À l’approche d’un sommet européen, Giorgia Meloni et neuf autres dirigeants de l’Union européenne ont demandé une révision du marché carbone de l’UE et la prolongation des quotas gratuits pour l’industrie au-delà de 2034. La lettre, révélée le 18 mars 2026, fixe à mai 2026 l’échéance souhaitée pour des changements concrets. Cette initiative intervient dans un contexte de concurrence économique accrue et de débat sur le coût énergétique supporté par les industriels européens.
Une lettre de dix dirigeants avant le sommet européen
Giorgia Meloni, Donald Tusk et huit autres dirigeants demandent une révision du marché carbone de l’UE et la prolongation des quotas gratuits pour l’industrie au-delà de 2034, avec des décisions attendues d’ici à mai 2026.
Des positions divergentes en Italie
Emanuele Orsini plaide pour une suspension totale de l’ETS, tandis que Gilberto Pichetto Fratin défend une simple correction du dispositif sans suspension. Matteo Salvini critique également le système et l’associe à la question des prix des carburants.
Les ONG mettent en garde contre un recul
Les organisations environnementales estiment qu’un affaiblissement de l’ETS réduirait la capacité de l’Union européenne à répondre à la crise énergétique et freinerait les investissements dans des solutions plus propres.
L’Italie reste minoritaire dans l’UE
Selon ANSA, malgré le durcissement de Rome sur ce dossier, la position favorable à une suspension complète ou à une refonte profonde du système ne rassemble pas une majorité au sein de l’Union.
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, et neuf autres dirigeants de l’Union européenne ont adressé à la direction de l’UE une lettre réclamant un réexamen du marché carbone du bloc et une prolongation, au-delà de 2034, des quotas gratuits d’émissions accordés à l’industrie, à la veille d’un sommet européen. Cette lettre, rapportée par ANSA le 18 mars 2026, demande que des modifications concrètes soient arrêtées d’ici à mai 2026. Le premier ministre polonais, Donald Tusk, figure parmi les signataires et plaide lui aussi pour le maintien de permis carbone gratuits en faveur de l’industrie, selon Reuters. Cette initiative traduit la pression croissante exercée par une coalition d’États membres pour alléger la charge financière que le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne fait peser sur les industriels européens dans une période de concurrence économique renforcée.
Les milieux industriels plaident pour une suspension complète du marché carbone Emanuele Orsini, président de la Confindustria, est allé plus loin que les signataires de la lettre dans un entretien accordé au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, en estimant que l’Europe devrait suspendre entièrement l’ETS. Il a qualifié la situation actuelle de « phase d’urgence », qui nécessiterait des mesures exceptionnelles. Le ministre italien de l’environnement, Gilberto Pichetto Fratin, a adopté une ligne plus mesurée en déclarant qu’« une correction est nécessaire sur l’ETS, même sans suspension ». Sa position laisse apparaître une divergence au sein même du gouvernement italien sur l’ampleur de la réforme à engager sur le marché carbone. Le vice-président du Conseil italien et ministre des transports, Matteo Salvini, est lui aussi intervenu dans le débat, qualifiant l’ETS d’« absurde » et proposant que le sujet soit traité à Bruxelles dans le cadre d’un effort plus large visant à faire baisser les prix des carburants. Selon ANSA, Matteo Salvini a indiqué que des propositions destinées à réduire le coût des carburants seraient examinées en conseil des ministres, avec l’objectif affiché de ramener le prix du diesel sous 1,90 euro le litre.
Les ONG environnementales estiment qu’un affaiblissement de l’ETS nuirait à la réponse à la crise énergétique Des organisations non gouvernementales de défense de l’environnement ont contesté cette campagne en faveur d’un recul du marché carbone, en faisant valoir qu’un affaiblissement de l’ETS compromettrait la capacité de l’Union européenne à répondre à la crise énergétique, selon ANSA. Pour ces ONG, le marché carbone ne constitue pas un fardeau pour l’industrie mais un instrument structurel destiné à réduire la dépendance énergétique et à orienter les investissements vers des solutions plus propres. Leur intervention met en évidence la tension entre, d’un côté, les préoccupations de compétitivité industrielle à court terme et, de l’autre, les objectifs de long terme en matière de climat et de sécurité énergétique. ANSA a également indiqué que l’Italie, malgré le durcissement de sa position à l’égard de l’ETS, demeure minoritaire au sein de l’UE sur la question d’une suspension pure et simple ou d’une refonte de fond. La coalition plus large de dix dirigeants signataires de la lettre représente un groupe significatif, mais pas encore dominant, dans une Union de 27 États membres.
Le calendrier du sommet accentue l’urgence du débat sur le marché carbone Le calendrier de la lettre a été choisi à dessein avant un sommet des dirigeants de l’UE, les signataires demandant que des changements soient décidés d’ici à mai 2026, ce qui laisse à la Commission européenne un délai resserré pour répondre. Le sommet de l’Union européenne devrait aborder la question du marché carbone parmi d’autres sujets économiques et énergétiques jugés prioritaires, selon Reuters. L’implication de Donald Tusk retient l’attention compte tenu du poids historique du charbon dans l’appareil industriel polonais et de l’opposition de longue date du pays à des calendriers de décarbonation trop rapides. La demande visant à prolonger les quotas gratuits au-delà de 2034 concerne l’extinction programmée de ces allocations sans coût dans le cadre actuel de l’ETS, dont les représentants de l’industrie estiment qu’elle exposerait les fabricants européens à un désavantage concurrentiel face à des rivaux situés hors du bloc. Le débat sur l’ETS s’est intensifié alors que les gouvernements européens sont confrontés simultanément à la hausse des coûts de l’énergie, à la concurrence commerciale mondiale et aux engagements pris au titre de l’accord de Paris.
Le système européen d’échange de quotas d’émission fonctionne selon un mécanisme de plafonnement et d’échange depuis 2005, ce qui en fait l’un des marchés du carbone les plus anciens et les plus vastes au monde. Des quotas gratuits ont été instaurés dès le lancement du dispositif afin d’amortir pour les secteurs à forte intensité énergétique l’effet de hausses brutales de coûts, avec une réduction progressive prévue au fil des décennies suivantes. La question de la prolongation ou de la suppression de ces quotas gratuits constitue depuis longtemps une ligne de fracture récurrente entre les États membres dotés d’un tissu industriel lourd et ceux qui plaident pour une décarbonation plus rapide.
Mentioned People
- Giorgia Meloni — premier Włoch, przewodnicząca Rady Ministrów Republiki Włoskiej
- Donald Tusk — premier Polski
- Emanuele Orsini — prezydent Confindustrii
- Gilberto Pichetto Fratin — minister środowiska i bezpieczeństwa energetycznego Włoch
- Matteo Salvini — włoski wicepremier i minister transportu