Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a sollicité l'incarcération provisoire de Francisco Martínez et d'Andrés Gómez Gordo. Cette requête intervient alors que le procès de l'opération Kitchen doit débuter le 6 avril 2026 devant l'Audience nationale.
Requête d'incarcération
Le PSOE demande la détention provisoire de Francisco Martínez et Andrés Gómez Gordo avant le début du procès Kitchen le 6 avril 2026.
Risques de fuite invoqués
L'accusation souligne les liens familiaux de Martínez avec le Mexique et l'imminence de condamnations pouvant entraîner la perte de leur statut professionnel.
Peines requises
Le Parquet anticorruption réclame 15 ans de prison contre plusieurs responsables, dont l'ancien ministre de l'Intérieur Jorge Fernández Díaz.
Le PSOE a demandé lundi à l' Audience nationale d'ordonner le placement en détention provisoire de Francisco Martínez, ancien secrétaire d'État à la Sécurité sous le gouvernement de Mariano Rajoy, et de l'ancien commissaire Andrés Gómez Gordo, à quelques jours de l'ouverture du procès de l' opération Kitchen, prévue pour le 6 avril 2026. Les socialistes, qui se sont constitués partie civile dans cette affaire, soutiennent que l'imminence de l'audience accroît de manière significative le risque de fuite des deux prévenus. Le Parquet anticorruption requiert une 15 (ans de prison) — peine demandée pour Martínez et Gómez Gordo pour chaque accusé. Le PSOE a déposé sa requête auprès de l'Audience nationale le 30 mars 2026, invoquant quatre facteurs convergents qui, selon lui, aggravent le risque de défection : la sévérité des peines requises, l'imminence du procès, l'implication des prévenus dans d'autres procédures judiciaires et la suspicion de sources de financement occultes. Selon les informations du quotidien El País, ni Martínez ni Gómez Gordo n'avaient fait l'objet d'une détention provisoire spécifique pour l'affaire Kitchen jusqu'à présent. L'argumentaire du PSOE : les liens de Martínez avec le Mexique et l'affaire des cyberattaquesLe mémoire du PSOE se concentre principalement sur Francisco Martínez, décrivant une situation judiciaire complexe s'étalant sur plus d'une décennie. M. Martínez, qui a occupé le poste de secrétaire d'État à la Sécurité entre 2013 et 2016, est poursuivi dans le cadre du procès Kitchen pour détournement de fonds publics, appartenance à une organisation criminelle, atteinte à la vie privée, révélation de secrets et corruption. Les socialistes ont souligné que M. Martínez est marié à une citoyenne mexicaine et se rend régulièrement au Mexique pour des raisons familiales, ce qu'ils considèrent comme un risque concret de fuite. Ils ont également rappelé que l'ancien secrétaire d'État avait été placé en détention préventive jusqu'en juin 2025 pour une autre affaire concernant un réseau criminel présumé spécialisé dans les cyberattaques contre l'administration publique espagnole, dirigé par le pirate informatique connu sous le nom d'Alcasec. Il fait en outre l'objet d'une enquête menée par le juge Santiago Pedraz sur des opérations policières présumées visant le parti Podemos, dite affaire de la « police patriotique ». Le PSOE fait remarquer que M. Martínez, malgré sa situation judiciaire, conserve son statut de haut fonctionnaire (letrado de las Cortes), bien qu'il soit actuellement en disponibilité pour exercer la profession d'avocat. Le parti s'interroge sur la capacité de ses revenus publics à couvrir ses nombreux voyages internationaux, ses charges familiales et les frais de défense liés à trois procédures criminelles complexes menées de front. La formation politique conclut qu'une éventuelle condamnation assortie d'une déchéance de son statut de fonctionnaire supprimerait son principal lien professionnel avec l'Espagne, augmentant ainsi l'incitation à la fuite. Gómez Gordo déjà condamné et menacé d'inéligibilité professionnelleLa demande d'incarcération provisoire du PSOE vise également Andrés Gómez Gordo, ancien commissaire de police et conseiller de María Dolores de Cospedal, ancienne secrétaire générale du Parti populaire (PP). Dans l'affaire Kitchen, M. Gómez Gordo est accusé d'avoir recruté Sergio Ríos Esgueva — chauffeur de l'ancien trésorier du PP Luis Bárcenas et de sa compagne — comme informateur rémunéré par des fonds secrets, afin d'obtenir des informations