Le New York Times affirme que Mohammed ben Salmane a encouragé Donald Trump à accentuer la guerre contre l’Iran, qu’il aurait présentée comme une « opportunité historique » pour remodeler le Moyen-Orient. Riyad a rapidement démenti ces informations, tandis que la Maison Blanche a refusé de commenter. Ces révélations interviennent alors que le conflit entre Washington, Israël et Téhéran reste sous forte tension.
Mohammed ben Salmane cité dans des échanges avec Trump
Le New York Times affirme que le prince héritier saoudien a encouragé Donald Trump à intensifier la guerre contre l’Iran et à viser le régime de Téhéran.
Riyad dément officiellement l’article
L’Arabie saoudite dit avoir toujours soutenu une solution pacifique et rejette la version publiée par le quotidien américain.
Une guerre qui inquiète les États du Golfe
Selon les analystes cités, Riyad redoute surtout les conséquences d’un conflit prolongé et d’un Iran fragilisé mais plus imprévisible.
Nouvelle proposition de cessez-le-feu rejetée
Washington a transmis un plan en 15 points via le Pakistan, mais Téhéran l’a refusé et a avancé une contre-proposition avec demandes de réparations.
Tensions persistantes malgré la pause annoncée
Malgré l’annonce d’une suspension des frappes sur l’énergie, des responsables iraniens ont signalé de nouvelles attaques et une présence militaire américaine renforcée.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a pressé le président Donald Trump de poursuivre et d’intensifier la guerre contre l’Iran, décrivant la campagne militaire en cours comme une « opportunité historique » pour remodeler le Moyen-Orient, a rapporté mardi 24 mars le New York Times, citant des personnes informées par des responsables américains sur ces échanges. Selon le journal, les deux dirigeants ont eu une série de conversations au cours de la semaine précédant le 24 mars, durant lesquelles Mohammed ben Salmane a demandé à Trump de faire pression pour la destruction du gouvernement iranien, estimant que la République islamique représente une menace de long terme pour le golfe Persique qui ne peut être écartée qu’en supprimant le régime de Téhéran. Le gouvernement saoudien a rapidement démenti ce rapport, affirmant avoir toujours soutenu une issue pacifique au conflit. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a refusé de commenter, disant que l’administration « ne commente pas les conversations privées du président ».
La guerre en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran a commencé le 28 février 2026 lors d’une opération qui a tué l’ancien Guide suprême Ali Khamenei. Après sa mort, Mojtaba Khamenei, son fils, a été nommé nouveau Guide suprême de l’Iran en mars 2026. Les relations entre l’Arabie saoudite et l’Iran avaient été tendues pendant des années, notamment après l’attaque de 2019 contre des installations pétrolières saoudiennes menée avec le soutien de Téhéran, qui avait brièvement interrompu la moitié de la production pétrolière du royaume. L’Arabie saoudite avait ensuite cherché à apaiser les tensions par la diplomatie et avait rétabli ses liens avec l’Iran afin de réduire le risque de nouvelles offensives avant l’éclatement du conflit actuel. Riyad craint davantage un Iran blessé qu’un Iran vaincuLa position saoudienne, telle que la décrivent les analystes cités dans l’enquête du Times, traduit un calcul dicté par la crainte de l’après-guerre autant que par la situation présente. Des analystes familiers du pouvoir saoudien ont indiqué au journal que Mohammed ben Salmane aurait probablement préféré éviter une guerre au départ, mais qu’il considère désormais comme scénario le plus défavorable le fait que Trump se contente d’un conflit « inachevé », laissant l’Arabie saoudite et d’autres États de la région face à un Iran plus agressif et plus assuré qu’auparavant. Le prince aurait aussi fait valoir que la capacité de l’Iran à fermer périodiquement le détroit d’Ormuz constitue une menace économique existentielle pour les États du Golfe. Mohammed ben Salmane aurait également plaidé pour des opérations terrestres afin d’obtenir la chute du régime, allant plus loin que la posture militaire américaine actuelle. Selon Bloomberg, cité par LaSexta, des informations ont aussi circulé sur le fait que des pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, envisagent une participation militaire au conflit si l’Iran attaque leurs infrastructures critiques, tandis qu’Oman préfère conserver son rôle de médiateur. Des responsables de haut rang, à la fois saoudiens et américains, redoutent toutefois en privé qu’un conflit prolongé n’expose davantage les installations pétrolières saoudiennes à des frappes iraniennes de plus en plus sévères et n’enferme Washington dans une guerre sans