Selon le Washington Post, le ministre hongrois des affaires étrangères Péter Szijjártó aurait communiqué en temps réel à Moscou des informations confidentielles sur des sommets de l’Union européenne. Ces accusations surviennent alors que Budapest bloque à la fois un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine et le 20e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie. Plusieurs capitales européennes disent déjà avoir restreint les échanges sensibles avec la Hongrie.
Des accusations de fuites au profit de Moscou
Le Washington Post affirme que Péter Szijjártó a transmis pendant des années à Sergey Lavrov des informations confidentielles sur les discussions des sommets de l’UE.
Bruxelles et Budapest en plein bras de fer
Ces révélations surviennent alors que la Hongrie bloque un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine ainsi que le 20e paquet de sanctions européennes contre la Russie.
Formats diplomatiques restreints
Selon plusieurs diplomates, des discussions sensibles ont déjà été déplacées vers des cadres plus réduits comme l’E3, l’E4, le triangle de Weimar et le NB8.
Démentis hongrois et prudence européenne
Péter Szijjártó et János Bóka rejettent les accusations, tandis que le Conseil européen et la Commission européenne se refusent à tout commentaire public pour l’instant.
Nouvelle allégation autour d’un plan dit « Gamechanger »
Le journal américain évoque aussi des discussions attribuées au SVR sur une stratégie visant à mettre en scène une tentative d’assassinat contre Viktor Orbán pendant la campagne.
Le Washington Post affirme que le ministre hongrois des affaires étrangères, Péter Szijjártó, a régulièrement transmis en temps réel au ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, des informations confidentielles sur les discussions lors des sommets de l’Union européenne, en s’appuyant sur des témoignages de responsables européens de la sécurité. D’après le journal, M. Szijjártó a entretenu pendant des années des contacts téléphoniques étroits avec M. Lavrov et tenait Moscou informé de l’évolution des négociations ainsi que des issues possibles pendant les pauses des réunions de l’UE. Le Conseil européen n’a pas souhaité commenter ces accusations et des sources européennes ont indiqué qu’elles « ne commentaient pas pour le moment ». M. Szijjártó a, pour sa part, rejeté ces informations en les qualifiant de mensonges. Ces révélations interviennent dans un contexte de forte tension entre Bruxelles et Budapest, la Hongrie bloquant à la fois un 90 (billion euros) — prêt à l’Ukraine de 90 milliards d’euros bloqué par la Hongrie et le 20e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie.
Tusk confirme des soupçons anciens, Budapest dénonce de fausses informations Le premier ministre polonais Donald Tusk a réagi au rapport sur le réseau social X, estimant que ces accusations correspondaient à des soupçons présents depuis un certain temps chez les dirigeants européens. „The report that Orbán's people inform Moscow about European Council meetings down to the smallest details should surprise no one. We have had suspicions about this for a long time. That is one of the reasons why I speak only when it is absolutely necessary, and say only as much as is needed.” (Le fait que les proches d’Orbán informent Moscou des réunions du Conseil européen dans les moindres détails ne devrait surprendre personne. Nous avions ces soupçons depuis longtemps. C’est l’une des raisons pour lesquelles je ne parle que lorsque c’est absolument nécessaire et ne dis que ce qui est nécessaire.) — Donald Tusk via Aktuálně.cz Le ministre hongrois des affaires de l’Union européenne, János Bóka, a rejeté sans réserve l’article du Washington Post, qu’il a présenté comme un récit mensonger destiné à affaiblir son parti avant les élections législatives du 12 avril. M. Bóka a décrit l’article comme « une réaction désespérée au fait que le parti Fidesz d’Orbán gagne du terrain avant les élections », ajoutant que les Hongrois ne se laisseraient pas tromper. La Commission européenne a également refusé de commenter. Plusieurs sources diplomatiques ont indiqué à Politico que l’UE ne publierait probablement aucune réponse formelle avant les élections. L’une d’elles a souligné que toute mesure forte avant le 12 avril pourrait offrir à M. Orbán un avantage de campagne.
