Le secrétariat national de l'UGT a voté à l'unanimité contre le projet de réforme du travail du gouvernement ce 9 avril 2026. Cette décision interrompt un processus de négociation amorcé il y a neuf mois et marqué par plus de 50 réunions de travail.
Rejet unanime de l'UGT
Le principal syndicat réformiste a rejeté le projet « Trabalho XXI », bloquant neuf mois de négociations.
Menace de veto présidentiel
Le président António José Seguro a promis de bloquer toute réforme sans accord global des partenaires sociaux.
Division patronale
Les organisations d'employeurs sont partagées entre la volonté de négocier (CIP) et le constat d'échec (CCP, CTP).
Pression parlementaire
La droite réclame un transfert du débat au Parlement, tandis que la gauche demande le retrait pur et simple du texte.
La principale fédération syndicale du Portugal, l'UGT, a rejeté à l'unanimité le dernier projet de réforme du travail du gouvernement, baptisé « Trabalho XXI », le 9 avril 2026. Cette décision marque un coup d'arrêt à un processus de négociation qui s'était étalé sur neuf mois et plus de 50 réunions internes. Le secrétariat national de l'UGT a précisé que la proposition « ne permet pas encore d'aboutir à un consensus », évoquant des inquiétudes concernant l'individualisation des relations de travail, la libéralisation et la précarisation du marché de l'emploi, ainsi que des restrictions sur l'activité syndicale. Malgré ce rejet, la fédération a simultanément appelé à la poursuite des discussions dans le cadre de la Concertation sociale, indiquant qu'elle ne quittait pas définitivement la table des négociations. Le gouvernement, représenté par le ministre de la Présidence António Leitão Amaro, a réagi en laissant la porte ouverte.
„« Nous attendrons de recevoir la position officielle de l'UGT et nous pouvons affirmer que le gouvernement maintient la porte ouverte pour achever la négociation. Il reste encore une phase avant la fin, et elle arrivera un jour, mais je ne suis pas ici pour décréter un quelconque terme. »” — António Leitão Amaro via Observador
Le cadre de la concertation sociale au Portugal constitue depuis des décennies la principale plateforme de négociation des modifications majeures de la législation du travail. Le processus « Trabalho XXI », débuté environ neuf mois avant le rejet d'avril 2026, impliquait le gouvernement, l'UGT et quatre confédérations patronales. La CGTP, l'autre grande confédération syndicale du pays, n'a pas participé aux négociations et a systématiquement appelé au rejet du projet tout au long du processus.
Les confédérations patronales divisées sur la suite à donner La réaction des organisations patronales a été partagée, illustrant la fragilité de toute future coalition de négociation. La CIP, par la voix de son directeur général Rafael Alves Rocha, a déclaré maintenir sa « pleine disponibilité » pour poursuivre les discussions, une position relayée par le président de la CIP, Armindo Monteiro, dont l'attitude a été jugée moins radicale que celle d'autres représentants du patronat. De son côté, la Confédération du commerce et des services du Portugal (CCP), dirigée par João Vieira Lopes, a adopté un ton plus ferme, estimant qu'une poursuite des négociations n'était plus viable puisque tous les points avaient déjà été examinés. La Confédération du tourisme du Portugal (CTP), présidée par Francisco Calheiros, a indiqué ne pas être surprise par la décision de l'UGT et a prévenu qu'elle ne participerait pas à ce qu'elle qualifie de « manœuvres purement dilatoires ». La Confédération des agriculteurs du Portugal (CAP) a décliné toute prise de position immédiate, souhaitant attendre une réunion formelle avec tous les partenaires sociaux convoquée par le ministre. Selon les informations de l'Observador, le gouvernement sondait les partenaires sociaux pour un nouveau cycle de négociations avant une réunion plénière de la Commission permanente de concertation sociale, initialement prévue le lundi suivant mais finalement écartée.
