La cour d’assises de Versailles a condamné vendredi 27 mars l’ancien policier Gilles Guilbert à 10 ans de prison pour le meurtre d’Olivio Gomes, tué par balle au volant de sa Renault Clio à Poissy, dans les Yvelines, dans la nuit du 16 au 17 octobre 2020. La défense a aussitôt annoncé faire appel, tandis que la cour a estimé que les conditions de la légitime défense n’étaient pas réunies.

Une condamnation rare pour un policier

La cour d’assises de Versailles a condamné Gilles Guilbert à 10 ans de prison pour le meurtre d’Olivio Gomes, avec interdiction à vie d’exercer une fonction publique et de porter une arme.

La version policière contestée par les images

Des vidéos de surveillance ont contredit l’idée d’une conduite dangereuse, alors que la police affirmait que la Clio faisait des embardées et roulait à grande vitesse.

L’appel est déjà annoncé

L’avocat de Gilles Guilbert, Laurent-Franck Liénard, a annoncé dès la fin de l’audience qu’un appel serait formé.

A French court sentenced former police officer Gilles Guilbert to 10 years in prison on Friday, March 27, for the murder of Olivio Gomes, a 28-year-old father of three who was shot dead at the wheel of his Renault Clio in Poissy, in the Yvelines department, on the night of October 16 to 17, 2020. The cour d'assises de Versailles a rendu son verdict après plus de six heures de délibéré, son président Didier Safar estimant, au vu d’éléments objectifs, que les conditions de la légitime défense n’étaient pas réunies. La condamnation, rare pour un policier en exercice ou ancien, reste toutefois bien en deçà de la peine maximale de 30 ans prévue par le droit français pour meurtre. Gilles Guilbert s’est également vu interdire à vie d’exercer une fonction publique et de porter une arme. Son avocat, Laurent-Franck Liénard, a immédiatement annoncé un appel à l’issue de l’audience.

Des images vidéo ont contredit la version policière d’une conduite dangereuse L’affaire s’est nouée autour d’une poursuite nocturne partie du périphérique parisien et prolongée sur environ 20 kilomètres jusqu’à la cité Beauregard, à Poissy, où vivait Gomes. Gilles Guilbert et deux collègues de la brigade anti-criminalité ont suivi la Clio de Gomes à bord d’une Passat noire banalisée, sans allumer les feux ni la sirène, après que le véhicule les eut doublés. La police a affirmé que Gomes roulait à vive allure et effectuait des embardées, mais des images de vidéosurveillance analysées pendant le procès ont montré que son véhicule circulait rapidement sans enfreindre le code de la route. Au pied de son immeuble, Gomes s’est arrêté et a coupé le moteur. Gilles Guilbert est alors sorti du véhicule de police et a pointé son arme sur Gomes, qui a redémarré sa voiture. Trois coups de feu ont suivi ; la deuxième balle, mortelle, a traversé les deux poumons de Gomes et son aorte thoracique, le tuant sur place. „Justice pour la société, la victime dans cette affaire, qui perd l’un des siens dans un contexte de violence, du fait de l’abus de ses prérogatives par l’un de ses garants.” — David Sénat via BFMTV

Le parquet a démonté point par point la thèse de la légitime défense Gilles Guilbert a soutenu tout au long du procès qu’il avait cru être sur le point d’être écrasé et qu’il n’avait pas d’autre choix que de tirer. „Je n’ai aucune raison de croire la version de la police, car elle a menti à de nombreuses reprises pendant la procédure pour fabriquer des éléments de preuve. Des mensonges sur la vitesse, sur les embardées, sur les clignotants, sur la densité du trafic, sur la collusion frauduleuse après les coups de feu.” — David Sénat via 20minutes Le procureur a fait valoir que Gomes avait utilisé son véhicule non pas pour attaquer l’agent, mais pour fuir, expliquant à la cour que Gomes « voulait échapper à la police ». En lisant le verdict, le président Didier Safar a indiqué sans ambiguïté que, si Gilles Guilbert « a toujours soutenu qu’il se voyait mourir, les conditions de la légitime défense, qui doivent être appréciées à la lumière de faits objectifs, ne sont pas réunies ». La décision du jury de retenir la qualification de meurtre plutôt qu’une infraction moindre constitue une issue importante dans un pays où les poursuites visant des policiers pour des tirs mortels en service sont rares. Le Monde a décrit cette condamnation comme historique.

Cette condamnation intervient après plusieurs années de procédure autour d’un tir en 2020 La France est confrontée depuis au moins 2017 à un débat soutenu sur les violences policières et la responsabilité des forces de l’ordre, plusieurs affaires très médiatisées impliquant des morts lors d’interventions ayant suscité des manifestations et des appels à la réforme. La brigade anti-criminalité a été au cœur de plusieurs controverses sur ses méthodes. Le droit français sur l’usage de la force létale par la police a été élargi en 2017, permettant aux agents d’ouvrir le feu dans un plus grand nombre de situations, un changement que les critiques ont estimé avoir contribué à une hausse des tirs mortels. L’affaire Gomes, qui remonte à octobre 2020, est devenue l’un des contentieux judiciaires les plus marquants contre le cadre de la légitime défense invoqué par des policiers après de tels faits. Olivio Gomes était âgé de 28 ans au moment de sa mort et laissait derrière lui trois enfants, selon Le Parisien. Le procès s’est ouvert le lundi précédent et le verdict a été rendu le vendredi de clôture de cette semaine d’audience. Gilles Guilbert, décrit par 20minutes comme un tireur sportif passionné, encourait la peine maximale de 30 ans ; le tribunal lui a infligé 10 ans. Son placement immédiat sous mandat de dépôt après le verdict a entraîné sa mise en détention dans la salle d’audience, deux policiers l’ayant conduit jusqu’à l’enceinte vitrée de la cour d’assises avant de l’installer sur un banc, comme l’a décrit Le Monde. L’appel annoncé par Laurent-Franck Liénard signifie que le dossier sera examiné par une juridiction supérieure, sans que l’issue judiciaire définitive soit encore connue.

Principales étapes de l’affaire Olivio Gomes: — ; — ; — ; —

Mentioned People

  • Gilles Guilbert — Były funkcjonariusz brygady antyprzestępczej (BAC) skazany za zabójstwo
  • Olivio Gomes — 28-letnia ofiara zastrzelona przez policję w październiku 2020 roku
  • David Sénat — Prokurator, który określił sprawę jako nadużycie prerogatyw
  • Didier Safar — Przewodniczący sądu przysięgłych w Wersalu
  • Laurent-Franck Liénard — Adwokat Gilles’a Guilberta

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