L'Espagne a lancé le 20 avril 2026 une procédure exceptionnelle de régularisation migratoire, visant au moins 500 000 personnes. Dès la première journée, de longues files d'attente se sont formées devant les administrations, particulièrement en Catalogne et dans la Communauté valencienne. Ce dispositif permet aux étrangers résidant dans le pays depuis au moins cinq mois d'obtenir un titre de séjour et de travail d'un an.

Une mesure d'envergure nationale

Environ 500 000 migrants sont éligibles à un permis de séjour et de travail d'un an.

Blocage sur le certificat de vulnérabilité

L'exigence nouvelle d'un justificatif de vulnérabilité sature les services sociaux et les ONG.

Dispositif spécifique en Catalogne

Un plan d'urgence vise à traiter 46 500 dossiers en attente avant la mi-juin pour désengorger le système.

Alertes sur des frais abusifs

Des cas de facturation excessive par certains intermédiaires ont été signalés en Andalousie.

L'Espagne a entamé, le 20 avril 2026, un processus extraordinaire de régularisation migratoire. Le gouvernement estime que cette mesure bénéficiera à environ 500 000 personnes, bien que certaines prévisions évoquent un chiffre atteignant le million. Dès le premier jour, les demandes en personne ont provoqué d'importantes files d'attente dans les bureaux municipaux du pays, avec une congestion accrue en Catalogne et dans la Communauté valencienne. Des centaines de migrants ont passé la nuit au centre de foires La Farga, à L'Hospitalet de Llobregat, pour obtenir les documents nécessaires, tandis que l'attente à la Plaza Sant Miquel de Barcelone a dépassé les quatre heures. À Valence, les demandeurs ont patienté dès l'aube devant la mairie, la file s'étirant jusqu'au théâtre Olympia. Si la Galice, les Canaries et la Rioja ont rapporté une fréquentation modérée, les bureaux de poste à Madrid ont maintenu un ordre relatif. Le processus permet aux immigrés présents en Espagne depuis au moins cinq mois de solliciter un permis de travail et de séjour d'un an, valable dans tous les secteurs et sur l'ensemble du territoire.

Le certificat de vulnérabilité : un obstacle administratif majeur L'élément le plus perturbateur de cette première journée a été le rapport de vulnérabilité, un document intégré au décret à la dernière minute, surprenant de nombreux demandeurs. Hugo, un ressortissant colombien attendant à Valence, disposait de son passeport, de sa preuve de résidence et d'un extrait de casier judiciaire, mais n'a pu obtenir ce certificat auprès de Caritas, de la Croix-Rouge ou de Médecins sans frontières. Dorvin, un ingénieur naval hondurien ayant reçu des offres d'emploi au port de Valence, a qualifié cette exigence de paradoxale : par définition, les migrants sans papiers sont les plus vulnérables, mais prouver cette situation exige des formalités qu'ils ne peuvent remplir. „Vu que je n'ai pas d'antécédents professionnels, c'est là que tout commence. C'est un cercle vicieux bureaucratique. Le manque d'accréditation implique déjà cette vulnérabilité.” — Dorvin via eldiario.es À Saragosse, les agents municipaux n'ont pu délivrer le document sans un passage préalable par les services sociaux, créant des retards en cascade. Natalia Chueca, maire de la ville, a dénoncé une situation de « chaos » et critiqué le décret-loi du gouvernement central pour son manque de directives juridiques. „Ce n'est pas acceptable. Le décret-loi ne nous offre aucune garantie ni sécurité juridique lorsqu'un fonctionnaire doit décider si une famille ou une personne est vulnérable.” — Natalia Chueca via El Periódico

La Catalogne lance un plan d'urgence pour 46 500 dossiers Pour soulager les administrations locales, la Catalogne a annoncé un plan d'urgence distinct afin de régulariser les dossiers en cours par la voie ordinaire avant le 16 juin 2026. Carlos Prieto, délégué du gouvernement en Catalogne, a présenté ce projet après une réunion avec la Generalitat, les municipalités et les partenaires sociaux. L'objectif est de traiter ces dossiers en attente séparément pour ne pas encombrer la file de la régularisation exceptionnelle, qui pourrait concerner jusqu'à 150 000 personnes dans la seule région catalane. M. Prieto a reconnu un « manque de temps » pour la coordination initiale, tout en minimisant l'ampleur des files d'attente initiales. „J'ai la conviction totale que la mesure se déroulera très bien en Espagne, et qu'elle sera excellente en Catalogne.” — Carlos Prieto via El Periódico La ministre des Droits sociaux de la Generalitat, Mònica Martínez Bravo, a annoncé le lancement de mesures de soutien, dont un site web dédié. En deux jours, les 56 bureaux de poste et de la Sécurité sociale autorisés en Catalogne ont assisté plus de 2 500 personnes.

Risques de fraude et tensions politiques Au-delà des lourdeurs administratives, ce lancement a exposé les migrants à certains abus. En Andalousie, des associations ont signalé des avocats facturant jusqu'à 600 euros pour des démarches qui ne devraient pas coûter plus de 50 euros. À Séville, une personne aurait exigé 200 euros par migrant pour une simple aide au remplissage des formulaires. Quelques pannes informatiques ont été signalées en Cantabrie et en Castille-et-León. À Madrid, le nombre de créneaux quotidiens est passé de 1 500 à 5 500 en 48 heures face à la demande. Le climat politique s'est également tendu, particulièrement en Andalousie à l'approche des élections régionales du 17 mai. José Fernández, délégué aux politiques sociales de la ville de Madrid, a qualifié la mesure de « précipitée », accusant le gouvernement d'agir « sans écouter les autres administrations publiques ». Les demandes peuvent être déposées jusqu'au 30 juin 2026 dans plus de 370 points agréés à travers l'Espagne.

L'Espagne a déjà procédé à des régularisations d'envergure, notamment en 2005 sous le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero. Le processus actuel, porté par Pedro Sánchez, s'appuie sur le registre RECEX pour valider les certificats de vulnérabilité. Elma Saiz, ministre de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, supervise l'opération.

[{"dateISO": "2026-04-20", "date": "20 avril 2026", "event": "Ouverture officielle du dépôt des demandes en personne"}, {"dateISO": "2026-06-16", "date": "16 juin 2026", "event": "Date limite en Catalogne pour le plan d'urgence (voie ordinaire)"}, {"dateISO": "2026-06-30", "date": "30 juin 2026", "event": "Clôture nationale du dépôt des demandes de régularisation exceptionnelle"}]

Mentioned People

  • Elma Saiz — Minister ds. Inkluzji, Zabezpieczenia Społecznego i Migracji oraz Rzeczniczka Rządu od 2025 roku
  • Carlos Prieto Gómez — Delegat Rządu Hiszpanii w Katalonii od 2023 roku
  • Natalia Chueca — Burmistrz Saragossy od czerwca 2023 roku
  • José Fernández — Delegat Madrytu ds. polityki społecznej

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