sensibles sur le parti. Selon le journal La Razón, M. Gómez Gordo aurait quitté son poste de conseiller pour réintégrer la police et superviser directement les activités du chauffeur. Le PSOE souligne que l'ancien commissaire a déjà été condamné dans l'affaire dite de la Cité de la Justice en tant que coopérateur pour prévarication administrative continue et détournement de fonds aggravé, écopant d'une peine de trois ans et six mois de prison, sentence dont il a fait appel. Les socialistes font valoir qu'une résolution judiciaire a déjà établi une peine d'interdiction d'exercer (disqualification), ce qui romprait de fait son lien professionnel avec l'Espagne en tant que membre de la Police nationale. Comme pour M. Martínez, le PSOE soupçonne l'existence de revenus dissimulés, notant que M. Gómez Gordo continue de solliciter un cabinet d'avocats de renom pour sa défense en dépit de ses contraintes financières apparentes. Ouverture du procès le 6 avril avec une douzaine d'accusés après six ans d'enquêteLe procès Kitchen, dont l'ouverture est prévue le 6 avril 2026 à l'Audience nationale, verra défiler une douzaine de personnes à la barre, selon plusieurs médias espagnols. Parmi les principaux prévenus figurent également Jorge Fernández Díaz, ancien ministre de l'Intérieur sous Mariano Rajoy, contre lequel le Parquet anticorruption requiert aussi 15 ans de prison, ainsi qu'Eugenio Pino, ancien directeur opérationnel adjoint de la Police nationale. L'affaire Kitchen porte sur des faits remontant à 2013, époque où Luis Bárcenas, alors trésorier du Parti populaire (PP), était visé par l'enquête Gürtel sur la corruption au sein du parti. Le PP a par la suite été condamné dans ce dossier. D'après les éléments de l'enquête, cette opération de police parallèle aurait utilisé des fonds réservés du ministère de l'Intérieur pour financer la surveillance de M. Bárcenas et tenter de subtiliser des appareils électroniques appartenant à l'ancien trésorier et à son épouse. Le juge d'instruction Manuel García-Castellón avait organisé une confrontation entre M. Fernández Díaz et M. Martínez le 13 novembre 2020, au cours de laquelle les deux hommes ont maintenu des versions contradictoires. L'enjeu central du procès, selon El País, résidera dans l'opposition entre ces deux anciens piliers du ministère de l'Intérieur : l'ancien ministre nie toute connaissance de l'espionnage, tandis que Francisco Martínez produit des messages téléphoniques qu'il affirme avoir reçus du ministre, suggérant que ce dernier était informé des détails, notamment du recrutement du chauffeur et de l'extraction de données de terminaux iOS. La demande tardive d'incarcération du PSOE s'appuie sur le précédent de la décision de la Cour suprême concernant l'ancien ministre José Luis Ábalos, où l'imminence du procès avait également été jugée comme un facteur d'aggravation du risque de fuite.Opération Kitchen — dates clés: — ; — ; — ; — ; —
Mentioned People
- Francisco Martínez Vázquez — Hiszpański polityk, deputowany do Kongresu i były sekretarz stanu ds. bezpieczeństwa (2013–2016)
- Andrés Gómez Gordo — Były komisarz policji i doradca Maríi Dolores de Cospedal
- Jorge Fernández Díaz — Były minister spraw wewnętrznych Hiszpanii z ramienia Partii Ludowej
- Luis Bárcenas — Były skarbnik Partii Ludowej (PP)
- María Dolores de Cospedal — Była sekretarz generalna Partii Ludowej
- Sergio Ríos Esgueva — Były kierowca Luisa Bárcenasa i informator policji
- Mariano Rajoy — Były premier Hiszpanii
Sources: 7 articles
- El PSOE pide prisión provisional para el ex 'número dos' de Interior con Rajoy por riesgo de fuga ante el juicio Kitchen (EL MUNDO)
- Última hora sobre la actualidad política, en directo (eldiario.es)
- Vídeo | La cuenta atrás del juicio de Kitchen: así se enfrentaron el exministro Fernández Díaz y su número dos durante la investigación (EL PAÍS)
- PSOE pide prisión provisional para el ex 'número dos' de Interior... (europa press)
- El PSOE pide prisión preventiva para el ex 'número dos' de Interior con Rajoy por riesgo de fuga (La Razón)
- El PSOE pide el ingreso en prisión provisional del ex número dos de Interior en vísperas del juicio de Kitchen (EL PAÍS)
- El PSOE pide el ingreso en prisión por Kitchen del número dos de Interior con el PP y el policía asesor de Cospedal (eldiario.es)