Le chancelier allemand Friedrich Merz a dû intervenir auprès de Katherina Reiche pour appeler à la retenue après une attaque publique frontale contre le SPD. Malgré une baisse du prix des carburants constatée pour le troisième jour consécutif, les ministres de l'Économie et des Finances s'affrontent sur les mesures de soutien aux consommateurs.

Recadrage du Chancelier

Friedrich Merz a désapprouvé publiquement les attaques de sa ministre de l'Économie contre le SPD, appelant à un retour au consensus.

Désaccord sur les superprofits

Le SPD réclame une taxe sur les bénéfices exceptionnels des pétroliers, tandis que la CDU privilégie des mesures fiscales comme l'indemnité de déplacement.

Baisse des prix à la pompe

Les tensions politiques surviennent paradoxalement alors que les prix des carburants amorcent une baisse pour le troisième jour consécutif.

Sommet de crise dimanche

Le comité de coalition se réunira le 12 avril pour tenter d'unifier une position gouvernementale sur les prix de l'énergie.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a discrètement recadré sa propre ministre de l'Économie, Katherina Reiche, après que cette dernière a vivement critiqué ses partenaires de coalition du SPD. Des sources proches de la Chancellerie ont indiqué à Reuters et à la Deutsche Presse-Agentur que Merz s'était montré « irrité par cet échange de coups par médias interposés » et avait exhorté Mme Reiche à faire preuve de retenue. Le différend porte sur des propositions divergentes visant à soulager les consommateurs allemands face aux prix élevés des carburants, Katherina Reiche et le ministre des Finances Lars Klingbeil défendant des visions opposées sur les modalités — et l'opportunité — d'une intervention de l'État sur les marchés de l'énergie. Cette querelle a éclaté vendredi, alors même que les prix à la pompe en Allemagne affichaient une baisse pour le troisième jour consécutif, atténuant l'urgence invoquée par les deux ministres.

Reiche cible le SPD avant de subir les remontrances de la Chancellerie Katherina Reiche, figure de la CDU et ministre fédérale de l'Économie et de l'Énergie depuis mai 2025, a formulé ses critiques par deux canaux vendredi : une tribune dans le Handelsblatt et une intervention sur la chaîne Welt TV. Ses déclarations ont suivi de peu l'organisation par Lars Klingbeil d'un « sommet sur la crise des prix de l'énergie » avec des représentants patronaux et syndicaux, une réunion que Mme Reiche aurait désapprouvée faute de coordination avec ses services. „Le partenaire de coalition s'est illustré ces dernières semaines en soumettant des propositions coûteuses, à l'efficacité limitée et à la constitutionnalité douteuse.” — Katherina Reiche via N-tv Elle a ajouté que de telles mesures « sèment la confusion et n'aident pas les consommateurs ». La réaction de la Chancellerie a été immédiate : des sources ont précisé à Reuters et dpa qu'un accord clair avait été conclu lors d'une réunion ministérielle jeudi pour élaborer des propositions par consensus, et que l'offensive publique de la ministre violait cet engagement. Mme Reiche a elle-même admis, selon des propos rapportés par Die Welt, que le désaccord ne se limitait pas à son duo avec Klingbeil mais traversait « l'ensemble du gouvernement fédéral ».

Taxe sur les superprofits contre refus catégorique de l'Économie La fracture entre les deux ministres reflète un clivage idéologique plus profond au sein de la coalition noir-rouge. Lars Klingbeil, vice-chancelier et ministre fédéral des Finances, propose une taxe sur les superprofits des compagnies pétrolières pour financer des aides, ainsi qu'un plafonnement flexible des prix de l'essence, du diesel et du fioul. Katherina Reiche a opposé un « rejet net » à ces deux outils, arguant que la taxe sur les superprofits poserait des problèmes constitutionnels et qu'affaiblir les raffineries allemandes enverrait « un mauvais signal dans le contexte actuel ». Elle préconise à la place une augmentation temporaire de la indemnité de déplacement et une baisse de la taxe sur le diesel limitée au secteur du fret et de la logistique. Friedrich Merz et Katherina Reiche s'opposent tous deux aux interventions sur le marché, privilégiant le renforcement de l’Office fédéral de lutte contre les cartels — voté avant Pâques — pour prévenir les abus de position dominante des pétroliers. Le SPD de Klingbeil avait également évoqué une prime à la mobilité et une réduction temporaire de la taxe sur l'énergie, bien que le Berliner Zeitung rappelle qu'une mesure similaire prise en 2022 lors de la crise ukrainienne avait été largement captée par les compagnies pétrolières au détriment des consommateurs.

Le marché allemand des carburants est un sujet politique sensible depuis la flambée des prix de l'énergie consécutive à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. Le gouvernement de l'époque avait instauré une baisse de trois mois de la taxe sur l'énergie, mais le Berliner Zeitung rapporte que cet avantage avait été absorbé par les groupes pétroliers plutôt que répercuté à la pompe. L'Office fédéral de lutte contre les cartels décrit le comportement tarifaire des pétroliers comme un « parallélisme conscient » — des hausses simultanées sans concertation prouvable — contre lequel le droit actuel ne permet pas d'agir. À titre de comparaison, l'Autriche a instauré un « frein aux prix des carburants » début avril 2026, combinant baisse de la taxe gazière et réduction des marges bénéficiaires des compagnies.

Le SPD accuse Katherina Reiche de fragiliser la confiance Les retombées politiques des propos de Mme Reiche ne se sont pas fait attendre dans les rangs sociaux-démocrates. Dirk Wiese, secrétaire du groupe parlementaire SPD, a déclaré au Rheinische Post que ces propos étaient « très curieux » et « remettaient massivement en question la coopération au sein de cette coalition ». Sebastian Roloff, porte-parole du SPD pour les questions économiques, s'est montré plus sévère auprès du RedaktionsNetzwerk Deutschland, accusant la ministre de se faire « l'avocate des profits de crise des compagnies pétrolières » et d'abandonner les foyers à revenus modestes ainsi que les PME. „Critiquer des propositions est une chose, mais l'absence totale d'idées et d'action ne correspond aucunement à la hauteur de sa fonction ministérielle.” — Sebastian Roloff via DIE WELT Merz avait pourtant indiqué jeudi qu'aucune décision à court terme ne devait être attendue, le gouvernement n'envisageant d'agir que si les prix augmentaient de façon « significative et durable ». Cette position contraste avec l'urgence affichée par Klingbeil et Reiche. Une réunion du comité de coalition prévue pour le dimanche 12 avril devrait permettre d'examiner l'ensemble des propositions. La capacité des deux ministres à présenter un front uni sera, selon l'entourage du chancelier, le test crucial de la capacité du gouvernement à travailler dans la « sérénité et la confiance ».

Mentioned People

  • Friedrich Merz — 10. kanclerz Republiki Federalnej Niemiec i przewodniczący federalny CDU
  • Katherina Reiche — Federalna minister gospodarki i energii w gabinecie Merza
  • Lars Klingbeil — Wicekanclerz i federalny minister finansów w gabinecie Merza oraz przewodniczący federalny SPD
  • Dirk Wiese — Sekretarz frakcji parlamentarnej SPD
  • Sebastian Roloff — Rzecznik SPD ds. polityki gospodarczej

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