Le tribunal de l'Audiencia Nacional a ouvert, le lundi 6 avril 2026, le procès relatif à l'opération Kitchen, un système d'espionnage présumé visant l'ancien trésorier du Parti populaire, Luis Bárcenas. Le parquet anticorruption requiert de lourdes peines de prison contre plusieurs anciens hauts responsables du ministère de l'Intérieur sous le gouvernement de Mariano Rajoy, dont 19 ans pour l'ex-commissaire Villarejo.

Ouverture du procès Kitchen

Le procès sur l'espionnage présumé de Luis Bárcenas par le ministère de l'Intérieur de l'ère Rajoy a débuté à Madrid.

Lourdes réquisitions

Le parquet demande 15 ans de prison pour l'ex-ministre Jorge Fernández Díaz et 19 ans pour l'ancien commissaire Villarejo.

Allégations de mauvais traitements

Luis Bárcenas affirme avoir subi des intimidations et des humiliations physiques en détention, prolongeant l'opération d'espionnage.

L'Audiencia Nacional a ouvert lundi 6 avril 2026 le procès de l'opération Kitchen. Cette affaire porte sur une opération d'espionnage illégale qui aurait été orchestrée par de hauts responsables du ministère de l'Intérieur sous le gouvernement de l'ancien Premier ministre Mariano Rajoy. La cible de cette opération était Luis Bárcenas, l'ancien trésorier du Partido Popular (PP). Le Parquet anticorruption réclame plusieurs décennies de prison pour un groupe d'anciens hauts fonctionnaires, la réquisition la plus lourde visant l'ex-commissaire de police José Manuel Villarejo avec 19 ans de réclusion. L'opération visait prétendument à saisir des documents en possession de M. Bárcenas qui auraient pu impliquer le PP et sa direction dans l'affaire de corruption Gürtel. À la veille de l'audience, Luis Bárcenas a déposé un nouveau document devant la quatrième section du tribunal, affirmant que les manœuvres à son encontre s'étaient poursuivies au sein de la prison de Soto del Real, où il était placé en détention provisoire. Luis Bárcenas dénonce des fouilles et des blessures en détentionDans son mémoire, Luis Bárcenas a transmis au tribunal une série de plaintes formelles déposées pendant près de deux ans auprès de la direction de la prison de Soto del Real. Il y décrit une campagne d'intimidation systématique menée alors que le gouvernement pilotait parallèlement une opération de renseignement illégale à l'extérieur. L'ancien trésorier rapporte avoir subi des fouilles intégrales au motif de l'introduction d'objets interdits, une accusation qui n'a jamais été étayée selon lui. Dès janvier 2014, il a déposé une plainte pour des blessures aux poignets causées par des menottes trop serrées. Il a également signalé s'être vu refuser des communications ordinaires et avoir été sanctionné pour ne pas avoir fourni un numéro de téléphone utilisé lors d'appels autorisés. Dans une note manuscrite adressée au directeur de l'établissement, M. Bárcenas a refusé un transfert médical en raison de conditions qu'il jugeait humiliantes et physiquement préjudiciables, imposées par les forces de sécurité. Selon des informations relayées par El Mundo, il aurait également été victime d'une réaction allergique soudaine ayant nécessité des soins externes, qu'il lie à une tentative d'empoisonnement délibérée. Partie civile au procès, la défense de l'ex-trésorier soutient que ces mauvais traitements en milieu carcéral constituaient un prolongement de l'opération Kitchen orchestrée par l'exécutif de Mariano Rajoy. Quinze ans de prison requis contre l'ancien ministre de l'IntérieurLe parquet anticorruption a requis 15 ans de réclusion à l'encontre de l'ancien ministre de l'Intérieur Jorge Fernández Díaz pour recel, détournement de fonds publics et délits contre la vie privée. Une peine identique a été demandée contre Francisco Martínez, ancien secrétaire d'État à la Sécurité, et Eugenio Pino, ex-directeur adjoint opérationnel de la police. L'accusation soutient qu'au cours du premier semestre 2013, la direction du ministère de l'Intérieur a conçu une opération illégale de renseignement pour obtenir des documents et preuves numériques compromettants pour le PP et ses dirigeants dans le cadre de l'affaire Gürtel, alors instruite par l'Audiencia Nacional. L'ancien commissaire Andrés Manuel Gómez Gordo risque également 15 ans de prison, tandis que Sergio Ríos Esgueva, ancien chauffeur de M. Bárcenas et pièce maîtresse de l'exécution du plan, fait face à une demande de 12 ans et 5 mois de réclusion. Marcelino Martín Blas encourt deux ans et demi de prison. Un septième accusé, Enrique García Castaño, ne sera pas jugé pour raisons de santé après avoir subi un accident vasculaire cérébral, selon El Periódico. 19 (ans) — de prison requis contre l'ancien commissaire Villarejo L'ombre de l'affaire Gürtel sur l'ancienne direction du PPL'acte d'accusation situe l'origine de l'opération Kitchen dans le contexte des pressions politiques générées par l'enquête Gürtel, laquelle menaçait de révéler des irrégularités financières au sommet du Parti populaire. Le but de cette structure parapolicière illégale était de priver Luis Bárcenas de preuves matérielles pouvant nuire au parti et à ses cadres. Le recrutement du chauffeur, Ríos Esgueva, aurait été facilité par Gómez Gordo, décrit comme un policier de confiance de l'ex-secrétaire générale du PP, María Dolores de Cospedal. Cette dernière et son époux, l'homme d'affaires Ignacio López del Hierro, ont toutefois été mis hors de cause par le juge Manuel García-Castellón. Cette décision a été confirmée par la chambre pénale de l'Audiencia Nacional, qui a refusé de rouvrir les poursuites contre eux malgré la découverte de nouveaux enregistrements impliquant Villarejo. Le successeur du juge d'instruction, Antonio Piña, a également maintenu le non-lieu concernant Mme de Cospedal. L'affaire Gürtel est un vaste scandale de corruption en Espagne ayant mis au jour un réseau de financement illicite lié au Parti populaire, basé sur des pots-de-vin versés en échange de marchés publics. Luis Bárcenas a été le gestionnaire du PP de 1990 à 2008 avant d'en devenir le trésorier jusqu'en 2009. L'opération Kitchen constitue le septième volet de l'enquête Tándem, centrée sur les activités de l'ex-commissaire Villarejo, détenu de novembre 2017 à mars 2021.

Mentioned People

  • Luis Bárcenas — Biznesmen i były polityk Partii Ludowej, zarządca (1990–2008) i skarbnik (do 2009)
  • José Manuel Villarejo — Hiszpański biznesmen i były komisarz Narodowego Korpusu Policji
  • Jorge Fernández Díaz — Były minister spraw wewnętrznych Hiszpanii
  • Francisco Martínez — Były sekretarz stanu ds. bezpieczeństwa
  • Eugenio Pino — Były zastępca dyrektora operacyjnego hiszpańskiej policji
  • Sergio Ríos Esgueva — Były kierowca Luisa Bárcenasa i informator policji
  • Mariano Rajoy — Były premier rządu Hiszpanii

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