La maire de Coimbra, Ana Abrunhosa, fait face à une vague de critiques après avoir publiquement mis en cause un journaliste de l'agence Lusa lors d'une réunion municipale le 10 avril 2026. Cette confrontation, qualifiée d'anti-démocratique par plusieurs instances de presse, porte sur la gestion de la Casa do Cinema de Coimbra.

Attaque publique au conseil municipal

La maire Ana Abrunhosa a accusé un journaliste de Lusa de manquement éthique lors d'une session publique à Coimbra.

Mobilisation des instances de presse

La direction de l'agence Lusa et son conseil de rédaction ont fermement rejeté les accusations, soutenant l'intégrité du reporter.

Soutien politique partagé

Le Bloc de gauche, le Parti communiste et l'Initiative Libérale ont dénoncé une tentative d'intimidation des médias.

La maire de Coimbra, Ana Abrunhosa, a déclenché un différend relatif à la liberté de la presse après avoir publiquement pris à partie le journaliste de Lusa João Gaspar, lors d'une réunion publique de l'exécutif municipal de Coimbra le vendredi 10 avril 2026. Mme Abrunhosa a accusé M. Gaspar d'avoir commis un « manquement éthique grave », de ne pas avoir rapporté la vérité et de poursuivre un agenda politique personnel en lien avec un article sur la Casa do Cinema de Coimbra. La maire a annoncé qu'elle retirait sa confiance au journaliste et a suggéré que s'il souhaitait faire de la politique, il devrait « rendre sa carte de journaliste ». La Direction de l'information de Lusa, le Conseil de rédaction et la Commission des travailleurs ont tous publié des communiqués condamnant les propos de la maire, tout comme trois partis politiques représentés au conseil de Coimbra. Les instances de Lusa unies pour défendre le reporter viséLa Direction de l'information de Lusa a adressé une lettre à Mme Abrunhosa le vendredi même de l'incident, qualifiant ses accusations de « déplacées, infondées et diffamatoires » et réitérant sa pleine confiance envers M. Gaspar, dont la carrière journalistique au sein de Lusa a été décrite comme « irréprochable ». La direction a souligné que M. Gaspar n'avait fait que rapporter les inquiétudes du coordinateur de la Casa do Cinema de Coimbra, Tiago Santos, qui affirmait que le lieu risquait de perdre sa licence car la municipalité ne faisait pas progresser un plan de réhabilitation pourtant convenu. L'agence a précisé que M. Gaspar avait sollicité un droit de réponse en envoyant des questions à la municipalité le 1er avril, attendu neuf jours pour obtenir une réponse, relancé personnellement le service de communication de la mairie, et n'avait publié son article qu'après n'avoir reçu aucun retour. Les membres élus du Conseil de rédaction de Lusa ont publié une déclaration distincte répudiant « avec la plus grande fermeté le comportement anti-démocratique » de la maire, avertissant que les accusations « remettent en cause le bon nom et l'honnêteté professionnelle du journaliste » et constituent « une tentative inacceptable d'intimidation des médias en général ». La Commission des travailleurs a condamné « avec véhémence » les déclarations de la maire, s'est jointe aux positions de la direction et du Conseil de rédaction, et a officiellement exigé que Mme Abrunhosa se rétracte par les voies officielles. „La démocratie n'est pas cela, et l'attitude de la présidente de la CMC est d'autant plus grave qu'elle correspond à un type de comportement anti-démocratique observé au Portugal et dans d'autres pays où le journalisme est remis en question” — Lusa News Council via Correio da Manhã Trois partis condamnent la maire et exigent une rétractation publiqueLe Bloc de gauche a qualifié l'intervention de Mme Abrunhosa d'« attaque inacceptable contre le travail journalistique » et contre le rôle essentiel du journalisme dans une société démocratique, exprimant sa « totale solidarité » avec M. Gaspar. Le parti a souligné qu'un inconfort face à l'examen public « ne peut, en aucun cas, justifier des tentatives de discrédit des professionnels des médias » et a rappelé qu'il n'appartient pas aux détenteurs de charges publiques d'accorder ou de retirer une confiance