Le président cubain Miguel Díaz-Canel a averti mercredi que tout « agresseur externe » se heurterait à une « résistance inexpugnable » à Cuba. Cette déclaration répond à Donald Trump, qui a dit s’attendre à avoir « l’honneur de prendre Cuba ». L’échange intervient alors que l’île traverse une panne d’électricité nationale, sur fond de blocus pétrolier et de fortes difficultés économiques.

Mise en garde de Díaz-Canel

Le président cubain a affirmé que tout « agresseur externe » ferait face à une « résistance inexpugnable » sur l’île en réponse à Donald Trump.

Panne d’électricité nationale

La coupure du 16 mars 2026 a touché environ 10 millions de personnes, dans un contexte de pénurie de carburant liée à un blocus pétrolier de trois mois.

Dialogue souhaité par une partie de la population

Malgré la fermeté affichée par les dirigeants, de nombreux Cubains demandent des discussions avec l’administration Trump plutôt qu’une confrontation.

Marco Rubio et le changement de régime

Selon le journal de vérification, le secrétaire d’État américain défendrait un changement de régime à La Havane, ce qui compliquerait toute avancée diplomatique.

Des discussions discrètes confirmées

Díaz-Canel a confirmé des échanges avec des responsables de l’administration Trump, sans qu’aucun détail vérifié ne soit disponible sur leur contenu.

Le président cubain Miguel Díaz-Canel a adressé mercredi une mise en garde directe au président américain Donald Trump, affirmant que tout agresseur venu de l’extérieur se heurterait sur l’île à une « résistance inexpugnable », alors que les tensions entre La Havane et Washington ont atteint un nouveau seuil après une panne d’électricité à l’échelle nationale et une montée des invectives entre les deux gouvernements. La déclaration de Díaz-Canel est intervenue en réponse à une récente prise de position de Donald Trump, qui a dit s’attendre à avoir « l’honneur de prendre Cuba », des propos qui ont suscité une condamnation immédiate des autorités cubaines. Cet affrontement intervient dans un contexte de graves difficultés économiques sur l’île, où un blocus pétrolier imposé par les États-Unis a interrompu l’approvisionnement en carburant depuis trois mois. Une panne générale a frappé Cuba le lundi 16 mars 2026, plongeant approximativement le pays dans l’obscurité. Le gouvernement cubain a attribué directement l’effondrement du réseau électrique au manque de carburant provoqué par le blocus.

„Cualquier agresor externo chocará en Cuba con una resistencia inexpugnable” (Tout agresseur externe se heurtera à Cuba à une résistance inexpugnable) — Miguel Díaz-Canel via El País

Cuba est soumis depuis des décennies à un embargo économique américain, les relations entre Washington et La Havane alternant entre phases de détente partielle et regain d’hostilité. L’île dépend de longue date des importations de pétrole en provenance de pays alliés, en particulier du Venezuela, pour faire fonctionner son réseau électrique et soutenir son économie. L’enlèvement signalé du président vénézuélien Nicolás Maduro par des forces militaires américaines en janvier 2026, selon le journal de vérification, a privé Cuba d’un allié central dans son dispositif de soutien. Les infrastructures énergétiques cubaines souffrent depuis longtemps d’un sous-investissement chronique et de fortes tensions, ce qui les rend particulièrement vulnérables à toute rupture d’approvisionnement en carburant.

Une panne générale plonge l’île dans le noir sur fond de pénurie de carburant La coupure d’électricité nationale du 16 mars a constitué l’une des conséquences les plus visibles du blocus pétrolier de trois mois, selon des informations de Reuters et d’El País. Faute de carburant acheminé jusqu’à l’île, les centrales électriques n’ont pas été en mesure de fonctionner à un niveau suffisant pour répondre à la demande dans l’ensemble du pays. La panne a touché toute la population cubaine, soit environ 10 millions de personnes, selon le journal de vérification. À La Havane, des Cubains se sont rassemblés devant leur domicile pendant la coupure, d’après des images publiées par l’AFP et Reuters. La crise énergétique a aggravé une situation économique déjà très dégradée sur l’île, où les pénuries de nourriture, de médicaments et de biens de première nécessité persistent depuis des années. La décision des autorités cubaines d’autoriser les émigrés à ouvrir des comptes en devises a été annoncée dans le cadre d’un ensemble de mesures économiques destiné à atténuer la pression financière, selon ANSA.

À Cuba, l’appel au dialogue persiste malgré les menaces échangées au sommet Malgré la rhétorique de fermeté affichée par Díaz-Canel, Reuters a rapporté mardi que de nombreux Cubains réclamaient un dialogue avec l’administration Trump plutôt qu’une confrontation. Díaz-Canel a lui-même confirmé que des discussions avaient eu lieu avec des responsables de l’administration Trump afin de rechercher des solutions par la voie diplomatique, selon le journal de vérification. L’écart entre la posture publique du gouvernement et les préférences exprimées par une partie de la population reflète l’ampleur de la lassitude à Cuba, après des années de difficultés économiques. El País cite un habitant cubain qui s’interroge : „"¿Cómo es posible que en mi país escuchen a cualquiera, menos al pueblo?"” (Comment est-il possible que, dans mon pays, on écoute n’importe qui sauf le peuple ?) — Cuban resident via El País Le secrétaire d’État américain Marco Rubio plaiderait, selon le journal de vérification, en faveur d’un changement de régime à La Havane, une position qui rendrait des avancées diplomatiques substantielles nettement plus difficiles. La combinaison de la rhétorique expansionniste de Donald Trump, de la position prêtée à Marco Rubio et du blocus pétrolier laisse peu d’espace visible, à court terme, à une désescalade négociée.

Les propos de Trump sur le fait de « prendre Cuba » durcissent encore le face-à-face La déclaration de Donald Trump, disant s’attendre à avoir « l’honneur de prendre Cuba » — en présentant cette éventualité comme le fait soit de libérer l’île soit de s’en emparer — a entraîné une condamnation immédiate et appuyée de La Havane, selon des informations du Guardian et d’El País. La réponse de Díaz-Canel, formulée publiquement et sans ambiguïté, a montré que le gouvernement cubain entend présenter toute pression américaine comme un acte d’agression appelant une résistance nationale. Le Parti communiste de Cuba, que Díaz-Canel dirige comme premier secrétaire en plus de ses fonctions présidentielles, s’est historiquement appuyé sur la menace d’une intervention étrangère comme facteur de rassemblement intérieur. Le blocus pétrolier, la panne générale et les propos de Donald Trump ont ensemble créé une crise qui met à l’épreuve à la fois la capacité du gouvernement cubain à contenir le mécontentement public et les objectifs affichés de Washington dans la région. Il reste impossible de savoir si les discussions discrètes confirmées par Díaz-Canel produiront un résultat concret, aucune information confirmée n’étant disponible à ce stade sur le contenu ou l’avancement de ces échanges.

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