Donald Trump a obtenu mardi des signes de soutien de plusieurs Etats arabes du Golfe pour une coalition d’escorte navale dans le détroit d’Ormuz, après le refus de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et de l’Espagne d’y envoyer des bâtiments militaires. Dans la foulée, le président américain a affirmé que les Etats-Unis n’avaient pas besoin de l’OTAN pour cette mission. Ces prises de position interviennent alors que l’Iran poursuivait ses attaques de drones de représailles contre les Emirats arabes unis et Bahreïn.
Refus européen pour une mission à Ormuz
L’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne ont refusé d’envoyer des forces dans le détroit d’Ormuz, invoquant notamment l’absence de mandat et de concertation préalable.
Trump cherche une coalition alternative
Faute de soutien militaire européen, Donald Trump s’est tourné vers plusieurs Etats arabes du Golfe pour former une coalition d’escorte navale distincte de l’OTAN.
Tensions régionales accrues
L’Iran a poursuivi ses attaques de drones contre les Emirats arabes unis et Bahreïn, tandis que la fermeture du détroit d’Ormuz pèse sur les marchés énergétiques et sur les alliés dépendants du pétrole du Golfe.
Donald Trump a obtenu mardi le soutien de plusieurs Etats arabes du Golfe pour une coalition d’escorte navale dans le détroit d’Ormuz, après le refus de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et de l’Espagne de répondre à sa demande d’envoyer des navires de guerre dans cette voie maritime bloquée. Cette série de refus l’a conduit à déclarer que les Etats-Unis n’avaient pas besoin de l’OTAN pour cette mission. Ces décisions sont intervenues alors que l’Iran poursuivait des attaques de drones de représailles contre les Emirats arabes unis et Bahreïn, aggravant la crise ouverte le 28 février 2026, lorsque les Etats-Unis et Israël ont lancé l’opération Epic Fury contre l’Iran. Donald Trump a appelé plusieurs pays à contribuer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial, après que Téhéran a répondu à la campagne américano-israélienne en fermant de facto le passage au moyen de mines navales et d’une activité de drones. Face au refus de ses alliés traditionnels, le président américain s’est employé à constituer ce qu’il a présenté comme un « conseil » distinct ou une coalition alternative, et plusieurs Etats arabes du Golfe ont fait savoir qu’ils soutenaient le maintien de la pression américaine sur l’Iran.
Merz et Macron invoquent l’absence de mandat et de concertation Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que l’Allemagne ne disposait d’aucun mandat de l’ONU, de l’UE ou de l’OTAN pour une quelconque opération dans le détroit. Il a également désigné l’absence de concertation préalable de la part des Etats-Unis et d’Israël comme une raison essentielle du refus de Berlin. Le président français Emmanuel Macron est allé plus loin en affirmant que la France ne participerait jamais, dans les conditions actuelles, à des opérations visant à rouvrir le détroit. L’Italie et l’Espagne ont elles aussi refusé d’engager des forces, laissant Donald Trump sans soutien militaire européen pour cette mission d’escorte. Le président américain a réagi vivement à cette vague de refus, avertissant que les alliés de l’OTAN s’exposaient à un « très mauvais avenir » pour l’alliance s’ils n’apportaient pas leur aide. Il a ensuite affirmé de manière explicite que les Etats-Unis n’avaient pas besoin de l’OTAN pour cette opération en particulier. L’épisode met en lumière une fracture notable entre Washington et ses partenaires européens sur l’ampleur et la légitimité de la campagne américano-israélienne contre l’Iran, entrée dans sa troisième semaine.
Le détroit d’Ormuz constitue de longue date un point de tension entre les Etats-Unis et l’Iran. Téhéran avait déjà menacé de fermer ce passage lors de précédentes périodes de confrontation accrue, notamment pendant les différends liés à son programme nucléaire. L’actuelle campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran, baptisée opération Epic Fury, a commencé le 28 février 2026 et a entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei lors des frappes initiales. Son fils Mojtaba Khamenei a été nommé Guide suprême le 9 mars 2026. La fermeture du détroit par l’Iran au moyen de mines et d’une activité de drones constitue l’une des perturbations les plus importantes du transport énergétique mondial depuis plusieurs décennies.
Les Etats arabes du Golfe soutiennent Trump tandis que l’Iran frappe les Emirats et Bahreïn Selon des informations de l’agence ANSA, plusieurs Etats arabes du Golfe ont exhorté les Etats-Unis à ne pas interrompre leur campagne militaire contre l’Iran, signe que l’idée d’une coalition alternative avancée par Donald Trump a trouvé des relais favorables dans la région. L’Iran a mené des attaques de drones de représailles contre les Emirats arabes unis et Bahreïn, deux Etats du Golfe qui accueillent d’importantes infrastructures militaires américaines, ce qui a accru la pression sur les gouvernements régionaux alignés sur Washington. Ces frappes de drones contre les Emirats arabes unis et Bahreïn ont marqué une escalade directe de l’Iran contre des voisins arabes, plaçant ces gouvernements devant la nécessité soit de répondre soit de rechercher une protection. Le recentrage de Donald Trump vers des partenaires arabes du Golfe traduit un calcul stratégique plus large : les Etats de la région, directement exposés sur le plan économique à la fermeture du détroit d’Ormuz, ont des incitations plus fortes à agir que des alliés européens plus éloignés. La formation d’une telle coalition en restait toutefois à un stade préliminaire, sans composition confirmée ni détail opérationnel rendu public mardi.
Les alliés asiatiques évaluent leur exposition alors que le conflit entre dans sa troisième semaine Une autre question a émergé, selon 20 Minuten : celle de savoir si des alliés des Etats-Unis en Asie pourraient à leur tour être entraînés dans le conflit avec l’Iran, alors que la guerre entrait dans sa troisième semaine sans signe d’apaisement. Le Japon, la Corée du Sud et d’autres pays asiatiques fortement dépendants des livraisons de pétrole du Golfe subissent une pression économique aiguë du fait de la fermeture du détroit, ce qui les conduit à un raisonnement différent de celui des gouvernements européens. L’analyse de Reuters sur les réponses possibles des alliés aux demandes de Donald Trump concernant Ormuz évoquait plusieurs options en deçà d’un déploiement militaire complet, parmi lesquelles une pression diplomatique, un soutien logistique et une participation à une mission de surveillance. Mardi soir, aucun des principaux alliés des Etats-Unis liés par traité n’avait accepté une quelconque présence militaire dans le détroit. L’écart entre les attentes de Donald Trump et les réponses de ses alliés souligne à quel point l’opération Epic Fury a été lancée sans le cadre multilatéral qui avait caractérisé de précédentes campagnes militaires conduites par les Etats-Unis au Moyen-Orient. Selon des sources citées par Reuters, Donald Trump avait été averti à l’avance que cette campagne risquait de provoquer des représailles iraniennes contre des partenaires du Golfe, ce qui laisse entendre que les frappes de drones contre les Emirats arabes unis et Bahreïn relevaient d’un scénario anticipé plutôt que d’un développement inattendu.
Mentioned People
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
- Friedrich Merz — 10. kanclerz Niemiec
- Emmanuel Macron — prezydent Francji