Le Sejm polonais n’est pas parvenu, vendredi, à lever le veto du président Karol Nawrocki sur une vaste réforme du Code de procédure pénale. Le texte reste donc bloqué. Lors du vote du 27 mars 2026, 244 députés ont soutenu le rejet du veto, soit 20 voix de moins que le seuil requis, contre 180 opposants et 16 abstentions parmi 440 parlementaires présents.
Le Sejm ne parvient pas à lever le veto
Avec 244 voix pour le rejet du veto, le camp gouvernemental est resté sous le seuil des 264 voix nécessaires pour passer outre la décision présidentielle.
Deux élus PiS s’abstiennent
Krzysztof Szczucki et Paweł Jabłoński ont rompu la discipline de vote en choisissant l’abstention, ce qui a attiré l’attention sur des divergences internes au PiS.
Un bras de fer sur le fond de la réforme
Le gouvernement affirme vouloir limiter les abus de la détention provisoire, tandis que la présidence estime que le texte allait trop loin sur certaines infractions sensibles.
Le Sejm polonais n’est pas parvenu, vendredi, à lever le veto du président Karol Nawrocki sur une vaste modification du Code de procédure pénale, laissant bloquée une réforme importante du droit pénal polonais. Lors du vote tenu le 27 mars 2026, 244 (votes) — les députés ont voté pour rejeter le veto, sans atteindre le seuil requis, contre 180 voix contre et 16 abstentions parmi les 440 membres du Parlement ayant participé. La coalition au pouvoir avait besoin d’une majorité des trois cinquièmes de 264 voix pour adopter à nouveau le projet de loi, ce qui signifie que la motion a échoué pour exactement 20 voix. Le président Nawrocki avait opposé son veto à cette modification le 13 mars 2026, invoquant des préoccupations liées à la sécurité des citoyens et à la capacité de l’État à lutter contre la grande criminalité.
Deux députés PiS rompent la discipline et s’abstiennent L’issue du vote a été influencée en partie par le comportement de députés de l’opposition. Deux membres du parti Droit et Justice, Krzysztof Szczucki et Paweł Jabłoński, ont choisi de s’abstenir plutôt que de voter contre le rejet du veto aux côtés de leurs collègues. Dans une déclaration à Polsat News, Szczucki a expliqué sa position en estimant que le système de détention provisoire devait être réformé, mais que le projet de la coalition comportait trop de défauts. „Le système de détention provisoire doit être réformé.” — Krzysztof Szczucki via Polsat News Les deux élus ont voté différemment du chef du parti, Jarosław Kaczyński, qui s’opposait au rejet du veto. Selon Polsat News, 11 députés du PiS n’ont pas pris part au vote, tandis que tous les autres membres du groupe présents dans l’hémicycle ont voté de manière uniforme contre le rejet du veto. Ces abstentions ont retenu l’attention, car elles constituent un rare cas de désaccord interne dans un parti d’opposition très discipliné.
En faveur du rejet du veto : 244, Contre le rejet du veto : 180, Abstentions : 16, N’ont pas voté : 20
La coalition et la présidence s’opposent sur la portée réelle de la réforme Le débat sur le veto a mis au jour un vif désaccord entre le gouvernement et la présidence sur le contenu de l’amendement. Le ministre de la Justice et procureur général, Waldemar Żurek, a affirmé vendredi que les changements retoqués n’avaient pas pour objectif de protéger qui que ce soit, mais de limiter les abus de la détention provisoire et de renforcer les droits des citoyens face à l’État. „La modification vetoée par le président n’avait pas pour but de protéger qui que ce soit, mais de limiter les abus de la détention provisoire, d’organiser les règles et de renforcer les garanties du citoyen dans son rapport avec l’État.” — Waldemar Żurek via PAP Le vice-ministre de la Justice, Arkadiusz Myrcha, a qualifié le veto d’erreur politique, décrivant la législation bloquée comme la plus vaste réforme globale de la procédure pénale depuis près de 30 ans. Le palais présidentiel a toutefois maintenu que le projet contenait des dispositions qui auraient exclu certaines infractions sexuelles contre des enfants de la possibilité d’une détention provisoire. Le chef de la chancellerie présidentielle, Zbigniew Bogucki, s’exprimant jeudi au Sejm, a soutenu que, si le président était favorable à l’élargissement des catégories de crimes exclus de la détention, il ne pouvait accepter que les infractions sexuelles contre des enfants ou les crimes contre la sécurité de l’État soient inclus dans ce groupe. Le porte-parole de la présidence, Rafał Leśkiewicz, a indiqué que le veto était motivé par la préoccupation pour la sécurité des citoyens et l’efficacité de l’État dans la lutte contre les crimes les plus dangereux, ajoutant que la justification mentionnait aussi un manque de clarté et de cohérence systémique dans certaines des nouvelles dispositions.
