L’arrestation de Serigne Mbaye, ancien député de l’Assemblée de Madrid et militant né au Sénégal, a provoqué jeudi 26 mars 2026 un affrontement politique et policier à Madrid. Interpellé dans le district Usera-Villaverde lors d’une opération visant un vol de véhicule, il a été relâché vers 1 h 30, avec six autres personnes. Cinq policiers ont été blessés et une enquête a été ouverte.

Arrestation à Usera-Villaverde

Serigne Mbaye a été interpellé le 26 mars 2026 lors d’une opération de la Police nationale à Madrid, puis relâché avec six autres personnes vers 1 h 30.

Versions opposées des faits

Les autorités policières parlent d’une intervention légitime, tandis que Podemos dénonce une descente raciste et une violence policière.

Enquête ouverte à Madrid

Francisco Martín Aguirre a confirmé l’ouverture d’une enquête et la transmission du rapport aux autorités judiciaires.

Réaction des syndicats

JUPOL et SUP rejettent l’accusation de racisme et affirment que les policiers ont été confrontés à une attitude violente des personnes arrêtées.

Serigne Mbaye, militant né au Sénégal et ancien député de l’Assemblée de Madrid pour Unidas Podemos, a été arrêté dans la soirée du jeudi 26 mars 2026 dans le district Usera-Villaverde de Madrid, au cours d’une opération de la Police nationale visant le vol de véhicules, puis relâché avec six autres personnes vers 1 h 30 du matin le vendredi. Cette interpellation a immédiatement déclenché un vif désaccord entre les autorités policières, qui ont décrit l’intervention comme légitime et nécessaire, et Podemos, qui l’a dénoncée comme une descente raciste. Cinq policiers ont été blessés au cours de l’affrontement, et les sept personnes arrêtées ont été poursuivies pour attentat contre l’autorité et blessures avant leur remise en liberté. Le délégué du gouvernement à Madrid, Francisco Martín Aguirre, a confirmé qu’une enquête sur les faits était ouverte et que le rapport avait été transmis aux autorités judiciaires.

La police dit qu’un suspect a appelé des voisins, déclenchant une confrontation dans la rue Selon la version de la Délégation du gouvernement, l’opération a commencé vers 19 h 45 après une alerte signalant un possible vol de véhicule commis par deux hommes dans un secteur où ce type de délit est présenté comme fréquent, ce qui a conduit à un déploiement policier ciblé. Les agents ont tenté d’identifier les deux individus sur place. L’un s’est soumis sans incident, tandis que l’autre a refusé à plusieurs reprises, a adopté une attitude de confrontation et a tenté de fuir, obligeant les policiers à intervenir pour empêcher son départ et l’empêcher d’entrer dans un immeuble. À ce moment-là, selon la Délégation, le suspect a commencé à appeler les voisins à l’aide, et plusieurs d’entre eux sont descendus dans la rue, créant une situation de tension au cours de laquelle ils ont eux aussi fait face aux agents. Des renforts sont arrivés, et les affrontements qui ont suivi ont laissé 5 (policiers) — cinq policiers blessés lors de la confrontation avec des blessures légères, selon des sources policières citées par la Délégation, même si une source de La Vanguardia a décrit ces blessures comme graves. Sept personnes, dont Mbaye, ont alors été arrêtées pour attentat contre l’autorité et blessures. La Délégation du gouvernement a indiqué qu’elle continuerait à travailler pour garantir la conformité et la proportionnalité de l’action policière.

