La direction du groupe a annoncé aux salariés le gel possible de 2,5 % à 5 % de sa capacité de transport pour faire face aux tensions au Moyen-Orient. Ces mesures d'urgence répondent à l'envolée des prix du carburant et aux risques de pénurie d'approvisionnement en Europe.
Réduction de flotte
Lufthansa envisage d'immobiliser entre 20 et 40 avions, soit une baisse de capacité de 2,5 % à 5 %.
Impact financier
Malgré une couverture à 80 %, le groupe fait face à un surcoût de carburant de plus d'un milliard d'euros.
Retrait d'avions anciens
Les modèles Airbus A340 et Boeing 747-400, moins économes, seront les premiers visés par ces mesures.
Le groupe Lufthansa prépare des plans de secours prévoyant l'immobilisation de 20 à 40 appareils en réponse à l'explosion des coûts du carburant et aux risques de pénurie liés au conflit au Moyen-Orient, a déclaré Carsten Spohr, président du directoire de Lufthansa Group, lors d'une réunion interne mardi. Ces projets, révélés par le quotidien Handelsblatt puis confirmés par un porte-parole cité par Bloomberg, reposent sur deux scénarios d'évolution du conflit. L'arrêt de 20 avions réduirait la capacité du groupe de 2,5 %, tandis que 40 appareils immobilisés entraîneraient une baisse de 5 %. M. Spohr a précisé qu'aucune décision finale n'avait été arrêtée, tout en admettant que l'objectif de croissance de 4 % prévu pour 2026 était désormais irréaliste. Cette situation critique est alimentée par des prix record du kérosène et par la menace d'une pénurie réelle, la fermeture de fait du détroit d'Ormuz ayant bloqué une part importante du transport mondial de carburant et contraint les raffineries asiatiques à réduire leur production.
Les appareils les plus anciens visés par les économies Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui cite des sources internes, les avions ciblés en priorité sont des modèles anciens et gourmands en carburant dont le retrait était déjà programmé. L'Airbus A340 et le Boeing 747-400 sont explicitement cités en raison de leurs coûts d'exploitation élevés. Les retards de livraison de nouveaux appareils plus sobres avaient jusqu'alors contraint la compagnie à prolonger leur service. L'actuelle incertitude sur la demande — accentuée par une hausse inévitable du prix des billets concédée par M. Spohr — offre l'occasion d'accélérer leur sortie de flotte. Le dirigeant a prévenu que l'augmentation des coûts du kérosène serait répercutée sur les passagers, ce qui devrait peser sur le nombre de voyageurs. Des équipes dédiées préparent les mesures opérationnelles, bien que leur application dépende de l'évolution du terrain. surcoût minimal lié à l'exposition non couverte sur le kérosène
Une couverture de 80 %, mais un gouffre financier persistant Lufthansa figure parmi les compagnies les plus protégées contre les variations de prix, avec des contrats de couverture portant sur 80 % de ses besoins, selon les chiffres du groupe repris par le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Toutefois, les 20 % restants génèrent un surcoût pouvant dépasser le milliard d'euros. L'Europe est le principal importateur de kérosène du golfe Persique, cette région représentant environ la moitié des importations de l'Union européenne et du Royaume-Uni, selon les données de Vortexa compilées par Bloomberg News. L'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran, baptisée Operation Epic Fury, a débuté le 28 février 2026, entraînant la fermeture du détroit d'Ormuz et perturbant les flux énergétiques mondiaux. Le conflit a également été marqué par le décès du Guide suprême Ali Khamenei lors des frappes initiales, son fils Mojtaba Khamenei ayant été désigné pour lui succéder le 9 mars 2026. Lufthansa n'est pas la seule à réagir : la compagnie scandinave SAS a annoncé l'annulation d'au moins 1 000 vols en avril, citant la hausse brutale des prix. SAS, ayant récemment renoncé à ses contrats de couverture, est plus exposée aux prix du marché. United Airlines a également réduit son offre de 3 %, intégrant la suspension de ses vols vers le Moyen-Orient. Son PDG Scott Kirby estime que le niveau actuel des prix représente un surcoût de onze milliards d'euros pour la compagnie américaine.
Lufthansa (scénario 1): 2.5, Lufthansa (scénario 2): 5, United Airlines: 3
L'intérêt pour TAP maintenu malgré les tensions Malgré la gravité des mesures internes, Lufthansa ne renonce pas à ses ambitions stratégiques. Selon Spiegel, cité par Il Sole 24 Ore, le groupe compte toujours soumettre prochainement une offre pour TAP Air Portugal. En dernier recours, M. Spohr n'a pas exclu le recours au chômage partiel si la situation devait s'aggraver. La compagnie n'a pas souhaité commenter officiellement les détails publiés par la presse allemande. Cette crise constitue un test majeur pour l'aérien européen, le carburant redevenant le premier poste de dépense alors que le conflit au Moyen-Orient semble s'installer dans la durée. Le message de Carsten Spohr indique que Lufthansa passe d'une phase d'observation à une préparation active de sa réponse opérationnelle.
Mentioned People
- Carsten Spohr — Chairman and chief executive officer (CEO) of Lufthansa
Sources: 12 articles
- Lufthansa bereitet Krisenszenarien vor (Süddeutsche Zeitung)
- Lufthansa to consider grounding up to 40 planes amid jet fuel crisis, media reports say (POLITICO)
- Lufthansa Prepares Crisis Plans That Include Grounding Jets (Bloomberg Business)
- Trasporto aereo, media: Lufthansa valuta taglio della flotta per l'aumento dei costi del carburante (Tgcom24)
- Lufthansa entwirft Krisenplan - ältere Flugzeuge bleiben stehen (Frankfurter Allgemeine)
- Noch keine Entscheidung gefallen: Bericht: Lufthansa erwägt Stilllegung von bis zu 40 Flugzeugen wegen des Iran-Kriegs (N-tv)
- Wegen Iran-Krieg will Lufthansa bis zu 40 Flugzeuge stilllegen (Focus)
- Lufthansa: valuta di lasciare a terra fino a 40 aerei per crisi Golfo (Spiegel) - Il Sole 24 ORE (Il Sole 24 ORE)
- Lufthansa-Chef Spohr schwört Belegschaft auf die nächste große Krise ein (Spiegel Online)
- 20 bis 40 Flugzeuge: Lufthansa prüft wegen steigender Kerosinpreise Stilllegung von Teilen der Flotte (N-tv)