Des victimes de Jeffrey Epstein ont engagé jeudi une action collective contre le gouvernement américain et Google, accusant le ministère de la justice d’avoir exposé les données personnelles d’environ 100 rescapés. Les plaignants estiment que la publication de plus de trois millions de documents en janvier 2026 s’est faite au détriment de leur vie privée, avec des noms et, dans certains cas, des photographies nues encore reconnaissables.

Une action collective contre Washington et Google

Des victimes de Jeffrey Epstein poursuivent le gouvernement américain et Google après la publication de millions de documents en janvier 2026.

Des données personnelles restées accessibles

Les plaignants estiment que les noms et certaines photos nues sont restés consultables en ligne malgré le retrait des fichiers officiels.

Google mis en cause pour son inertie

La plainte affirme que l’entreprise a ignoré plusieurs demandes de suppression et a laissé les contenus remonter dans ses résultats.

Une affaire inscrite dans une longue suite judiciaire

Cette procédure s’ajoute à d’autres dossiers civils liés au scandale Epstein, dont un accord de 35 millions de dollars.

Victimes de Jeffrey Epstein ont déposé jeudi une action collective contre le gouvernement américain et Google, accusant le Département de la justice des États-Unis d’avoir exposé les données personnelles d’environ 100 survivants lorsqu’il a publié en janvier 2026 plus de trois millions de documents liés à l’affaire Epstein. Les plaignants affirment que le DOJ a fait un choix politique délibéré, en privilégiant une publication rapide et massive plutôt que la protection de la vie privée des victimes, laissant accessibles au public des noms et, dans certains cas, des photographies nues avec des visages reconnaissables. Le gouvernement américain a depuis reconnu avoir porté atteinte aux droits des survivants et retiré les documents, mais la plainte soutient que le préjudice se poursuit car ces éléments restent accessibles via Google. L’action demande au moins 1 000 dollars par victime au DOJ et des dommages-intérêts punitifs contre Google, ainsi qu’une décision de justice obligeant Google à supprimer définitivement les informations personnelles des victimes de ses plateformes.

Le DOJ a reconnu des erreurs, mais les données sont restées en ligne La plainte indique que les documents non expurgés contenaient des noms et, selon des informations du New York Times citées dans les écritures, des dizaines de photographies nues dont les visages n’avaient pas été rendus méconnaissables. Les plaignants accusent le DOJ de ne pas avoir appliqué les caviardages requis avant la publication des fichiers, exposant ainsi à la vue du monde entier environ 100 survivants dans une démarche assimilée à un outing. Jay Clayton, procureur des États-Unis pour le District sud de New York, a indiqué début février 2026 à des juges fédéraux que le ministère avait retiré des milliers de documents et de contenus multimédias ayant pu inclure par erreur des informations d’identification sur des victimes, attribuant le problème à des erreurs techniques ou humaines. Les autorités ont déclaré poursuivre l’examen des procédures afin d’éviter des situations similaires à l’avenir. Les plaignants soutiennent toutefois que le retrait des sources officielles n’a pas empêché la circulation des éléments en ligne, des plateformes comme Google continuant à faire remonter ces contenus dans les résultats de recherche et dans des contenus générés par IA.

Google aurait ignoré des demandes répétées de suppression, selon les victimes La plainte accuse Google d’avoir ignoré des demandes répétées de victimes visant à supprimer les documents, les plaignants affirmant avoir alerté l’entreprise à plusieurs reprises en février et mars 2026 sans obtenir de résultat. La plainte soutient que Google dispose des capacités techniques permettant de retirer des contenus sensibles lorsqu’elle est saisie de demandes légales et que son refus d’agir dans cette affaire relève d’un comportement imprudent. « Des entités en ligne comme Google les republient régulièrement, refusant les demandes des victimes de les supprimer », indique l’action, selon Mediafax. Les conséquences pour les survivants ont été lourdes, selon le dépôt.

„Les victimes sont désormais confrontées à un traumatisme renouvelé. Des inconnus les appellent, leur envoient des courriels, menacent leur sécurité physique et les accusent d’avoir conspiré avec Epstein, alors qu’en réalité elles ne sont rien d’autre que ses victimes.” — Plainte des victimes d’Epstein via Mediafax

Les plaignants décrivent une situation dans laquelle le retrait officiel des documents s’est révélé, en pratique, sans effet, car des plateformes tierces continuent de redistribuer le matériel sans restriction.

Les crimes d’Epstein se sont étendus sur des décennies avant sa mort en 2019 Jeffrey Epstein a été condamné en 2008 pour avoir amené un mineur à se livrer à la prostitution et, à la suite d’un accord controversé avec les procureurs, a purgé un peu moins de 13 mois de prison. En juillet 2019, il a de nouveau été arrêté et inculpé par un tribunal fédéral pour avoir abusé de bien d’autres victimes. Il a été retrouvé mort dans sa cellule de prison à New York le 10 août 2019, les autorités ayant conclu à un suicide. Selon les constats du FBI et du DOJ cités dans les articles sources, Epstein aurait abusé de plus de mille mineures et jeunes femmes, introduisant parfois des victimes auprès de personnalités en vue.

La diffusion des documents en janvier 2026 a été présentée comme une mesure de transparence, portant sur les liens d’Epstein avec des personnalités influentes, mais la plainte soutient qu’elle a été menée sans garanties suffisantes pour les personnes que le système judiciaire était censé protéger. La plainte relève que, si les noms des auteurs présumés ont souvent été expurgés dans les fichiers publiés, ceux des victimes sont restés visibles, un contraste que les plaignants décrivent comme une inversion fondamentale des protections dues aux survivants. Le caractère collectif de l’action signifie que d’autres survivants, au-delà des quelque 100 nommés dans la plainte, pourraient finalement être inclus dans toute décision ou tout accord. L’affaire s’ajoute à une série de procédures civiles liées au scandale Epstein, dont un accord de 35 millions de dollars entre la succession Epstein et des plaignants, qui a reçu une approbation judiciaire préliminaire début mars 2026, ainsi qu’un accord provisoire conclu par Bank of America dans une autre action en mars 2026.

Mentioned People

  • Jay Clayton — Prokurator USA dla Południowego Dystryktu Nowego Jorku od kwietnia 2025 roku
  • Jeffrey Epstein — Amerykański finansista i skazany przestępca seksualny wykorzystujący dzieci, który zmarł w areszcie w 2019 roku
  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych, którego administracja nadzorowała publikację dokumentów

Sources: 6 articles