lekhak ont été détenus samedi 28 mars 2026.

Une commission d’enquête a recommandé des poursuites

Le rapport rendu la semaine dernière vise Oli, Lekhak et l’ancien chef de la police pour ne pas avoir empêché la répression.

Un soulèvement qui a renversé le pouvoir

Les manifestations de septembre 2025 ont fait 76 morts selon AP, plus de 2 300 blessés et ont conduit à la chute du gouvernement Oli.

Balendra Shah au cœur du nouveau paysage politique

Investi Premier ministre le 27 mars 2026, l’ancien rappeur et maire de Katmandou incarne la percée du RSP.

La police népalaise a arrêté l’ancien Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli à son domicile, dans la périphérie de Katmandou, tôt samedi 28 mars 2026, en lien avec les morts de 76 personnes lors des manifestations menées par des jeunes en septembre 2025, qui avaient renversé son gouvernement. Les autorités ont simultanément détenu l’ancien ministre de l’intérieur Ramesh Lekhak, accusé d’avoir ordonné aux forces de sécurité de tirer sur les manifestants. Plusieurs camions de policiers équipés pour le maintien de l’ordre ont procédé aux arrestations avant de conduire les deux hommes au bureau de la police du district de Katmandou. Le porte-parole de la police, Om Adhikari, a confirmé les détentions, indiquant que les deux hommes seraient présentés devant un tribunal dimanche, jour ouvrable au Népal. Ces arrestations sont intervenues un jour après l’investiture de Balendra Shah, ancien rappeur et ancien maire de Katmandou, comme Premier ministre, à la suite de la victoire écrasante de son Rastriya Swatantra Party aux élections législatives du 5 mars. Oli, 74 ans, qui a subi deux transplantations rénales, a ensuite été transféré du siège de la police vers un hôpital, selon des témoins.

Le nouveau ministre de l’intérieur parle du début de la justice Le ministre de l’intérieur en exercice, Sudan Gurung, a annoncé les arrestations sur les réseaux sociaux, les présentant comme l’exécution d’une promesse de campagne plutôt que comme une revanche politique. „Personne n’est au-dessus de la loi. Nous avons placé sous contrôle l’ancien Premier ministre KP Sharma Oli et l’ancien ministre de l’intérieur Ramesh Lekhak. Il ne s’agit pas d’une vengeance contre qui que ce soit, mais simplement du début de la justice.” — Sudan Gurung via AP Gurung, décrit par RTS comme une figure majeure des manifestations de septembre, a également écrit séparément sur Facebook que « une promesse est une promesse », selon The Himalayan Times cité par NZZ. Une commission d’enquête mise en place par le gouvernement a rendu son rapport la semaine dernière et recommandé des poursuites pénales contre Oli, Lekhak et le chef de la police en fonction pendant les troubles. La commission a demandé des peines pouvant aller jusqu’à 10 (ans de prison) — peine maximale recommandée pour Oli, Lekhak et l’ancien chef de la police pour ne pas avoir empêché la répression. Le groupe a estimé qu’Oli portait la responsabilité de n’avoir pris aucune mesure pour arrêter des heures de tirs qui ont tué au moins 19 manifestants dès le premier jour des protestations. La commission a reconnu ne pas avoir pu établir si un ordre formel d’ouvrir le feu avait été donné, mais a conclu qu’aucun effort n’avait été fait pour arrêter ou maîtriser les tirs. L’avocat d’Oli, Tikaram Bhattarai, a déclaré à Reuters que l’arrestation n’était pas justifiée, faisant valoir qu’il n’existait aucun risque que son client prenne la fuite ou évite les audiences.

Le soulèvement de la génération Z a fait 76 morts, incendié le Parlement et mis fin au gouvernement d’Oli Les manifestations à l’origine de ces arrestations ont éclaté les 8 et 9 septembre 2025, lorsque des dizaines de milliers de Népalaise et Népalaise, pour la plupart jeunes, sont descendus dans les rues à travers le pays. Les manifestations ont été déclenchées en partie par une interdiction imposée par le gouvernement sur les plateformes de réseaux sociaux, qui a poussé des militants de la génération Z dans la rue, sur fond de griefs plus larges liés à la corruption et à une mauvaise gouvernance. Au moins 19 manifestants ont été tués par balles à Katmandou dès le premier jour. Des foules en colère ont ensuite incendié les bureaux du Premier ministre et du président, des commissariats et les maisons de hauts responsables politiques, contraints de fuir à bord d’hélicoptères de l’armée. Le Parlement a également été détruit, incendié ou pillé le 9 septembre. Le calme n’est revenu qu’après le déploiement de l’armée. Oli a démissionné le 9 septembre 2025, déclarant dans sa lettre de démission qu’il espérait que son départ aiderait à « avancer vers une solution politique et la résolution des problèmes ». Les manifestations ont été décrites comme les plus meurtrières au Népal depuis la fin de la guerre civile en 2006. Ces troubles ont fait 76 (personnes tuées) — bilan total des deux journées de manifestations de septembre 2025 et plus de 2 300 blessés, selon AP, tandis qu’une commission d’enquête citée par RTS a établi un bilan de 77 morts et de plus de 2 400 blessés. Les manifestations ont conduit à la nomination, le 12 septembre, de Sushila Karki, juge à la retraite de la Cour suprême, comme première femme Première ministre du Népal, fonction qu’elle a exercée pendant la période de transition précédant les élections de mars 2026.

Népal : des manifestations de la génération Z aux arrestations: — ; — ; — ; — ; — ; —

L’ascension de Shah, du rap à la primature, redessine la politique népalaise Balendra Shah, 35 ans, a pris ses fonctions vendredi 27 mars 2026, au terme d’une ascension politique remarquable, passée du rap à la mairie de Katmandou puis à la tête du gouvernement. Son RSP a obtenu la majorité absolue aux élections législatives, les premières organisées depuis le soulèvement de septembre 2025. De son côté, Oli s’était de nouveau présenté aux élections de mars sous l’étiquette du Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié), mais sa formation a été balayée par la victoire écrasante du RSP. La carrière politique d’Oli s’étend sur près de six décennies, et il a exercé plusieurs fois la fonction de Premier ministre depuis 2015, selon RTS. La colère provoquée par les morts de septembre a été citée par plusieurs sources comme un facteur direct de l’ampleur de la victoire électorale du RSP. Shah et Gurung avaient tous deux promis justice pour les personnes tuées et blessées pendant les manifestations, et les arrestations d’Oli et de Lekhak au lendemain de l’investiture de Shah constituent la première mesure concrète du nouveau gouvernement dans le cadre de cet engagement. Les deux hommes doivent comparaître dimanche devant un tribunal de Katmandou.

Mentioned People

  • Khadga Prasad Sharma Oli — Nepalski polityk, który pełnił funkcję premiera Nepalu trzy razy: w latach 2015–2016, 2018–2021 i 2024–2025
  • Balendra Shah — Nepalski polityk i raper, obecny premier Nepalu, sprawujący urząd od 2026 roku
  • Ramesh Lekhak — Były minister spraw wewnętrznych Nepalu, oskarżany o wydanie polecenia, by władze otworzyły ogień do demonstrantów
  • Sudan Gurung — Obecny minister spraw wewnętrznych Nepalu, który ogłosił zatrzymania
  • Sushila Karki — Emerytowana sędzia Sądu Najwyższego i była premierka przejściowa Nepalu
  • Tikaram Bhattarai — Prawnik reprezentujący Khadgę Prasada Sharmę Oli
  • Om Adhikari — Rzecznik nepalskiej policji

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