Mbaye parle de racisme ; les dirigeants de Podemos réclament des comptes Après sa remise en liberté, Mbaye s’est adressé au public dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, décrivant l’action des policiers comme une persécution et une violence policière. „This is pure and simple racism, this is a persecution against racialized people. This arrest today should shame everyone who is not against racism. We are going to keep fighting, we are going to keep struggling, no human being is illegal.” (C’est du racisme pur et simple, c’est une persécution contre les personnes racisées. Cette arrestation, aujourd’hui, devrait faire honte à tous ceux qui ne sont pas contre le racisme. Nous allons continuer à nous battre, nous allons continuer à lutter, aucun être humain n’est illégal.) — Serigne Mbaye via La Vanguardia Ione Belarra, secrétaire générale de Podemos et députée au Parlement espagnol, avait auparavant demandé la libération immédiate de Mbaye, qu’elle a présenté comme un militant des droits des personnes migrantes. „If Serigne does not give up, neither will we. Enough of police violence already!” (Si Serigne ne renonce pas, nous non plus. Ça suffit, la violence policière !) — Ione Belarra via La Vanguardia Irene Montero, secrétaire politique de Podemos et députée au Parlement européen, a également partagé sur les réseaux sociaux des vidéos de l’intervention policière, des vidéos que les syndicats de police ont ensuite décrites comme étant sélectionnées de manière partielle. Podemos avait d’abord présenté l’arrestation comme ayant eu lieu à la porte du domicile de Mbaye, dans le quartier de Villaverde, une version contestée par la police. Francisco Martín Aguirre, délégué du gouvernement à Madrid, a écrit sur le réseau social X que l’action policière devait toujours être garantie et proportionnée, et a réaffirmé l’attachement de l’État à l’État de droit.

Les syndicats de police rejettent l’accusation de racisme et évoquent la violence de Mbaye Le syndicat de police JUPOL a publié un communiqué rejetant catégoriquement toute description de l’intervention comme une descente raciste, estimant qu’un tel récit relevait d’une campagne organisée visant à déshumaniser et criminaliser la police. Le syndicat a affirmé que l’opération avait été sérieusement entravée par l’attitude violente et provocatrice des personnes arrêtées, lesquelles auraient agressé les agents dans le but d’empêcher leur travail. JUPOL est allé plus loin en visant Mbaye en particulier, affirmant qu’il s’était distingué par sa prétendue violence et qu’il avait apparemment frappé un policier. Le syndicat a également condamné la décision de remettre en liberté les sept personnes arrêtées quelques heures seulement après leur interpellation, jugeant cette décision incompréhensible et estimant qu’elle créait un sentiment d’impunité. Le syndicat SUP a lui aussi rejeté les accusations de racisme, expliquant que l’opération avait commencé après un signalement de vols de véhicules et que la confrontation ne s’était aggravée qu’après la fuite d’un individu dans une entrée d’immeuble. Les deux syndicats ont exprimé leur soutien total aux agents impliqués au commissariat de Usera-Villaverde. Cette affaire remet en lumière des tensions anciennes autour du maintien de l’ordre, de la race et du traitement des communautés racisées à Madrid, Mbaye ayant déjà participé à des mobilisations contre les violences policières dans le quartier madrilène de Lavapiés.

Serigne Mbaye est né à Kayar, dans la région de Thiès au Sénégal, le 8 mars 1975, avant de devenir citoyen espagnol par naturalisation. Il a été député régional pour Unidas Podemos à l’Assemblée de Madrid de 2021 à 2023. Avant d’entrer en politique, il a été porte-parole du Sindicato de Manteros et membre de l’Asociación de los Sin Papeles, des organisations représentant les migrants sans papiers et les vendeurs ambulants en Espagne. Il a participé à des manifestations antiracistes, en particulier dans le quartier madrilène de Lavapiés.

Mentioned People

  • Serigne Mbaye — Hiszpański działacz społeczny i polityk urodzony w Senegalu, obecny sekretarz ds. antyrasizmu w Podemos
  • Ione Belarra — Psycholożka i polityczka, posłanka do Kongresu Deputowanych i sekretarz generalna Podemos
  • Irene Montero — Polityczka i psycholożka, obecna sekretarz polityczna Podemos
  • Francisco Martín Aguirre — Polityk i inżynier leśnictwa, delegat rządu we Wspólnocie Madrytu

Sources: 4 articles