Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a refusé jeudi, lors d’un sommet de l’UE, de lever son blocage sur un important prêt européen à l’Ukraine. Sa position a suscité de vives critiques de Friedrich Merz, d’António Costa et d’Ursula von der Leyen. Budapest lie ce refus aux livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Druzhba et invoque un risque de choc énergétique.

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Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a refusé jeudi, lors d’un sommet de l’UE, de lever son blocage sur un important paquet de prêts de l’UE à l’Ukraine, provoquant de nettes réprimandes du chancelier allemand Friedrich Merz, du président du Conseil européen António Costa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Viktor Orbán a lié son refus à la question des livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Druzhba, estimant que l’Union européenne ne peut pas fonctionner sans pétrole russe et mettant en garde contre un choc énergétique. Selon des résultats de recherche en ligne, le paquet bloqué représente 90 milliards d’euros. Des dirigeants européens ont accusé Viktor Orbán d’utiliser ce prêt comme moyen de pression, ce qu’António Costa a présenté comme une tentative de faire chanter les institutions de l’UE.

Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, la Hongrie de Viktor Orbán s’est heurtée à plusieurs reprises aux institutions de l’UE sur l’État de droit, la politique migratoire et le soutien à Kyiv. Budapest a bloqué ou retardé plusieurs décisions européennes liées à l’Ukraine, notamment des paquets d’aide et des prolongations de sanctions, en invoquant régulièrement la sécurité énergétique et la défense de l’intérêt national. La dépendance de la Hongrie à l’énergie russe, y compris au pétrole acheminé par l’oléoduc Druzhba, constitue de longue date un point de friction avec Bruxelles et avec d’autres États membres.

Merz met en garde contre des conséquences après une « grave rupture de confiance » Friedrich Merz a employé certains des termes les plus fermes utilisés par un grand dirigeant européen à l’égard de Viktor Orbán, qualifiant le comportement du Premier ministre hongrois de « grave rupture de confiance » et d’« acte grave de déloyauté » qui aura des conséquences. Friedrich Merz, chancelier de l’Allemagne depuis mai 2025, n’a pas précisé la nature de ces conséquences, mais cette double qualification — rupture de confiance et acte de déloyauté — a montré que Berlin considère cet épisode comme plus qu’un simple différend de politique publique. António Costa, président du Conseil européen, s’est montré tout aussi direct en avertissant que personne ne peut faire chanter les institutions de l’UE. Ursula von der Leyen a, pour sa part, affirmé que l’Union garantirait le prêt à Kyiv « d’une manière ou d’une autre », signe que les États membres sont prêts à examiner des mécanismes alternatifs pour contourner le veto hongrois. La convergence des déclarations du président du Conseil, de la présidente de la Commission et du dirigeant de la plus grande économie européenne a illustré le degré d’exaspération des partenaires de la Hongrie face à l’usage répété, par Budapest, de la règle de l’unanimité comme instrument de blocage.

Orbán invoque un choc énergétique et défend la dépendance au pétrole russe Viktor Orbán a défendu sa position en plaçant le différend sur le terrain énergétique, déclarant que l’UE « ne peut pas s’en sortir sans pétrole russe » et en évoquant la perspective d’un choc énergétique si les approvisionnements via l’oléoduc Druzhba étaient interrompus. Selon des résultats de recherche en ligne, la Slovaquie a également refusé d’approuver le paquet de prêts, Budapest et Bratislava subordonnant toutes deux leur soutien à des garanties sur les livraisons de pétrole russe. L’argument de Viktor Orbán place la sécurité énergétique au cœur de sa résistance, une présentation qui trouve un écho sur le plan politique intérieur en Hongrie compte tenu de la dépendance persistante du pays aux infrastructures énergétiques russes. Cette position le place en décalage avec l’orientation plus large de l’UE visant à réduire la dépendance aux énergies russes, une politique accélérée après l’invasion de l’Ukraine en 2022. D’après les informations disponibles, aucun autre dirigeant européen n’a publiquement repris à son compte l’argument énergétique avancé par Viktor Orbán lors du sommet.

Orbán confiant avant un vote et accuse l’UE de financer l’opposition Sur le plan politique intérieur, Viktor Orbán a déclaré aux journalistes qu’il était « certain de la victoire » lors d’un vote à venir et a accusé l’UE de financer l’opposition hongroise. Cette accusation s’inscrit dans un contentieux ancien entre Budapest et Bruxelles sur l’utilisation des fonds européens et sur l’indépendance des organisations de la société civile en Hongrie. Interrogé sur une éventuelle solidarité de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, Viktor Orbán a répondu par un sourire sans confirmation verbale, laissant délibérément dans le flou la question d’un possible soutien allié au sein de l’UE. Cet échange a mis en lumière la façon dont Viktor Orbán continue d’occuper une position à part au sein du bloc, cultivant une image de défi tout en ménageant ses relations avec d’autres dirigeants européens de droite. Le sommet s’est achevé sans solution sur le prêt à l’Ukraine et les institutions européennes ont indiqué qu’elles chercheraient des voies de contournement plutôt que de céder aux conditions posées par Budapest.

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