Le président polonais Karol Nawrocki a adressé mardi 17 mars 2026 à Donald Tusk un document de position appelant à supprimer ou à remanier en profondeur le système européen d’échange de quotas d’émission. Cette initiative l’amène à intervenir directement dans un domaine relevant d’abord du gouvernement. Elle relance en Pologne et à Bruxelles le débat sur le coût de la transition climatique.
Une demande formelle adressée à Donald Tusk
Karol Nawrocki a envoyé le 17 mars 2026 un document de position demandant la suppression ou une réforme radicale de l’ETS dans toute l’Union européenne.
Une initiative présidentielle dans un domaine relevant du gouvernement
Le président intervient directement sur un dossier de politique publique où le gouvernement de Donald Tusk exerce l’autorité exécutive principale.
Une critique partagée par l’opposition PiS
Przemysław Czarnek et le PiS défendent eux aussi l’abandon de l’ETS, ce qui montre une convergence entre la présidence et la principale opposition sur ce sujet.
Un débat relancé à l’échelle européenne
La hausse des prix de l’énergie et les préoccupations liées à la compétitivité industrielle alimentent dans plusieurs États membres la discussion sur l’avenir du marché carbone européen.
Le président polonais Karol Nawrocki a adressé mardi 17 mars 2026 au premier ministre Donald Tusk un document de position formel demandant la suppression ou une réforme radicale du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne dans l’ensemble de l’Union européenne. Karol Nawrocki a qualifié ce système de « folie verte » et a estimé qu’il nuisait à la compétitivité européenne. Cette démarche constitue une intervention directe du président dans un champ de politique publique où le gouvernement polonais, dirigé par Donald Tusk, détient l’essentiel du pouvoir exécutif. L’initiative avait été annoncée la veille au soir par un conseiller présidentiel, qui avait confirmé que la présentation formelle d’un ensemble de solutions aurait lieu mardi. Cette étape indique que Karol Nawrocki entend utiliser sa fonction pour défendre une inflexion de fond de la politique climatique de l’Union européenne.
Un conseiller présidentiel avait annoncé le contenu du paquet la veille au soir Selon wnp.pl, un conseiller du président a annoncé lundi soir 16 mars que Karol Nawrocki remettrait à Donald Tusk un ensemble de propositions concernant l’ETS. L’entourage présidentiel a présenté le dispositif comme un système qui « coule l’Europe » et a jugé que « des changements décisifs sont nécessaires ». Dans les informations publiées par niezalezna.pl, cette initiative est décrite comme une démarche présidentielle importante visant à peser à la fois sur la politique intérieure et sur le débat plus large mené au niveau de l’Union européenne quant à l’avenir du marché du carbone. L’envoi formel de la lettre ou du document de position a ensuite été confirmé dans la matinée du 17 mars, selon plusieurs médias polonais, dont polsatnews.pl et gazeta.pl. La présidence a présenté cette prise de contact avec le chef du gouvernement comme une démarche constructive nécessitant une coopération entre les deux institutions pour obtenir un changement à l’échelle européenne.
Czarnek et le PiS défendent la même ligne sur le marché du carbone Przemysław Czarnek, vice-président de Droit et Justice, a lui aussi plaidé publiquement pour l’abandon du système ETS, selon oko.press. Le média a formulé plus largement la question de savoir si la Pologne pourrait entraîner d’autres États membres de l’Union européenne à s’éloigner de ce mécanisme, alors même que l’Union discute actuellement de son avenir. La position de Przemysław Czarnek rejoint celle de Karol Nawrocki, même si les deux hommes agissent depuis des positions institutionnelles différentes : l’un comme responsable d’un parti d’opposition, l’autre comme chef de l’État. Cette convergence entre le palais présidentiel et le principal parti d’opposition sur ce dossier traduit un courant politique plus large en Pologne, marqué par le scepticisme à l’égard des obligations climatiques européennes. Karol Nawrocki a toutefois besoin de la coopération du gouvernement de Donald Tusk pour qu’une initiative présidentielle puisse se traduire en mesures formelles au niveau polonais ou européen, comme l’a rapporté Business Insider Polska.
Le débat sur l’ETS se tend dans l’Union européenne, tandis que la Pologne fait entendre sa voix Le système européen d’échange de quotas d’émission a été créé comme le premier grand marché du carbone au monde et demeure la pierre angulaire de l’architecture de la politique climatique de l’Union européenne. La Pologne figure historiquement parmi les critiques les plus constantes de ce mécanisme au sein de l’Union, en raison de sa forte dépendance à la production d’électricité à partir du charbon. Au fil des différentes négociations climatiques européennes, le pays a demandé à plusieurs reprises des exemptions, des dérogations et des calendriers d’application plus progressifs pour les obligations liées à l’ETS. Le système fait de nouveau l’objet d’un examen attentif à travers l’Europe, à mesure que la hausse des prix de l’énergie et les inquiétudes sur la compétitivité industrielle prennent une place plus importante dans l’agenda politique de plusieurs États membres. L’ETS impose aux exploitants industriels de détenir des quotas pour chaque tonne de dioxyde de carbone qu’ils émettent, le prix de ces quotas fluctuant sur le marché libre. Ses détracteurs, parmi lesquels Karol Nawrocki, estiment que ce mécanisme impose des coûts disproportionnés aux industries énergivores et aux ménages dans des pays comme la Pologne, qui n’ont pas encore achevé leur transition énergétique. Les défenseurs du dispositif soutiennent au contraire qu’il s’agit de l’outil le plus efficient en termes de coût pour réduire les émissions dans l’ensemble de l’économie de l’Union. Le débat sur l’ETS a pris un nouvel élan à Bruxelles, tandis que les États membres réévaluent le rythme et le coût de la transition écologique. Selon les informations disponibles, la question de savoir si la lettre de Karol Nawrocki entraînera une réponse formelle du gouvernement polonais ou modifiera la position de négociation de Donald Tusk dans les instances européennes reste ouverte. Les systèmes de plafonnement et d’échange de ce type font l’objet de débats dans le monde entier, à la fois comme instruments climatiques et comme charges économiques, et l’intervention du président polonais ajoute une nouvelle voix institutionnelle à cette controverse européenne en cours.