Le président polonais Karol Nawrocki prévoit de remettre au premier ministre Donald Tusk un ensemble de propositions visant à modifier en profondeur, voire à supprimer, le système européen d’échange de quotas d’émission. Cette initiative intervient alors que le débat sur l’avenir du marché carbone s’est intensifié en Europe le 16 mars 2026 et que Bruxelles affiche elle-même des nuances sur le sujet.

Nawrocki veut agir sur l’ETS

Karol Nawrocki prévoit de remettre à Donald Tusk un ensemble de propositions visant à réformer en profondeur ou à supprimer le système européen d’échange de quotas d’émission.

Bruxelles affiche des positions divergentes

Ursula von der Leyen demande d’accélérer la révision de l’ETS, tandis qu’un vice-président non nommé de l’Union européenne défend le bilan du dispositif en matière de compétitivité.

Varsovie privilégie une approche pragmatique

Le gouvernement polonais juge difficile une suspension complète de l’ETS et plaide plutôt pour des solutions pragmatiques, marquant une différence avec la ligne plus offensive du président.

La compétitivité industrielle alimente le débat

Les critiques contre l’ETS s’inscrivent dans une discussion européenne plus large sur les coûts de l’énergie, l’industrie et l’impact économique des règles climatiques.

Le président polonais Karol Nawrocki prévoit de présenter au premier ministre Donald Tusk un ensemble de solutions destinées à entraîner des changements décisifs du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne, voire sa suppression, alors que le débat sur l’avenir du marché du carbone s’est intensifié à travers l’Europe le 16 mars 2026. Décrite par un conseiller comme une initiative présidentielle d’ampleur, cette démarche place le chef de l’État polonais parmi les principales voix de la poussée croissante en faveur d’une réforme du mécanisme, ou de son abandon. Selon Niezalezna.pl, l’entourage du président estime que l’ETS pèse sur l’économie européenne et que des changements décisifs sont nécessaires. Cette initiative intervient alors que, de son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à accélérer la révision de l’ETS afin d’aller vers ce qu’elle a présenté comme une transition écologique plus réaliste. Ce débat traduit des pressions croissantes exercées simultanément sur la politique climatique de l’Union européenne.

Von der Leyen appelle à accélérer la révision de l’ETS Ursula von der Leyen a exhorté les institutions de l’Union européenne à accélérer la révision de l’ETS, en présentant cet ajustement comme une étape vers une approche plus réaliste de la transition écologique, selon ANSA. Sa déclaration marque une inflexion de ton au sommet de la Commission européenne, qui a jusqu’ici défendu ce système d’échange comme l’un des piliers de la politique climatique de l’Union. Cet appel à une révision ne va pas jusqu’à la suppression réclamée par l’entourage de Karol Nawrocki, mais il reconnaît que le cadre actuel doit être actualisé. Un vice-président de l’Union européenne non nommé a toutefois opposé une fin de non-recevoir aux pressions en faveur d’une réforme, affirmant, selon une autre dépêche d’ANSA, que l’ETS avait fait la preuve de son efficacité en matière de compétitivité. L’écart entre l’appel à la révision lancé par la présidente de la Commission et la défense du système exprimée par son vice-président illustre les tensions internes aux institutions européennes sur les politiques climatique et industrielle. Aucun calendrier précis de cette révision n’a été confirmé dans les informations disponibles.

Varsovie plaide pour le pragmatisme sans aller jusqu’à une suspension Le gouvernement polonais à Varsovie a reconnu qu’une suspension pure et simple de l’ETS était difficile et a appelé à la place à des solutions pragmatiques, selon ANSA. Cette position place le gouvernement Tusk dans une ligne nuancée, critique à l’égard du poids économique du système actuel mais prudent sur la faisabilité d’une suspension complète. La différence entre la position gouvernementale à Varsovie et la démarche plus offensive du président Nawrocki en faveur d’une suppression ou de changements décisifs reflète la logique à deux niveaux de la vie politique polonaise, dans laquelle le président et le premier ministre appartiennent à des camps politiques différents. Karol Nawrocki, entré en fonctions le 6 août 2025, s’est servi de sa présidence pour défendre des positions sur la politique économique européenne qui se sont parfois écartées de l’approche du gouvernement de Donald Tusk. Selon wnp.pl, son implication fait entrer directement la présidence dans le débat européen sur l’ETS. Le paquet de solutions que Karol Nawrocki entend remettre à Donald Tusk n’a pas encore été rendu public dans son intégralité, un conseiller n’en ayant dévoilé qu’une partie, selon Polsat News.

L’ETS sous pression sur fond de débat européen sur la compétitivité industrielle L’EU ETS a été lancé en 2005 comme le premier grand système mondial de plafonnement et d’échange du carbone. Il couvre les émissions liées à la production d’électricité, à l’industrie lourde et à l’aviation au sein de l’Espace économique européen. Le système fonctionne en fixant un plafond global d’émissions et en permettant aux entreprises d’acheter et de vendre des quotas, ce plafond étant resserré au fil du temps afin de réduire les émissions totales. Les critiques visant l’ETS se sont renforcées ces dernières années, parallèlement à des préoccupations plus larges sur la compétitivité industrielle européenne, le coût de l’énergie et les effets économiques des réglementations climatiques sur les secteurs manufacturiers. La pression renouvelée sur l’ETS en mars 2026 intervient dans le cadre d’un débat européen plus large sur l’équilibre entre ambition climatique et compétitivité industrielle. Le projet de Karol Nawrocki de remettre formellement à Donald Tusk un paquet de réformes fait passer le sujet du commentaire politique à un échange institutionnel entre deux des plus hautes fonctions de l’État polonais. Le modèle de plafonnement et d’échange au cœur de l’ETS fait l’objet de critiques de la part de groupes industriels, qui estiment que le coût des permis d’émission de carbone accroît les dépenses énergétiques et les coûts de production, ce qui affaiblit les entreprises européennes face à des concurrents mondiaux qui ne sont pas soumis à une tarification du carbone équivalente. L’appel d’Ursula von der Leyen à une transition écologique plus réaliste, combiné à la volonté de Karol Nawrocki de supprimer le dispositif et à l’appel de Varsovie au pragmatisme, laisse penser qu’un processus formel de révision devrait prendre de l’ampleur dans les discussions européennes au cours des prochains mois. Aucune date de remise du paquet de Karol Nawrocki à Donald Tusk n’était confirmée dans les sources consultées.