Les États-Unis et l'Iran ont conclu un accord de cessez-le-feu de deux semaines par l'intermédiaire du Pakistan, suspendant un conflit armé débuté il y a six semaines. Le président Donald Trump a annoncé cette mesure mardi, peu avant l'expiration d'un ultimatum concernant le blocus maritime dans le Golfe. Les premières délégations sont attendues à Islamabad ce samedi pour entamer des négociations formelles.

Trêve de 14 jours

Un arrêt des hostilités a été négocié par le Pakistan après six semaines de conflit armé entre Washington et Téhéran.

Négociations à Islamabad

Le vice-président JD Vance dirigera la délégation américaine pour des discussions formelles débutant ce samedi.

Réaction des marchés

Le prix du baril de Brent a chuté de 16 % suite à l'annonce de la désescalade, malgré des tensions persistantes sur l'offre physique.

Fragilité de l'accord

Des tirs de missiles et des opérations militaires israéliennes au Liban ont été signalés dès le premier jour du cessez-le-feu.

Les États-Unis et l'Iran ont consenti à un cessez-le-feu de deux semaines, négocié par le Pakistan, marquant une pause dans un conflit de six semaines qui a causé des milliers de victimes, perturbé l'approvisionnement énergétique mondial et déstabilisé le Moyen-Orient. Le président Donald Trump a officialisé cet accord tard mardi soir, seulement deux heures avant l'échéance d'un ultimatum qu'il avait fixé à l'Iran pour lever le blocus du détroit d'Ormuz, faute de quoi Téhéran s'exposait à une confrontation totale. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, médiateur dans ce dossier, a invité les délégations iranienne et américaine à se réunir à Islamabad ce vendredi, une invitation acceptée par la présidence iranienne. L'administration Trump a annoncé l'envoi du vice-président JD Vance pour diriger l'équipe de négociation américaine, accompagné de l'envoyé spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que le premier cycle de discussions officielles débuterait samedi. Ce cessez-le-feu intervient après des combats déclenchés le 28 février 2026, lors d'une offensive conjointe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran.

Le conflit a débuté le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes coordonnées sur l'Iran dans le cadre de l'opération « Epic Fury ». Des pourparlers nucléaires menés préalablement à Genève fin février 2026 s'étaient conclus sur certains progrès sans toutefois aboutir à une percée majeure, et devaient reprendre à Vienne la semaine suivante. Selon les informations de l'agence Reuters, la guerre a fait des milliers de morts et entraîné des perturbations sans précédent sur les marchés de l'énergie. Le détroit d'Ormuz, par lequel transitait près de 20 % de la production mondiale d'hydrocarbures avant les hostilités, a été soumis à un blocus effectif durant les affrontements.

Toutefois, la fragilité de cette trêve s'est manifestée dès le premier jour. Au moins cinq pays du Golfe ont rapporté des attaques de missiles et de drones iraniens mercredi, malgré l'annonce de la suspension des hostilités. De son côté, l'Iran a déclaré que sa raffinerie de l'île de Lavan avait été visée. Israël a poursuivi ses opérations au Liban, soulignant, à l'instar de Donald Trump, que ces actions n'entraient pas dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a déploré sur les réseaux sociaux des violations en plusieurs points, estimant qu'elles « nuisent à l'esprit » du processus de paix. „« J'exhorte sincèrement toutes les parties à faire preuve de retenue et à respecter le cessez-le-feu de deux semaines, comme convenu, afin que la diplomatie puisse jouer son rôle pour un règlement pacifique du conflit. »” — Shehbaz Sharif via The New York Times Le général Dan Caine, chef d'état-major du Comité des chefs d'état-major interarmées, a affirmé que les objectifs militaires américains en Iran avaient été atteints, tout en décrivant le cessez-le-feu comme une simple pause, les forces restant prêtes à reprendre le combat.