politique aux journalistes. Le Parti communiste portugais a accusé Mme Abrunhosa de faire preuve de « traits d'arrogance et de difficulté à gérer la critique », notant que la maire elle-même avait confirmé ne pas avoir répondu aux questions du journaliste avant la publication de l'article. „Le PCP considère que le respect envers les travailleurs des médias est un devoir élémentaire des détenteurs de charges publiques, exprime sa pleine solidarité avec le journaliste visé, et salue sa position en défense du libre exercice de la profession” — Parti communiste portugais via RTP L'Initiative Libérale de Coimbra a qualifié la conduite de la maire d'« inacceptable, intimidante et de menace directe à la liberté de la presse », arguant que « dans une démocratie saine, ce sont les élus qui font l'objet d'un examen minutieux, et non l'inverse ». Les libéraux ont également noté que d'autres journalistes présents à la réunion du conseil ont quitté la salle en signe de protestation après les propos de Mme Abrunhosa, et ont exigé qu'elle revienne sur son attaque publique et « cesse toute tentative de conditionner les médias ».Des différends relatifs à la liberté de la presse entre des élus locaux portugais et des journalistes ont périodiquement fait surface depuis la transition du pays vers la démocratie après la Révolution des Œillets de 1974, qui a mis fin à des décennies de censure autoritaire. Lusa, créée en 1986, sert de principal service de dépêches du pays et ses journalistes opèrent sous des codes déontologiques professionnels supervisés par le Conseil de la presse portugais. Ana Abrunhosa a précédemment occupé le poste de ministre de la Cohésion territoriale dans les vingt-deuxième et vingt-troisième gouvernements constitutionnels du Portugal entre octobre 2019 et avril 2024, avant d'entrer en politique municipale. Elle a été élue maire de Coimbra en 2025 à la tête d'une coalition formée par le Parti socialiste, Livre et le parti Personnes-Animaux-Nature. La menace d'une plainte formelle aggrave le conflitOutre le retrait de sa confiance à M. Gaspar, Mme Abrunhosa a annoncé lors de la réunion son intention de déposer une plainte formelle contre le journaliste, affirmant que cet incident n'était pas isolé et que des épisodes similaires s'étaient produits précédemment, selon les informations de SAPO. La maire a également soutenu que si un journaliste suit un agenda personnel, cette position devrait être déclarée publiquement, présentant son intervention comme une défense de l'éthique journalistique plutôt que comme une attaque contre la liberté de la presse. La direction de Lusa a rejeté cette lecture, insistant sur le fait que M. Gaspar avait respecté toutes les procédures professionnelles, y compris en accordant à la municipalité un délai de neuf jours complets pour répondre avant publication. L'Initiative Libérale a souligné le principe fondamental en jeu dans son communiqué : lorsqu'un exécutif municipal choisit le silence face à des demandes de clarification, la responsabilité de l'absence de réponse dans un article publié incombe à l'exécutif, et non au journaliste. „Lorsqu'un exécutif municipal choisit le silence face à des demandes de clarification, la responsabilité de l'absence de réponse dans l'information incombe exclusivement à l'exécutif, et non au journaliste qui remplit son devoir d'informer” — Initiative Libérale de Coimbra via Diario de Noticias Le différend a attiré l'attention au-delà de Coimbra, le leader du Bloc de gauche José Manuel Pureza replaçant l'affaire sur les réseaux sociaux dans un contexte de tensions plus larges entre responsables politiques et journalistes au Portugal, d'après SAPO. Au 11 avril 2026, aucune rétractation de la part de Mme Abrunhosa n'avait été signalée. Conflit sur la liberté de la presse à Coimbra — événements clés: — ; — ; — ; — ; —

Mentioned People

  • Ana Abrunhosa — Ekonomistka, profesor uniwersytecka i polityk; była minister spójności terytorialnej i obecna burmistrz Coimbry.
  • João Gaspar — Dziennikarz agencji informacyjnej Lusa, wobec którego burmistrz Coimbry sformułowała oskarżenia.

Sources: 13 articles