UniCredit a lancé le 16 mars 2026 une offre publique d’achat volontaire sur Commerzbank, valorisant la banque allemande autour de 35 milliards d’euros. L’initiative du groupe italien dirigé par Andrea Orcel a aussitôt été qualifiée d’hostile par Berlin et rejetée par la direction de Commerzbank. L’annonce a aussi alimenté des spéculations sur mBank, filiale polonaise de l’établissement allemand.
Une offre valorisée à 35 milliards d’euros
UniCredit propose 0,485 action pour chaque action Commerzbank, soit 30,8 euros par action et une valorisation totale d’environ 35 milliards d’euros.
Berlin et Commerzbank rejettent l’initiative
Le gouvernement allemand et la direction de Commerzbank, conduite par Bettina Orlopp, qualifient l’opération d’hostile et refusent des discussions avec UniCredit.
Le seuil de 30 % au cœur de l’opération
Le groupe dirigé par Andrea Orcel cherche à dépasser 30 % du capital de Commerzbank, un niveau qui entraîne en principe des obligations réglementaires en droit allemand.
mBank portée par les spéculations
La hausse du titre mBank reflète les anticipations d’une éventuelle offre obligatoire sur la filiale polonaise si UniCredit prenait le contrôle de Commerzbank.
Des incertitudes réglementaires persistantes
Le caractère systémique de Commerzbank implique l’examen du dossier par plusieurs autorités européennes et allemandes, ce qui pourrait peser sur le calendrier et l’issue de l’offre.
UniCredit a lancé le 16 mars 2026 une offre publique d’achat volontaire sur Commerzbank, en proposant 0,485 action UniCredit pour chaque action Commerzbank. L’opération valorise la banque allemande à environ 35 milliards d’euros, soit 30,8 euros par action. Le groupe bancaire italien, dirigé par son directeur général Andrea Orcel, cherche à porter sa participation dans Commerzbank au-delà du seuil de 30 %, seuil qui déclencherait autrement des obligations réglementaires obligatoires en vertu du droit allemand. L’annonce a immédiatement suscité une vive opposition à Berlin, où les autorités allemandes ont qualifié l’initiative d’offre hostile, ainsi qu’au sein même de la direction de Commerzbank, qui a rejeté la proposition et refusé d’ouvrir des discussions avec UniCredit. Cette offre marque une nouvelle étape dans les démarches engagées depuis plusieurs mois par la banque basée à Milan à l’égard de l’un des établissements financiers les plus importants du système allemand.
Berlin qualifie l’initiative italienne d’offre hostile La réaction du gouvernement allemand a été rapide et sans ambiguïté. Des responsables ont présenté l’offre comme une tentative de prise de contrôle hostile visant une banque considérée comme d’importance systémique pour l’économie allemande. La direction de Commerzbank, menée par sa directrice générale Bettina Orlopp, a elle aussi rejeté l’offre et refusé d’engager des discussions avec UniCredit, selon des informations rapportées par ANSA. L’opposition du pouvoir allemand et de l’état-major de la banque reflète des préoccupations anciennes à Berlin quant à une prise de contrôle étrangère d’un grand établissement national. Selon le média financier polonais Parkiet, l’offre fixe un ratio d’échange de 0,485 action UniCredit pour une action Commerzbank, ce qui implique un prix de 30,8 euros par action Commerzbank et une valorisation totale d’environ 35 milliards d’euros. Un commentaire publié par Niezalezna.pl a mis en avant ce qu’il a présenté comme un double standard dans l’attitude allemande, en relevant que la qualification d’offre hostile retenue par Berlin contraste avec l’historique des acquisitions transfrontalières menées par des groupes allemands sur d’autres marchés européens.
Selon des résultats de recherche en ligne, UniCredit a pris une première participation dans Commerzbank en septembre 2024, augmentant progressivement sa présence au capital tout en s’abstenant de lancer une offre formelle tant que la résistance politique allemande demeurait forte. Commerzbank est l’une des deux plus grandes banques cotées d’Allemagne et a longtemps été considérée comme un établissement d’importance systémique pour le système financier allemand. L’État allemand détient une participation significative dans Commerzbank, héritage du sauvetage de la banque lors de la crise financière de 2008.
Le titre mBank bondit sur fond de spéculations sur une offre obligatoire L’annonce a entraîné une forte hausse du cours de mBank, la filiale polonaise de Commerzbank, les investisseurs intégrant la possibilité d’une offre publique obligatoire sur les actions mBank encore en circulation. Selon Parkiet, les intervenants de marché spéculent sur le fait qu’une acquisition réussie de Commerzbank par UniCredit pourrait contraindre le groupe italien à présenter une offre formelle aux actionnaires minoritaires de mBank en vertu du droit boursier polonais. La progression du titre mBank traduit l’interprétation plus large du marché selon laquelle un changement de contrôle au niveau de la maison mère pourrait avoir des conséquences directes sur la structure de l’actionnariat de la filiale polonaise. Cette évolution ajoute une dimension transfrontalière à la bataille autour de l’offre, en faisant des marchés de capitaux polonais et des autorités de régulation du pays des acteurs potentiellement concernés par l’issue du dossier. Parkiet a traité l’information sous le titre « mBank shares shoot up — investors betting on a bid following UniCredit's move », soulignant le lien direct établi par le marché entre les événements de Francfort et de Varsovie.
35 (billion euros) — Valorisation de Commerzbank par UniCredit dans le cadre de l’offre
UniCredit bid terms for Commerzbank: Offer price per share (before: Market price before bid, after: 30.8 euros per share); Exchange ratio (before: No offer, after: 0.485 UniCredit shares per Commerzbank share); UniCredit stake target (before: Below 30%, after: Above 30%)
Des universitaires italiens appellent à la prudence sur l’hypothèse d’un contrôle intégral Un éclairage universitaire italien sur l’opération a été apporté par un commentateur présenté par Adnkronos comme Degl'Innocenti, de l’université de Milan. Celui-ci a estimé qu’une prime limitée dans l’offre pourrait aider UniCredit à éviter une prise de contrôle totale de Commerzbank, scénario qui entraînerait des complications réglementaires et politiques supplémentaires. La structure d’offre publique d’achat volontaire retenue par UniCredit est en elle-même notable, car elle permet à la banque italienne d’accroître sa participation au-delà du seuil de 30 % tout en présentant l’initiative comme une offre de marché plutôt qu’une acquisition imposée. Le quotidien financier allemand N-tv a indiqué que des analystes s’interrogeaient sur le point de savoir si l’offre constituait réellement, au sens classique, une véritable offre de prise de contrôle. L’un des avis cités par le média jugeait même qu’il ne s’agissait « pas vraiment d’une offre de prise de contrôle », en raison de la complexité des intentions stratégiques d’UniCredit. Le statut de banque d’importance systémique de Commerzbank signifie que tout changement de contrôle devra être approuvé par plusieurs autorités de régulation européennes et allemandes, ce qui ajoute de l’incertitude au calendrier et à l’issue finale de l’offre. Le Monde a décrit l’initiative comme une « nouvelle offensive » d’UniCredit destinée à contraindre Commerzbank à s’unir avec elle, signe que, pour plusieurs observateurs européens du secteur bancaire, la banque italienne ne paraît pas prête à renoncer malgré les résistances politiques venues de Berlin.