L’Organisation météorologique mondiale a averti, le 23 mars 2026, que le climat terrestre était plus déséquilibré que jamais depuis le début des observations. Son nouveau rapport met en avant, pour la première fois, le déséquilibre énergétique de la planète, un indicateur jugé central pour mesurer l’ampleur du réchauffement. L’ONU y voit un signal supplémentaire d’une accélération du changement climatique.
Onze années records depuis 2015
Selon l’OMM, la période 2015-2025 regroupe les 11 années les plus chaudes depuis le début des relevés en 1850. En 2025, l’anomalie moyenne mondiale a atteint 1,43 °C au-dessus des niveaux préindustriels.
Un déséquilibre énergétique mis en avant
L’OMM souligne pour la première fois dans son rapport annuel le déséquilibre énergétique de la planète, c’est-à-dire l’écart entre l’énergie reçue du Soleil et celle que la Terre réémet dans l’espace.
Les océans absorbent l’essentiel de l’excès de chaleur
Plus de 91 % de l’excès d’énergie thermique est stocké dans les océans. Le reste contribue notamment à la fonte des glaces, au réchauffement des terres et, dans une moindre mesure, de l’atmosphère.
Glaciers et banquise sous pression
Les glaciers ont connu l’une de leurs cinq plus mauvaises années sur 2024-2025 et la banquise des deux pôles est restée à des niveaux minimaux ou proches de ceux-ci pendant l’essentiel de 2025.
L’ONU lie climat, énergie et sécurité
António Guterres estime que la dépendance aux énergies fossiles fragilise à la fois le climat et la sécurité mondiale, dans un contexte de hausse récente des prix du pétrole et du gaz après les attaques contre l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz.
L’Organisation météorologique mondiale a averti, le 23 mars 2026, que le climat de la Terre était plus déséquilibré qu’à aucun autre moment de l’histoire des relevés, en publiant un rapport montrant que la planète absorbe bien davantage d’énergie thermique qu’elle n’est en mesure d’en renvoyer. Selon l’OMM, la période 2015-2025 correspond aux 11 années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1850. En 2025, la température moyenne de l’air à la surface du globe s’est établie à 1.43 (°C above pre-industrial levels) — anomalie de température mondiale moyenne en 2025 au-dessus des niveaux préindustriels, ce qui en fait l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. L’année 2024 avait été encore plus chaude, à environ 1,55 °C au-dessus des niveaux préindustriels, sous l’effet amplificateur du phénomène El Niño. Un effet temporaire de refroidissement lié à La Niña a modéré les températures de 2025 par rapport à 2024, mais les scientifiques avertissent que le réchauffement s’accélère au-delà de tout ce qui avait été observé jusque-là dans les relevés instrumentaux.
Le déséquilibre énergétique apparaît pour la première fois au premier plan dans un rapport de l’OMM L’OMM présente le « déséquilibre énergétique » de la planète comme la mesure la plus complète du dérèglement climatique et met cet indicateur en avant pour la première fois dans un rapport mondial sur le climat. En situation stable, la quantité d’énergie thermique reçue du Soleil est en principe proche de celle que la Terre réémet dans l’espace, mais les gaz à effet de serre ont rompu cet équilibre. Selon l’OMM, plus de 91 (%) — part de l’excès d’énergie thermique stockée dans les océans mondiaux de l’excès de chaleur est stocké dans les océans, qui jouent un rôle d’amortisseur face à une hausse plus forte des températures sur les terres. Trois pour cent supplémentaires de cet excès d’énergie contribuent à la fonte des glaciers et des zones couvertes de glace, 5 % sont absorbés par les terres et seulement 1 % par l’atmosphère elle-même. D’après l’OMM, les concentrations de gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote, ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis au moins 800 000 ans. La secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, a déclaré que les activités humaines perturbent de plus en plus l’équilibre énergétique naturel et que les conséquences se feront sentir pendant des centaines et des milliers d’années. „Les activités humaines perturbent de plus en plus cet équilibre naturel, et nous vivrons avec les conséquences pendant des centaines et des milliers d’années.” — Celeste Saulo via Seznam Zprávy
L’OMM suit les données climatiques mondiales depuis sa création en 1950, en s’appuyant sur des relevés qui remontent à 1850. Le cycle El Niño-oscillation australe, qui alterne entre la phase chaude El Niño et la phase froide La Niña, est depuis longtemps considéré comme un facteur majeur des variations de température d’une année sur l’autre. Le rapport actuel marque la première fois que l’OMM place le déséquilibre énergétique planétaire au rang d’indicateur central dans son bilan annuel sur l’état du climat mondial. Selon l’OMM, les niveaux de CO2 dans l’atmosphère sont désormais les plus élevés depuis au moins deux millions d’années, sous l’effet de la combustion des énergies fossiles depuis l’ère industrielle.