JD Vance évoque une trêve fragile et met en garde Téhéran S'exprimant lors d'un déplacement à Budapest, en Hongrie, JD Vance a qualifié la situation de « trêve fragile », précisant que Donald Trump était « impatient » de voir des progrès vers la fin du conflit. Selon le vice-président, un accord est possible si l'Iran négocie avec sincérité, bien qu'il ait noté des divergences d'approche au sein du pouvoir iranien. „« Il est impatient. Il est impatient de progresser. Il nous a demandé de négocier de bonne foi, et je pense que si l'autre partie fait de même, nous pourrons trouver un accord. Mais c'est une condition majeure, et il appartient en dernier ressort aux Iraniens de déterminer leur approche. »” — JD Vance via Reuters De son côté, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a revendiqué une « victoire militaire décisive », affirmant que le programme balistique de Téhéran avait été fonctionnellement détruit. Le général Caine a précisé que les bombes américaines avaient frappé « plus de 450 sites de stockage de missiles balistiques » et 80 % des installations de production de missiles, bien que le New York Times souligne que ces chiffres ne sont que partiels, l'Iran ayant continué ses tirs de missiles dans la région dès le premier jour de la trêve. L'ambassadeur iranien auprès des Nations Unies à Genève, Ali Bahreini, a indiqué que Téhéran aborderait les discussions avec prudence en raison d'un déficit de confiance important. „« Nous n'accordons aucune confiance à la partie adverse. Nos forces militaires maintiennent leur état de préparation... mais parallèlement, nous participerons aux négociations pour évaluer le sérieux de nos interlocuteurs. »” — Ali Bahreini via Reuters

Chute de 16 % des cours du pétrole à l'annonce du cessez-le-feu Les marchés pétroliers mondiaux ont réagi vivement à l'annonce de la trêve. Les contrats à terme sur le Brent ont chuté de 16 %, atteignant un plancher de 91,70 dollars le baril mercredi lors des premiers échanges en Asie, après une clôture à 109,27 dollars mardi. Cette baisse reflète le soulagement des marchés face au report des menaces militaires et l'espoir d'une reprise du transit par le détroit d'Ormuz. Cependant, les analystes préviennent que les marchés physiques en Asie resteront sous tension pendant plusieurs mois, les perturbations étant déjà ancrées dans la chaîne d'approvisionnement. Saudi Aramco a ainsi porté le prix de vente officiel de son brut de référence Arab Light pour les raffineurs asiatiques à une prime de 19,50 dollars par baril par rapport à la moyenne Oman/Dubaï pour les cargaisons de mai, contre 2,50 dollars en avril. Cette hausse témoigne, selon Reuters, des difficultés croissantes des raffineurs asiatiques pour sécuriser leurs approvisionnements. Par ailleurs, l'ONU a confirmé l'arrivée en Iran de Jean Arnault, envoyé personnel du secrétaire général António Guterres, dans le cadre d'une tournée régionale visant à soutenir une « résolution globale et durable ». Ali Bahreini a toutefois précisé que le conflit influencerait le futur régime juridique du détroit d'Ormuz, ajoutant que les dispositions actuelles n'étaient que temporaires.

[{"aspect":"Prix du baril de Brent","before":"109,27 $ (clôture mardi)","after":"91,70 $ (bas de mercredi, -16 %)"},{"aspect":"Prime Saudi Aramco Arab Light (Asie)","before":"+ 2,50 $ par rapport à Oman/Dubaï (avril)","after":"+ 19,50 $ par rapport à Oman/Dubaï (mai)"}]

Mentioned People

  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
  • JD Vance — 50. wiceprezydent Stanów Zjednoczonych
  • Pete Hegseth — 29. sekretarz obrony Stanów Zjednoczonych
  • Steve Witkoff — specjalny wysłannik USA na Bliski Wschód
  • Jared Kushner — amerykański przedsiębiorca i zięć Donalda Trumpa
  • Shehbaz Sharif — premier Pakistanu
  • Ali Bahreini — ambasador Iranu przy ONZ w Genewie
  • Jean Arnault — osobisty wysłannik Sekretarza Generalnego ONZ ds. konfliktu
  • Karoline Leavitt — 36. rzeczniczka prasowa Białego Domu
  • Dan Caine — Przewodniczący Kolegium Połączonych Szefów Sztabów

Sources: 45 articles