Le 14 avril 2026, Konrad Berkowicz, député de la coalition Konfederacja, a exhibé un drapeau israélien marqué d'une croix gammée lors d'une session parlementaire. Ce geste, survenu le jour de Yom HaShoah, a déclenché de vives condamnations du ministère des Affaires étrangères polonais et de l'ambassadrice d'Israël, ainsi qu'un affrontement tendu avec l'ambassadeur des États-Unis.
Provocation au Sejm
Le député Konrad Berkowicz a exhibé un drapeau israélien modifié avec une croix gammée en pleine session parlementaire.
Crise diplomatique
L'incident a provoqué des condamnations officielles d'Israël, des États-Unis et du ministère polonais des Affaires étrangères.
Enquête juridique
La Chancellerie du Sejm examine si le geste constitue un délit de promotion du nazisme et d'outrage à un symbole étranger.
Un député polonais de la formation d'extrême droite Konfederacja a brandi un drapeau israélien modifié, arborant une croix gammée à la place de l'étoile de David, lors d'une session du Sejm le mardi 14 avril 2026. Cet acte a provoqué un incident diplomatique impliquant l'ambassade d'Israël, le ministère polonais des Affaires étrangères et l'ambassadeur des États-Unis en Pologne. Konrad Berkowicz, député et premier vice-président du parti Nowa Nadzieja, a effectué ce geste depuis la tribune parlementaire en accusant Israël de commettre un génocide au Moyen-Orient à l'aide de bombes au phosphore interdites. Il a déclaré qu'« Israël est le nouveau Troisième Reich » et a affirmé que ce drapeau altéré correspondait exactement à ce que devrait être l'emblème israélien. L'incident a coïncidé avec Yom HaShoah, le jour de commémoration de la Shoah en Israël, conférant une gravité particulière aux condamnations internationales qui ont suivi.
Le président du Sejm, M. Czarzasty, demande des sanctions financières contre Berkowicz Le président du Sejm, Włodzimierz Czarzasty, a immédiatement condamné l'acte et ordonné la préparation d'une motion auprès du Présidium du Sejm afin de sanctionner M. Berkowicz. Selon le règlement du Sejm, la pénalité financière peut s'élever à la moitié du salaire du député ou à l'intégralité de l'indemnité parlementaire pendant trois mois. Dans sa déclaration officielle, le Président a affirmé que « dans le parlement polonais, il n'y a et n'aura aucune place pour des symboles et des messages faisant référence à l'idéologie responsable de certains des plus grands crimes de l'histoire de l'humanité, ni pour l'antisémitisme. » Les services juridiques de la Chancellerie du Sejm ont également commencé à examiner l'opportunité de saisir la justice pour une suspicion de délit, notamment pour outrage public au drapeau d'un État étranger et promotion du nazisme. Le ministère polonais des Affaires étrangères a publié sa propre condamnation sur la plateforme X, précisant que la critique de la politique régionale d'Israël par M. Berkowicz « ne justifie pas un tel geste, hautement offensant non seulement pour les Juifs et les Israéliens, mais pour tous ceux pour qui la Shoah et les autres crimes nazis constituent un élément important de mémoire et d'identité. » Le ministère a ajouté que « les Polonais ont l'obligation particulière de veiller à la mémoire historique liée à la Shoah », qualifiant l'acte de « répréhensible et inacceptable ».
Cet incident s'inscrit dans une série de gestes provocateurs de la part de politiciens liés à Konfederacja au sein du Sejm polonais. Le conflit israélo-palestinien a généré une polarisation politique croissante en Pologne, des sources rapportant une intensification visible du sentiment anti-israélien, particulièrement à la droite de l'échiquier politique ces derniers mois. La Marche des Vivants à Oświęcim, à laquelle participaient des invités du monde entier ce mardi, se déroulait le même jour, alors que les services de sécurité polonais opéraient à leur plus haut niveau de vigilance autour des sites mémoriaux de la Shoah à Varsovie et ailleurs.
L'ambassadeur des États-Unis s'oppose vivement au leader de Konfederacja, M. Mentzen Le chef de file de Konfederacja, Sławomir Mentzen, a amplifié la controverse en partageant une vidéo du discours de Berkowicz sur X, accompagnée de son propre commentaire en anglais affirmant qu'« Israël est le nouveau Troisième Reich ». L'ambassadeur des États-Unis en Pologne, Tom Rose, a répondu directement à la publication de M. Mentzen par un reproche cinglant.