Les glaciers et les glaces polaires ont enregistré des pertes proches des records en 2025 Au-delà des records de température, l’OMM met en avant une série d’indicateurs physiques montrant une accélération des changements dans l’ensemble des systèmes planétaires. D’après des données préliminaires, les glaciers du monde ont connu, sur la période 2024-2025, l’une de leurs cinq plus mauvaises années jamais observées, tandis que la banquise aux deux pôles est restée à des niveaux minimaux ou proches de ceux-ci pendant l’essentiel de 2025. Les océans se sont réchauffés à des niveaux inédits l’an dernier, sous l’effet du déséquilibre énergétique record, et les calottes polaires ont continué de fondre à un rythme élevé. Les scientifiques reconnaissent qu’ils continuent d’étudier les mécanismes précis expliquant l’ampleur de l’accumulation de chaleur au cours de la dernière décennie, mais ils ne doutent pas que les gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur en soient la cause principale. Le rapport de l’OMM décrit les concentrations de CO2 comme les plus élevées depuis au moins deux millions d’années et attribue cette hausse aux activités humaines, dont la combustion des énergies fossiles.
2024: 1.55, 2025: 1.43
Guterres relie la dépendance aux énergies fossiles au conflit au Proche-Orient et aux prix de l’énergie Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réagi au rapport de l’OMM dans une allocution vidéo au ton ferme, appelant les pays à abandonner les énergies fossiles au profit des énergies renouvelables afin de garantir à la fois la sécurité climatique, la sécurité énergétique et la sécurité nationale. „La planète Terre est poussée au-delà de ses limites. Tous les principaux indicateurs climatiques sont au rouge.” — António Guterres via BBC António Guterres a également établi un lien direct entre la dépendance aux énergies fossiles et l’instabilité géopolitique, relevant que les prix du pétrole et du gaz naturel ont fortement augmenté ces dernières semaines après les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran et le blocage qui a suivi du détroit d’Ormuz, voie maritime essentielle pour le transport des énergies fossiles. „Les tensions climatiques dans cette période de guerre révèlent une autre réalité : notre dépendance aux énergies fossiles déstabilise à la fois le climat et la sécurité mondiale.” — António Guterres via Seznam Zprávy À plus long terme, les scientifiques prévoient le début d’une nouvelle phase El Niño à la fin de 2026, ce qui pourrait porter les températures mondiales vers de nouveaux records et accentuer les tendances relevées dans l’actuel rapport de l’OMM. La combinaison du retour du cycle El Niño et du déséquilibre énergétique de fond conduit les chercheurs à avertir que les prochaines années pourraient dépasser même les niveaux extrêmes observés en 2024.
Mentioned People
- António Guterres — Portugalski polityk i dyplomata, który od 2017 roku pełni funkcję dziewiątego sekretarza generalnego Organizacji Narodów Zjednoczonych.
Sources: 2 articles
- Klima se vychyluje z rovnováhy, varuje Světová meteorologická organizace (ČT24 - Nejdůvěryhodnější zpravodajský web v ČR - Česká televize)
- Clima da Terra está mais instável do que nunca, e El Niño pode levar a novos recordes de temperatura, alerta agência da ONU - BBC News Brasil (BBC)
- Klima na Zemi se stále více vychyluje z rovnováhy, varují meteorologové (Seznam Zprávy)
- Earth's heat imbalance hits record high as UN warns of lasting climate impact (RFI)
- WMO confirms hottest decade on record (SWI swissinfo.ch)
- Hazards mount for coastal areas as Earth's climate imbalance worsens (The Irish Times)
- UN warns planet is 'in a state of emergency' as global heat levels hit record high (TheJournal.ie)
- Earth's climate shows record energy imbalance - WMO (RTE.ie)
- Oceans take in a lot of heat as Earth's energy imbalance hits record (Financial Times News)
- El desequilibrio térmico del planeta crece: el 91% del calor extra se acumula en el océano (LaVanguardia)