horizon. Trump suspend les frappes sur l’énergie, l’Iran rejette une trêveLe président Trump a annoncé lundi 23 mars une pause de cinq jours dans les attaques contre les infrastructures énergétiques et a affirmé que son administration et l’Iran avaient mené des « discussions productives sur une résolution complète et totale des hostilités ». Téhéran a contesté cette présentation, niant que des négociations formelles soient en cours et n’admettant que l’existence de « contacts ». L’administration Trump a transmis à l’Iran, par l’intermédiaire du Pakistan, une proposition de cessez-le-feu en 15 points, que l’Iran a rejetée, Téhéran soumettant en retour sa propre contre-proposition appelant à des réparations. Malgré la pause annoncée, des responsables iraniens ont fait état mardi de nouvelles frappes américano-israéliennes contre des installations énergétiques, notamment un gazoduc à la centrale électrique de Khorramshahr. Des résultats de recherche sur le web indiquent que Trump semblait de plus en plus intéressé par une porte de sortie du conflit, qu’il décrivait lui-même comme en train de « s’éteindre », alors même que circulaient à Washington des informations sur une possible opération terrestre visant l’île iranienne de Kharg, par laquelle transiterait, selon les informations rapportées, 90 % du pétrole iranien. Un responsable américain a confirmé au Jerusalem Post une « intensification » de la présence militaire américaine au Moyen-Orient, ce qui pourrait, selon lui, signaler une opération terrestre imminente. Le démenti saoudien contredit la tonalité privée rapportéeLe gouvernement saoudien a publié une déclaration formelle rejetant l’article du Times, affirmant que le royaume « a toujours soutenu une résolution pacifique de ce conflit, même avant qu’il ne commence ». Riyad a reconnu que ses responsables « restent en contact étroit avec l’administration Trump », tout en ajoutant que son « engagement reste inchangé ». Le gouvernement a encore indiqué que sa « principale préoccupation aujourd’hui est de nous défendre contre les attaques quotidiennes contre notre population et nos infrastructures civiles » et a accusé l’Iran d’opter pour « une politique de prise de risque dangereuse plutôt que pour de véritables solutions diplomatiques ». Le contraste entre ce démenti public et les conversations privées rapportées reflète la tension plus large à laquelle sont confrontés les États du Golfe, qui ont cherché ces dernières années à stabiliser leurs relations avec Téhéran mais subissent désormais des frappes de drones et de missiles iraniens lancées en réponse à l’offensive américano-israélienne. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu partage l’idée que l’Iran représente une menace de long terme, même si les analystes cités par le Times ont relevé une divergence : les responsables israéliens verraient probablement comme une victoire un État iranien affaibli et plongé dans des troubles internes, tandis que l’Arabie saoudite considère un tel scénario comme une menace directe et sérieuse pour sa sécurité, à sa porte. La nomination de Mojtaba Khamenei comme Guide suprême après la mort de son père lors des frappes du 28 février a, jusqu’ici, davantage représenté une continuité qu’un effondrement du régime iranien, ce qui complique le calcul saoudien comme le calcul israélien.
Mentioned People
- Mohammed bin Salman — Następca tronu i premier Arabii Saudyjskiej
- Donald Trump — Prezydent Stanów Zjednoczonych
- Benjamin Netanyahu — Premier Izraela
- Mojtaba Khamenei — Trzeci najwyższy przywódca Iranu od marca 2026 roku
- Karoline Leavitt — 36. rzeczniczka Białego Domu od 2025 roku
Sources: 16 articles
- L'Arabie saoudite pousse-t-elle à l'escalade pour éradiquer la menace iranienne ? (Courrier international)
- Prințul saudit Mohammed bin Salman face presiuni asupra lui Donald Trump ca să continue războiul cu Iranul (NYT) (Digi24)
- El príncipe saudí está presionando a Trump para que continúe la guerra contra Irán (ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL)
- El líder de Arabia Saudita habría presionado a Trump para continuar la guerra en Irán (The New York Times)
- Irão. Riade terá pressionado Trump para continuar guerra (SAPO)
- Príncipe saudita terá incentivado Trump a continuar guerra no Irão (SAPO)
- Guerra contra Irão é "oportunidade histórica": Príncipe saudita pressiona Trump para continuar conflito (SAPO)
- El príncipe saudí estaría presionando a Trump para seguir la guerra en Irán y varios países del Golfo estarían estudiando participar militarmente (LaSexta)
- Após Trump falar em negociações, Irã e Israel trocam ataques (Deutsche Welle)
- El príncipe saudí presiona a Trump para seguir la guerra contra Irán, según el New York Times (eldiario.es)