„Honte à vous ! Peut-être avez-vous remarqué qu'il n'est plus aussi facile de nous bousculer, nous les Juifs ? Nous nous défendons avec tout ce que nous avons, sans nous excuser. Nous nous tenons aux côtés de nos amis et savons comment combattre et vaincre nos ennemis.” — Tom Rose via Wprost
Sławomir Mentzen a répondu au diplomate américain par une unique question : « Êtes-vous en train de me menacer ? ». Cet échange a accru l'écho de l'incident, étendant les retombées diplomatiques au-delà des murs du Sejm. L'ambassade d'Israël en Pologne a publié un communiqué officiel décrivant l'incident comme une « horreur antisémite », notant que M. Berkowicz avait profané le drapeau israélien « au lieu d'exprimer sa solidarité avec les victimes de la Shoah » le jour même où Israël observe Yom HaShoah. Le communiqué de l'ambassade précise : « Nous condamnons fermement l'horreur antisémite commise aujourd'hui au parlement polonais par le député Berkowicz. »
Les services de sécurité alertent sur la montée de l'extrémisme de droite en Pologne L'incident a suscité des commentaires plus larges de la part de journalistes et d'analystes polonais sur l'évolution de l'extrémisme politique dans le pays. Les journalistes Dominika Długosz et Mariusz Gierszewski, s'exprimant dans le podcast « En lien avec l'enquête », ont souligné que les services de sécurité polonais s'inquiétaient d'une nouvelle vague d'extrémisme de droite. M. Gierszewski a cité une récente tentative d'incendie criminel contre une usine liée à une entreprise israélienne en République tchèque, pour laquelle trois ressortissants polonais figurent parmi les personnes interpellées, y voyant « un signal très dangereux montrant que certains groupes extrémistes internationaux trouvent un terrain d'action ici ». Il a ajouté que les services polonais étaient en « état d'alerte maximale » autour des lieux de mémoire, avec des hélicoptères de police effectuant une surveillance aérienne au-dessus de sites tels que l'Umschlagplatz à Varsovie. Mme Długosz a toutefois établi une distinction entre la critique de la politique israélienne envers les civils et l'antisémitisme, arguant que le sentiment anti-israélien croissant en Pologne « n'a rien à voir avec l'antisémitisme, mais seulement avec la politique d'Israël envers la population civile ». L'affaire Berkowicz a néanmoins durci le débat sur la limite entre provocation politique et conduite criminelle, l'analyse juridique de la Chancellerie du Sejm étant toujours en cours ce mercredi matin.
Incident de la swastika au Sejm — événements clés: — ; — ; — ; — ; —
Mentioned People
- Konrad Berkowicz — Pierwszy wiceprezes partii Nowa Nadzieja, poseł na Sejm IX i X kadencji
- Włodzimierz Czarzasty — Marszałek Sejmu X kadencji od 2025 roku
- Sławomir Mentzen — Prezes partii Nowa Nadzieja i współprzewodniczący Rady Liderów Konfederacji
- Tom Rose — Ambasador Stanów Zjednoczonych w Polsce
Sources: 23 articles
- "Grozisz mi?". Mentzen ostro do ambasadora USA (Do Rzeczy)
- Swastyka w Sejmie. Berkowicz znowu szokuje. Nie na tym polega wolność słowa (polityka.pl)
- Ambasador USA w Polsce się wściekł. Mentzen odpowiedział jednym zdaniem (Wprost)
- Czarzasty chce kary dla Berkowicza. MSZ "potępia" (wpolityce.pl)
- "Antysemicki horror". Ambasada Izraela grzmi po tym, co zrobił w Sejmie poseł Konfederacji (rmf24.pl)
- Berkowicz, antysemityzm i Marsz Żywych. Skandal w Sejmie uderza w bezpieczeństwo Polski (Rzeczpospolita)
- Ostra krytyka po działaniach Berkowicza. Reagują MSZ i ambasady (www.gazetaprawna.pl)
- Flaga Izraela ze swastyką w Sejmie. Oświadczenie MSZ (Do Rzeczy)
- Antysemici już się nie krępują. "Walka z przypiętą Polakom gębą trwała lata" (Newsweek Polska)
- Marszałek Sejmu podjął decyzję w sprawie Berkowicza. Dotyczy wtorkowego wystąpienia w Sejmie (www.gazetaprawna.pl)