Des frappes américaines et israéliennes ont visé des infrastructures énergétiques iraniennes, dont le gisement gazier de South Pars, entraînant une forte hausse des cours du pétrole. Le Brent a atteint 110 dollars le baril selon Adnkronos, tandis que Washington a suspendu pour 60 jours le Jones Act afin d'alléger les tensions sur l'approvisionnement. La Réserve fédérale et la banque centrale du Brésil ont, de leur côté, ajusté leur lecture des risques économiques.
Les forces américaines et israéliennes ont frappé des infrastructures énergétiques iraniennes, dont le champ gazier de South Pars, provoquant une envolée du Brent à 110 dollars le baril, selon Adnkronos. Menées dans le cadre de l'opération Epic Fury, toujours en cours, ces attaques ont visé des installations essentielles à la capacité d'exportation énergétique de l'Iran. Les marchés pétroliers ont vivement réagi. Selon eldiario.es, les prix avaient déjà progressé de 3,83 % pour dépasser 107 dollars le baril en séance, avant que le Brent ne monte davantage encore. Les frappes sur South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde partagé entre l'Iran et le Qatar, ont constitué une atteinte directe aux infrastructures énergétiques iraniennes. Après ces attaques, l'Iran a proféré des menaces de représailles, accentuant l'incertitude sur les marchés mondiaux des matières premières.
Trump suspend le Jones Act pour desserrer la pression sur l'approvisionnement Donald Trump, 47e président des États-Unis, a suspendu pour 60 jours le Jones Act dans l'objectif affiché de stabiliser le marché pétrolier, selon iefimerida.gr. Cette dérogation autorise des navires battant pavillon étranger à transporter des cargaisons entre ports américains, une mesure habituellement réservée aux situations d'urgence sur l'approvisionnement. Cette décision montre que l'administration craint des tensions sur la logistique énergétique intérieure à mesure que l'offre mondiale de pétrole se resserre. L'initiative de Donald Trump est intervenue au moment où les analystes du secteur énergétique et les marchés évaluaient les perturbations durables que les frappes pourraient provoquer sur la production iranienne. Ce délai de 60 jours donne à l'administration le temps d'apprécier s'il faudra adopter d'autres mesures d'urgence pour éviter une hausse marquée des prix des carburants sur le marché intérieur.
Le gisement South Pars/North Dome, situé dans le golfe Persique, est le plus grand champ gazier du monde. Sa propriété est partagée entre l'Iran et le Qatar, selon l'Agence internationale de l'énergie. Il recèle un volume estimé à 1 800 milliers de milliards de pieds cubes de gaz naturel et occupe depuis longtemps une place centrale dans les recettes d'exportation énergétiques iraniennes. Les opérations militaires américano-israéliennes contre l'Iran ont débuté le 28 février 2026 sous l'appellation opération Epic Fury. Ali Khamenei a ensuite été tué lors des frappes initiales. Son fils, Mojtaba Khamenei, a été nommé guide suprême de l'Iran le 9 mars 2026. Les frappes sur South Pars marquent une nette aggravation dans le ciblage des infrastructures économiques iraniennes.
La Réserve fédérale souligne un risque inflationniste lié à la guerre avec l'Iran La Réserve fédérale américaine a relevé ses prévisions d'inflation, invoquant l'impact incertain de la guerre avec l'Iran sur l'économie des États-Unis, selon Le Monde. Les nouvelles projections de la banque centrale traduisent la crainte qu'un niveau durablement élevé des prix du pétrole ne se transmette aux prix à la consommation dans un large éventail de biens et de services. Les coûts de l'énergie constituent un poste important pour les transports, l'industrie manufacturière et l'agriculture, ce qui amplifie l'effet inflationniste de toute perturbation prolongée de l'offre. La position actualisée de la Fed complique la perspective d'éventuelles baisses de taux que les marchés anticipaient plus tôt dans l'année. Les responsables monétaires doivent désormais arbitrer entre le risque d'un ralentissement de la croissance et le retour de tensions sur les prix alimentées par des facteurs géopolitiques qui échappent à leur contrôle.
110 (USD per barrel) — Prix du Brent après les frappes sur South Pars
2026-03-17: 103, 2026-03-18: 107, 2026-03-19: 110
Le Brésil réduit ses taux avec prudence malgré le choc pétrolier La banque centrale du Brésil, la Banco Central do Brasil, a entamé un cycle d'assouplissement avec une baisse prudente de 25 points de base de son taux d'intérêt, selon Reuters, alors même que le choc pétrolier mondial compliquait sa décision. Cette mesure a été présentée comme prudente, signe de l'équilibre délicat entre le soutien à une économie intérieure en ralentissement et la maîtrise de l'inflation importée liée à l'envolée des prix de l'énergie. Grand producteur de pétrole et économie émergente, le Brésil subit une double pression : la hausse des cours mondiaux peut accroître ses recettes d'exportation, mais elle renchérit en même temps les carburants et les transports sur le marché intérieur. La baisse de 25 points de base a été plus limitée que ce que certains acteurs du marché anticipaient, ce qui souligne la réticence de l'institution à assouplir sa politique de manière trop marquée dans un environnement mondial incertain. Cette décision illustre la manière dont la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran reconfigure des choix de politique monétaire bien au-delà du Moyen-Orient, avec des répercussions sur des économies émergentes sensibles aux variations des prix des matières premières.
[{"aspect": "Ampleur de la baisse de taux", "before": "Aucun cycle d'assouplissement", "after": "Lancement d'une baisse de 25 points de base"}, {"aspect": "Orientation monétaire", "before": "Maintien des taux sur fond d'inquiétudes inflationnistes", "after": "Assouplissement prudent malgré le choc pétrolier"}]