Des supporters de football affichent des banderoles contre Nawrocki Le veto a suscité une réaction publique inhabituelle de la part de supporters de football polonais, qui soutenaient depuis des années les dispositions de l’amendement sur les règles de détention provisoire. Selon Polsat News, des banderoles critiquant le président Nawrocki sont apparues dans plusieurs stades à travers la Pologne lors de matchs récents. Des supporters du Motor Lublin ont déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire : „K. Nawrocki — vous vetoz discrètement la loi, vous acceptez une détention de plusieurs années sans preuves.” — Supporters du Motor Lublin via Polsat News Des fans présents au stade du Cracovia ont affiché un message accusant le président d’avoir trahi les électeurs qui lui avaient permis de gagner. La modification du Code de procédure pénale est le résultat d’environ deux ans de travail législatif, dont des mois de délibérations de la Commission de codification du droit pénal, selon le vice-ministre Myrcha. Le Code de procédure pénale initial a été adopté en 1997. Selon Do Rzeczy, le Sejm avait déjà échoué à deux reprises à passer outre des vetos de Nawrocki, une fois sur une loi concernant les cryptoactifs et une fois sur la loi dite sur la laisse, toutes deux en décembre 2025. En Pologne, un veto présidentiel ne peut pas s’appliquer sélectivement à des dispositions individuelles ; le président doit soit promulguer, soit rejeter l’ensemble du projet de loi. Le maréchal du Sejm, Włodzimierz Czarzasty, qui a annoncé le vote, a décrit le texte comme portant sur la détention provisoire, le droit à un avocat dès le premier instant de l’arrestation et l’interdiction d’utiliser des preuves obtenues illégalement, selon la doctrine dite du fruit de l’arbre empoisonné. Le veto étant désormais maintenu, la réforme n’entrera pas en vigueur à moins que la coalition ne parvienne à négocier une version révisée acceptable pour le président ou à obtenir davantage de voix lors d’une future tentative.
Mentioned People
- Karol Nawrocki — Prezydent Rzeczypospolitej Polskiej od 6 sierpnia 2025 roku
- Rafał Leśkiewicz — Podsekretarz stanu w Kancelarii Prezydenta Rzeczypospolitej Polskiej i rzecznik prezydenta od 2025 roku
- Zbigniew Bogucki — Szef Kancelarii Prezydenta Rzeczypospolitej Polskiej od 2025 roku
- Waldemar Żurek — Minister sprawiedliwości i prokurator generalny w trzecim rządzie Donalda Tuska od 2025 roku
- Włodzimierz Czarzasty — Marszałek Sejmu X kadencji od 2025 roku
- Krzysztof Szczucki — Poseł Prawa i Sprawiedliwości, który wstrzymał się od głosu w sprawie weta
- Paweł Jabłoński — Poseł Prawa i Sprawiedliwości, który wstrzymał się od głosu w sprawie weta
Sources: 6 articles
- Prezydencki projekt ustawy ws. KPK. "Trzeba to oddać sądowi" (wpolityce.pl)
- To jeden z dwóch posłów PiS, który wstrzymał się od głosu. "Trzeba zreformować system" (polsatnews.pl)
- Czarzasty wyprosił Żurka. "Proszę opuścić salę sejmową" (Do Rzeczy)
- Weto prezydenta zostaje. Donald Tusk skrytykował prezydenta i PiS. "Ten typ tak ma" (polsatnews.pl)
- Sejm nie odrzucił weta prezydenta Nawrockiego. Brak wymaganej większości (FAKT24.pl)
- Sejm zdecydował ws. weta prezydenta (wiadomosci.radiozet.pl)
- Sejm znów nie odrzucił prezydenckiego weta. Znamy wyniki głosowania (Do Rzeczy)
- Sejm podjął próbę przełamania weta prezydenta. Jest decyzja (Wprost)
- Porażka rządu w Sejmie: Weto prezydenta Nawrockiego utrzymane. Zabrakło niewielu głosów (www.gazetaprawna.pl)
- Sejm zdecydował ws. weta Nawrockiego (rmf24.pl)