La justice française a ouvert une information judiciaire visant Fabrice Leggeri, ancien directeur général de Frontex, sur des soupçons de complicité de crimes contre l’humanité et d’actes de torture. Cette décision, datée du 18 mars 2026 et révélée le 24 mars par l’Agence France-Presse, fait suite à une plainte d’associations qui mettent en cause des refoulements de migrants et la coopération de l’agence avec les garde-côtes libyens.
Une information judiciaire ouverte en France
La justice française a ouvert une information judiciaire visant Fabrice Leggeri pour complicité présumée de crimes contre l’humanité et d’actes de torture.
Une plainte portée par deux associations
La Ligue des droits de l’homme et Utopia 56 mettent en cause des refoulements de migrants et la coopération de Frontex avec les garde-côtes libyens.
Le contexte Frontex et OLAF
Fabrice Leggeri avait quitté Frontex en avril 2022 après une enquête de l’OLAF portant notamment sur des manquements graves et la dissimulation de rapports d’incident.
Un dossier à portée politique et juridique
Le statut actuel de député européen de Fabrice Leggeri pourrait compliquer la procédure, dans un contexte de débat européen sur la légalité des pratiques de contrôle aux frontières.
La justice française a ouvert une enquête visant Fabrice Leggeri, ancien directeur général de l’agence de contrôle des frontières Frontex, pour des soupçons de complicité de crimes contre l’humanité et d’actes de torture. La décision est datée du 18 mars 2026 et a été rapportée par Agence France-Presse le mardi 24 mars. Fabrice Leggeri, qui a dirigé Frontex de 2015 à 2022, est aujourd’hui député européen sous les couleurs du Rassemblement national, parti d’extrême droite. L’enquête trouve son origine dans une plainte déposée par des organisations de défense des droits humains au sujet du rôle présumé de l’agence dans des refoulements de migrants et de sa coopération avec les garde-côtes libyens durant le mandat de M. Leggeri.
Des associations ont saisi la justice sur les refoulements et les liens avec la Libye La plainte a été déposée par deux organisations de défense des droits humains, la Ligue des droits de l’homme et Utopia 56, qui contestent les pratiques de Frontex sous la direction de Fabrice Leggeri. Les griefs portent sur l’implication présumée de l’agence dans le renvoi forcé de migrants qui tentaient de traverser la Méditerranée ainsi que sur sa coopération opérationnelle avec les garde-côtes libyens. Les critiques de ces pratiques soutiennent de longue date que les retours vers la Libye exposaient les migrants à des violences documentées, à la détention et à la torture. Selon des informations du Monde, la cour d’appel de Paris a ouvert cette enquête à la suite de cette plainte. Cette affaire constitue l’un des contentieux les plus importants à ce jour visant l’action d’un haut responsable européen chargé de la gestion des frontières.
Leggeri a démissionné en 2022 après une enquête de l’OLAF sur Frontex Fabrice Leggeri a quitté Frontex en avril 2022 après une enquête de OLAF, l’office antifraude de l’Union européenne. Son départ est intervenu dans un contexte de contrôle accru des opérations de Frontex, alors que l’agence faisait déjà l’objet d’accusations selon lesquelles elle n’aurait ni signalé correctement ni empêché des refoulements illégaux aux frontières européennes. Après avoir quitté l’agence, Fabrice Leggeri s’est engagé en politique. Il a annoncé en février 2024 qu’il serait troisième sur la liste du Rassemblement national aux élections européennes. Il a ensuite été élu au Parlement européen, où il siège en lien avec le parti de Marine Le Pen. Ce passage de la direction d’une agence de l’Union européenne à un mandat de parlementaire d’extrême droite a suscité une attention particulière, compte tenu des controverses persistantes liées à son passage à Frontex.
Frontex a été créée en 2004 et son mandat comme son budget ont été fortement élargis après la crise migratoire de 2015, au moment où Fabrice Leggeri a pris la direction générale. Pendant toute la durée de son mandat, l’agence a été à plusieurs reprises accusée de tolérer ou de faciliter des refoulements illégaux, c’est-à-dire le fait de repousser des migrants en mer ou à des frontières terrestres sans examiner leur demande d’asile, une pratique que les organisations de défense des droits humains estiment contraire au droit international. L’OLAF a achevé son enquête sur Frontex en 2021 et a relevé des éléments faisant état de manquements graves, notamment la dissimulation de rapports d’incident. La démission de Fabrice Leggeri en 2022 a marqué un tournant dans la gouvernance de l’agence et a conduit à des réformes structurelles sous une nouvelle direction.
Une procédure rare qui soumet la politique frontalière de l’UE au contrôle du juge L’ouverture d’une information judiciaire en France place Fabrice Leggeri sous le contrôle d’un juge d’instruction. En droit français, cette étape procédurale ne vaut ni condamnation ni mise en accusation formelle, mais elle signifie que les enquêteurs ont estimé qu’il existait des éléments suffisants pour poursuivre les investigations. L’affaire est suivie de près par des spécialistes du droit des migrations et par des organisations de la société civile qui cherchent depuis des années à faire reconnaître une responsabilité juridique dans les pratiques de refoulement aux frontières de l’Union européenne. Le fait que Fabrice Leggeri soit actuellement député européen ajoute une dimension politique à la procédure, les eurodéputés bénéficiant d’une forme d’immunité susceptible de compliquer le processus judiciaire. L’ouverture de l’enquête intervient aussi dans un contexte de débat accru en Europe sur les méthodes de contrôle des frontières et sur les limites juridiques de la coopération avec les garde-côtes de pays tiers. Aucune information confirmée n’indique, à ce stade, si Fabrice Leggeri a réagi publiquement à la décision du 18 mars.
Mentioned People
- Fabrice Leggeri — francuski wysoki urzędnik, który kierował Europejską Agencją Straży Granicznej i Przybrzeżnej (Frontex) w latach 2015–2022
Sources: 1 articles
- Why former Frontex chief Fabrice Leggeri is under investigation for complicity in crimes against humanity (Le Monde.fr)
- 'Franse justitie onderzoekt rol van ex-baas Europese grenswacht bij pushbacks' (NOS)
- Pourquoi Fabrice Leggeri, l'ancien patron de Frontex, est visé par une enquête pour complicité de crime contre l'humanité (Le Monde.fr)
- France's Le Pen and Bardella back former Frontex boss over crimes against humanity accusations (POLITICO)
- Franţa: Anchetarea fostului șef Frontex, Fabrice Leggeri, pentru complicitate la crime împotriva umanității (RFI)
- La justice va enquêter sur Fabrice Leggeri, accusé d'avoir été complice de crimes contre l'humanité (Mediapart)
- Justitie in Frankrijk opent onderzoek naar voormalig hoofd van Europese grenswacht Frontex | VRT NWS Nieuws (vrtnws.be)
- Fabrice Leggeri, l'eurodeputato francese di RN ed ex capo di Frontex è indagato per "crimini contro l'umanità" (Open)
- France to investigate ex-EU border chief for alleged crimes against humanity (Reuters)
- Fabrice Leggeri visé par une enquête pour complicité de crimes contre l'humanité (L'Opinion)