La menace de veto du président Seguro pèse sur le processus Une contrainte constitutionnelle majeure pèse désormais sur la capacité du gouvernement à imposer une réforme unilatérale. Le président de la République, António José Seguro, élu en février 2026, a averti qu'il respecterait son engagement de campagne en opposant son veto à la réforme du travail si aucun accord n'était trouvé dans le cadre de la concertation sociale. Cette menace constitue un obstacle structurel pour l'exécutif de centre droit (PSD/CDS), qui a besoin soit de l'aval syndical, soit d'un revirement présidentiel pour promulguer la loi. Les neuf points de désaccord listés par l'UGT incluent l'extension des contrats à durée déterminée, la suppression des garanties de réintégration en cas de licenciement illégal, le retour des banques d'heures individuelles, la possibilité de changements de catégorie avec réduction de salaire, la non-application des conventions collectives aux travailleurs en sous-traitance, la suppression des mécanismes d'arbitrage, la facilitation de l'expiration des accords, l'extension des services minimums pendant les grèves et les restrictions de l'activité syndicale en entreprise. Des sources gouvernementales citées par l'Observador estiment que l'UGT cherche à gagner du temps pour justifier un futur « oui » avant le 1er mai, alors que la CGTP a déjà appelé à une manifestation générale pour le 17 avril et que la date du 25 avril représente un moment symbolique fort pour les syndicats.
La droite appelle au débat parlementaire, la gauche dénonce une attaque sociale L'ensemble de l'échiquier politique a réagi à cette rupture avec des analyses divergentes. À droite, André Ventura, chef du parti Chega, a soutenu que le gouvernement devait soit abandonner la réforme, soit la soumettre au Parlement, s'appuyant sur la majorité de droite actuelle à l'Assemblée.
„« Soit le gouvernement renonce à sa réforme de la législation du travail, soit nous cherchons à la mener comme nous aurions dû le faire depuis le début, en respectant la majorité des électeurs qui existe actuellement à droite au Parlement et dans le pays. »” — André Ventura via SIC Notícias
Mariana Leitão, présidente du groupe parlementaire Iniciativa Liberal, a également exigé que le gouvernement dépose sa proposition au Parlement sans tarder, arguant que la concertation sociale ne représentait que
7 (pour cent) — des travailleurs selon Iniciativa Liberal
de la population active, ce qui en faisait selon elle un forum inadapté aux enjeux du marché du travail du XXIe siècle. À gauche, Miguel Cabrita du PS a affirmé que la proposition était quasiment identique à la version rejetée par les syndicats en juillet, tandis qu'Alfredo Maia du PCP a qualifié le projet de « déclaration de guerre aux travailleurs » et a demandé son retrait. José Manuel Pureza, coordinateur du Bloco de Esquerda, a également réclamé le retrait du texte sur les réseaux sociaux. À environ trois mois de la suspension des travaux parlementaires, le délai pour débattre et voter la réforme lors de cette session législative semble de plus en plus réduit.
Mentioned People
- Mário Mourão — Sekretarz generalny UGT od 2022 roku, były bankowiec i członek Partii Socjalistycznej
- António Leitão Amaro — Wiceprezes Partii Socjaldemokratycznej i minister ds. prezydencji
- Armindo Monteiro — Obecny prezes CIP (Confederação Empresarial de Portugal), reprezentujący interesy portugalskiego biznesu
- João Vieira Lopes — Prezes CCP, reprezentujący sektory handlu i usług w Portugalii
- André Ventura — Lider prawicowej partii Chega i były kandydat na prezydenta
- Mariana Leitão — Przewodnicząca grupy parlamentarnej Iniciativa Liberal (IL)
- António José Seguro — Prezydent Portugalii od lutego 2026 r., umiarkowany socjalista i były lider Partii Socjalistycznej
Sources: 29 articles
- Leis laborais: CIP acusa UGT de faltar à verdade (Publico)
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