La diplomatie européenne se replie discrètement sur des formats restreints et jugés fiables Le rapport du Washington Post confirme ce sur quoi des diplomates européens avaient déjà commencé à agir depuis un certain temps : les discussions sensibles en matière de sécurité étaient déplacées hors du format complet à 27 vers des cadres plus réduits et considérés comme plus sûrs. Un haut diplomate européen non nommé a déclaré à Politico que des États membres jugés « moins loyaux » expliquaient en grande partie le fait que l’essentiel de la diplomatie européenne se déroule désormais dans des formats restreints. Il s’agit notamment des configurations E3, E4, triangle de Weimar et NB8, conçues pour permettre des échanges francs entre États ayant un degré de confiance mutuelle plus élevé. L’ancien ministre lituanien des affaires étrangères Gabrielius Landsbergis a déclaré à Politico qu’il avait reçu dès 2024 un avertissement selon lequel la partie hongroise pouvait transmettre des informations à Moscou. À la suite de cela, lui et ses collègues ont commencé à limiter ce qu’ils partageaient en présence du ministre hongrois. M. Landsbergis a également indiqué qu’avant le sommet de l’OTAN de 2023 à Vilnius, des envoyés avaient déjà décidé d’exclure la délégation hongroise des réunions sensibles, en se limitant à des échanges formels avant de se réunir séparément. Une source diplomatique a estimé que l’UE pourrait répondre à ces nouvelles accusations en retenant encore davantage d’informations à la Hongrie et en durcissant encore les règles de partage d’informations.
Le veto d’Orbán et l’allégation d’un projet russe « Gamechanger » accentuent la pression La Hongrie de Viktor Orbán entretient des liens étroits avec Moscou depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022 et a, à plusieurs reprises, bloqué ou retardé des mesures de l’Union européenne destinées à soutenir Kiev. M. Orbán soutient que le conflit en Ukraine est une question dans laquelle l’UE ne devrait pas intervenir. Les entraves de Budapest à l’unité européenne sur l’Ukraine constituent depuis plusieurs années une source récurrente de tensions au sein du bloc, la Hongrie ayant opposé son veto ou retardé plusieurs paquets de sanctions et instruments financiers au cours des quatre dernières années. Le rapport du Washington Post contient également une autre accusation distincte et plus grave : des agents du service russe de renseignement extérieur, le SVR, auraient évoqué une stratégie dite « Gamechanger » consistant à mettre en scène une tentative d’assassinat contre M. Orbán afin de modifier la dynamique de la campagne électorale hongroise. Le quotidien américain établit un parallèle avec la tentative d’assassinat présumée contre Donald Trump pendant la campagne présidentielle américaine de 2024 et son effet sur les intentions de vote. Le blocage par la Hongrie du prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, approuvé par les dirigeants européens en décembre, perdure malgré les efforts soutenus déployés par plusieurs dirigeants européens pour convaincre M. Orbán lors du dernier Conseil européen. Le veto simultané de Budapest au 20e paquet de sanctions contre la Russie a encore accru l’irritation de plusieurs États membres. Les résultats de recherche sur internet indiquent que le parti centriste de droite Tisza devance actuellement le Fidesz dans les sondages avant le scrutin du 12 avril. La visite du vice-président américain JD Vance en Hongrie, prévue au début d’avril, ajoute une dimension internationale à ce qui constitue déjà l’élection hongroise la plus disputée depuis des années.
Mentioned People
- Péter Szijjártó — minister spraw zagranicznych i handlu Węgier od 2014 roku
- Sergey Lavrov — minister spraw zagranicznych Rosji od 2004 roku
- Donald Tusk — premier Polski od grudnia 2023 roku
- Viktor Orbán — premier Węgier od 2010 roku
- János Bóka — węgierski polityk, od 2023 roku minister do spraw Unii Europejskiej
- Gabrielius Landsbergis — były minister spraw zagranicznych Litwy
Sources: 5 articles
- Comisia Europeană va cere explicaţii Ungariei după presupuse scurgeri de informaţii către Rusia de la reuniuni europene (G4Media.ro)
- Comisia Europeană cere clarificări din partea Ungariei, după acuzațiile că Budapesta ar fi împărtășit informații cu Rusia (Mediafax.ro)
- Bruxelas insta Hungria a esclarecer se transmitiu informações confidenciais à Rússia (Jornal Expresso)
- Spionageverdacht gegen Orbans Regierung: Jetzt reagiert die EU (watson.ch/)
- European Commission wants Hungary to 'clarify' claims it shared info with Russia (POLITICO)
- Ungarn: Empörung in Brüssel nach Spionageverdacht gegen Orbáns Außenminister - WELT (DIE WELT)
- Informações confidenciais à Rússia? Bruxelas insta Hungria a esclarecer (Notícias ao Minuto)
- L'UE "préoccupée" : La Hongrie aurait transmis des données sensibles à Moscou (La Libre.be)
- "Un atac grav". Reacția lui Viktor Orban, după ce Peter Szijjarto a fost acuzat că ar fi transmis Rusiei rapoarte confidențiale ale UE (Digi24)
- Orbánův ministr měl donášet Putinovi. "Znepokojivé zprávy," bijí na poplach v Bruselu (Blesk.cz)