Le président polonais Karol Nawrocki a opposé son veto au texte gouvernemental mettant en œuvre le programme européen de prêts de défense SAFE, compliquant la stratégie de financement militaire de l’exécutif. Le gouvernement a aussitôt adopté une résolution créant « Polska Zbrojna » pour chercher une voie de financement alternative. Dans le même temps, des sondages publiés le 17 mars 2026 font apparaître une réception majoritairement critique de cette décision.
Karol Nawrocki bloque le texte SAFE
Le président polonais a opposé son veto, le 12 mars 2026, au projet de loi permettant l’accès de la Pologne aux prêts européens SAFE pour les dépenses militaires.
Le gouvernement lance « Polska Zbrojna »
En réponse au veto, l’exécutif a adopté une résolution créant un cadre national alternatif. Selon Magdalena Sobkowiak-Czarnecka, les premiers fonds pourraient arriver dès avril 2026.
Le PiS dénonce un risque comparable aux crédits en francs suisses
Radosław Fogiel estime qu’un prêt en euros remboursé en zlotys exposerait les emprunteurs polonais à un risque de change jugé excessif, en référence à la crise des prêts en francs suisses.
Des sondages défavorables au veto et à Przemysław Czarnek
Des enquêtes publiées le 17 mars 2026 montrent qu’une majorité de Polonais perçoivent négativement le veto présidentiel et doutent que la candidature de Przemysław Czarnek à la tête du gouvernement profite au PiS.
Bruxelles évoque déjà l’hypothèse d’un SAFE II
Alors que la Pologne débat encore de SAFE, des discussions préliminaires ont commencé au niveau européen sur un éventuel programme successeur, selon Magdalena Sobkowiak-Czarnecka.
Le président polonais Karol Nawrocki a opposé son veto, jeudi 12 mars 2026, au projet de loi du gouvernement mettant en œuvre le programme de prêts de défense SAFE, portant un coup sérieux aux projets de financement de la défense de l’exécutif. Karol Nawrocki a annoncé sa décision lors d’une allocution publique, refusant de promulguer le texte qui aurait permis à la Pologne d’accéder à des prêts adossés à l’Union européenne pour ses dépenses militaires. En réaction, le gouvernement a agi rapidement en adoptant une résolution instituant le programme « Polska Zbrojna » (« Pologne armée ») afin d’assurer un financement alternatif de la défense. Selon la plénipotentiaire du gouvernement Magdalena Sobkowiak-Czarnecka, la Pologne pourrait recevoir ses premiers fonds dans le cadre de Polska Zbrojna dès avril 2026. Depuis lors, ce veto a déclenché une série de sondages et de débats politiques. La décision de Karol Nawrocki a suscité des critiques chez les soutiens du gouvernement ainsi que des interrogations chez des analystes, qui estiment que le président a fragilisé sa propre position politique.
Fogiel compare SAFE aux prêts toxiques en francs suisses Le principal parti d’opposition PiS a avancé sa propre justification pour s’opposer au mécanisme SAFE. Le député du parti Radosław Fogiel a fait valoir que ce programme comportait un risque financier jugé inacceptable pour les emprunteurs polonais. Selon lui, contracter un prêt libellé en euros tout en réglant les obligations en zlotys reproduirait la structure qui avait rendu les crédits en francs suisses si coûteux pour les ménages polonais au cours des décennies précédentes. „Branie kredytu w euro i rozliczanie go w złotówkach jest pakowaniem się w "kredyt frankowy"” (Contracter un prêt en euros et le rembourser en zlotys, c’est s’engager dans un ‘crédit en francs suisses’) — Radosław Fogiel via wpolityce.pl La comparaison est politiquement sensible en Pologne, où des centaines de milliers d’emprunteurs ont subi de lourdes pertes financières lorsque le franc suisse s’est apprécié face au zloty après 2015. Les propos de Radosław Fogiel ont été publiés en exclusivité par le média pro-PiS wpolityce.pl le 17 mars 2026. Cet argument permet au PiS de se présenter comme défenseur de la prudence budgétaire, même si le gouvernement et ses alliés contestent cette analogie. La crise des prêts hypothécaires en francs suisses en Pologne est apparue après la crise financière de 2008 et s’est aggravée après la suppression, en janvier 2015, du cours plancher par la Banque nationale suisse, ce qui a entraîné une hausse du franc et laissé des centaines de milliers d’emprunteurs polonais avec un endettement nettement alourdi. Les batailles judiciaires autour de ces prêts se sont poursuivies pendant des années devant les tribunaux polonais. Le programme SAFE a été proposé au niveau de l’UE dans le cadre d’un effort plus large de réarmement européen après l’évolution de l’environnement sécuritaire sur le continent.
Les sondages montrent un rejet du veto de Nawrocki et de la candidature de Czarnek De nouveaux sondages publiés le 17 mars 2026 indiquent qu’une majorité de Polonais jugent négativement le veto de Karol Nawrocki sur le texte SAFE, selon des enquêtes relayées par Gazeta.pl et Wprost. Par ailleurs, près de 60 % des Polonais estiment que l’annonce de Przemysław Czarnek comme candidat du PiS au poste de premier ministre ne se traduira pas par une hausse du soutien au parti, selon une enquête de United Surveys citée dans des résultats de recherche en ligne. Przemysław Czarnek, vice-président du PiS depuis 2025 et député à la Diète, a aussi retenu l’attention par son plaidoyer en faveur d’une sortie de la Pologne du Système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne. Selon oko.press, des analystes ont relevé qu’une sortie de l’ETS impliquerait en pratique une sortie de l’Union européenne elle-même, qualifiant cette position d’argument politique déjà employé par le passé. Des opinions neutres sur Przemysław Czarnek ont été exprimées par 18 % des personnes interrogées, selon des résultats de recherche renvoyant à un sondage de Polsat News. L’ensemble de ces données suggère que le veto présidentiel comme les choix de direction du PiS suscitent du scepticisme dans une partie importante de l’opinion publique polonaise.
L’Union européenne évoque déjà un programme SAFE II Alors que le débat intérieur polonais sur SAFE se poursuit, Magdalena Sobkowiak-Czarnecka, plénipotentiaire du gouvernement pour ce programme, a indiqué que des discussions préliminaires avaient commencé au sein des institutions de l’UE sur un éventuel programme SAFE II. Selon des informations de wnp.pl publiées le 17 mars 2026, Magdalena Sobkowiak-Czarnecka a expliqué que ces échanges émergeaient en partie sous la pression d’un certain nombre d’États membres. La représentante du gouvernement a tenu ces propos lors d’une intervention en studio pour l’agence de presse polonaise PAP. La perspective d’un programme successeur souligne la place centrale désormais occupée par le financement de la défense dans les discussions menées au niveau de l’UE, quel que soit le résultat du différend législatif polonais. Le veto de Karol Nawrocki, s’il bloque le texte actuel, ne retire pas la Pologne de la réflexion européenne plus large sur les mécanismes communs de dépenses de défense. La résolution gouvernementale sur Polska Zbrojna vise à préserver l’accès à des fonds destinés à la défense par un véhicule juridique national alternatif pendant que se prolonge l’affrontement politique autour de SAFE.